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INTRODUCTION

Le 20 mai 1875, à la clinique de la Charité, M. Hayem donnait à la science un appareil qui permettait de faire une numération exacte des globules. Il voulut bien nous confier le soin de recueillir cette leçon et de la publier dans les colonnes de la Gazette hebdomadaire. Depuis ce moment nous nous sommes occupé de cette question à tous points si intéressante, et nous nous estimerions heureux, si, à la fin de nos études, notre travail pouvait être de quelque utilité à ceux qui suivront la même voie.

D’après les conseils de notre excellent maître, M. Hayem, et sous son habile direction, nous avons pris pour sujet de thèse celui qui eût dû commencer la série, c’est-à-dire l'étude physiologique des globules du sang. N’était-ce pas, en effet, la question fondamentale? Il était tout naturel de vérifier, à l’aide de ce nouvel appareil, les

résultats donnés par nos prédécesseurs.

Quelques-uns s’en sont bien occupés, et entre autres notre bon ami le D' Patrigeon, mais d’une façon tout incidente. Nous avons donc entrepris une série de recherches dans le but de déterminer l’état du sang dans les différentes conditions physiologiques.

Nous nous sommes servis de l'appareil de M. Hayem, et nous ne croyons pas utile d'en donner la description ; elle se trouve dans tous les travaux de nos prédécesseurs et dans une brochure que vient de publier M. Hayem. Mais il est une chose qui doit nous arrêter, ce sont les conditions dans lesquelles doit se mettre l’observateur pour éviter les causes d’erreurs. Elles sont au nombre de trois et relatives : 1° à l’appareil ; 2° au sujet ; 3° au point à piquer.

I. Appareil. — Notre façon est celle qui a été indiquée par M. Hayem dans sa leçon. Nous supposons la première partie de l’opération faite : Le microscope est au point, l’oculaire au trait d’affleurement ; le doigt vient d’être piqué et nous nous préparons à déposer le sang dans l’éprouvette qui contient déjà le sérum. Nous ne saurions trop recommander d’essuyer bien exactement la pipette, qui sert à prendre le sang, avant de la plonger dans le liquide. La plus petite quantité de sang déposée sur ses parois augmenterait d’une façon notable le nombre de globules et serait, par conséquent, une cause grave (d'erreur.

Le sang est déposé dans le sérum à la partie inférieure duquel il se précipite généralement en masse ; on prend la petite cuillère et on agite vi-

eus, À

vement le liquide en faisant rouler rapidement la tige de verre entre les doigts. On comprendra combien il est important que le mélange soit fait bien exactement.

Ici se place une objection qui a été faite à cette méthode et qui était considérée comme capitale par ses adversaires. Je veux parler de l’évaporation du sérum. Ce liquide, nous disait-on, abandonné à l'air libre pendant toute la premiere partie de l’opération, s’évapore, et on doit trouver un nombre de globules supérieur à celui qui existe réellement ; à ceci nous répondrons d’abord, que le nombre de globules que nous avous trouvé est sensiblement égal à celui qu’avaient donné nos prédécesseurs, de plus, une série d’expériences entreprises par M. Hayem lui a démontré d’une façon bien nette que l’évaporation est nulle. Cela s'explique par la rapidité de l'opération.

Nous reprenons notre opération : Le mélange est fait, on en prend une gouttelette avec la petite cuillère, et on la dépose sur la plaque de verre, immédiatement on saisit la lamelle de verre eton recouvre la cellule; puis une parcelle de liquide visqueux, de salive, par exemple, est déposée sur les bords de la lamelle et rend ainsi complète l’adhérence entre cette dernière et la plaque de verre. Mais, si la quantité de salive doit être suffisante pour s'opposer au passage de l’air, elle ne doit pas être assez considérable pour soulever la lamelle. Dans ce cas on augmenterait la hauteur de la cellule et on trouverait un nombre de glo-

bules supérieur à celui qui existe réellement.

Pour éviter cet accident, il faut déposer sur les bords de la lamelle une très-petite quantité de salive et activer son passage entre les deux plaques de verre, en appuyant légèrement sur la lamelle avec la petite cuillère.

IT. Sujet. — Le choix n'est pas des plus difficiles et doit toujours concorder avec le genre de recherches que l’on poursuit. Nous avions à nous préoccuper de son état physiologique, de son âge, de l’état général de sa santé, de l’heure de ses repas, etc., etc.

IIT. Point à piquer. — On choisira nécessairement les parties du corps les plus riches en capillaires, les doigts ou les oreilles. Pour nous, c’est toujours à la pulpe du doigt que nous piquons le sujet, des expériences comparatives nous ayant appris qu’il était indifférent de prendre le sang aux doigts ou aux oreiiles. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que c’est avec une lancette que nous procédons, et sans aucune espèce de ligature autour du doigt.

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