‹ Gloires de Marie [microforme]Chapitre 23 sur 45 · MARIE, NOTRE SECOURS · texte numérisé non relu

MARIE, NOTRE SECOURS

Combien Marie est prompte à secourir ceux qui l’invoquent.

Pauvres enfants de la malheureuse Eve, et, comme tels, coupables aux yeux de Dieu de la même faute et comdamnés à la même peine, nous errons çà et là dans cette vallée de larmes, exilés de notre patrie, gémissant sous le poids de maux innombrables qui nous affigent dans le corps et dans l’âme ! Mais, au milieu de ces peines, heureux celui qui tourne souvent ses regards vers la Consolatrice du monde, le Refuge des misérables, l’auguste Mère de Dieu, et l’invoque et la prie avec ferveur ! Heureux, dit Marie, celui qui écoute mes conseils, et qui veille continuellement aux portes de ma miséricorde, pour invoquer mon intercession et mon secours !

La sainte Eglise, notre Mère, nous enseigne clairement, par le culte spécial qu’elle lui voue, avec quel empressement et quelle confianse nous devons recourir sas cesse à cette bienveillante Protectrice : elle célèbre dans le courant de l’année un grand rombre de fêtes en l’honneur de Marie ; elle consacre spécialement à son service un jour de chaque semaine ; elle veut que chaque jour, dans l'office divin, les ecclésiastiques et les religieux l’invoquent au nom de

EL ESNNE SOIERETSEOCERENENNNNNNEORR

tout le peuple chrétien ; trois fois le jour, au son des cloches, elle invite tous les sidèles à la saluer. Au surplus, comment douter de l'intention de l'Eglise à cet égrrd, quand on la voit, dans toutes les calamités publiques, s'adresser à la Mère de Dieu et ne négliger, pour se la rendre favorable, aucune des .pratiques

remarquons-le bien, si Marie désire être invoquée et priée ainsi par nous en toute occurrence, ce n’est pas qu’ elle mendie nos hommages, toujours fort au-dessous de son mérite, mais elle veut que, par des progrès toujours nouveaux en confiance et en dévotion envers elle, nous méritions de sa part une plus grande abondance de secours et de consolations. Ainsi l’entendait saint Bonaventure : “Marie cherche, dit-il. des âmes qui recourent à elle avec de vifs sentiments de respect ét d'amour ; car ce sont celles-là qu’elle chérit, qu’elle nourrit, qu’elle embrasse comme ses enfants.”

Selon la pensée du méme Docteur, Marie fut pré-

gurée par Ruth, dont le nom signifie ‘‘celle qui voit et qui se hâte ;”” car quand Marie nous voit dans la tribulation, elle en est touchée et se hâte de nous venir en aide. Dans son désir de nous favoriser, ajoute Novarin, elle ne peut souffrir de retard ; et loin de retenir ses grâces d’une main avare, cette Mère de miséricorde n’a rien de plus pressé que de répandre sur ses serviteurs les trésors de sa munificence.”

Oh ! comme cette bonne Mère est prompte à 8e- Courir quiconque l’invoque ! En expliquant un passage des Cantiques, Richard de Saint Laurent fait cette

remarque : “Le cœur maternel de Marie n’est pas

ceux qui le demandent, que les jeunes chevreuils le sont à bondir ; un simple Ave Maria suffit, assure.

t-il, pour faire jaillir à flots ce lait bienfaisant.” Et selon Novarin, la Lienheureuse Vierge ne se contente pas de courir, elle vole au secours de ceux qui l’invo-

uent. Duns l'exercice de la miséricorde, dit-il, elle ne peut manquer d’imiter le Seigneur : fidèle à la promesse qu'il nous a faite en ces termes : Demandez et vous recevrez, Dieü semble prendre des ailes quand il s’agit d'aller tirer de peine une âme qui l’appelle à son aide ; ainsi fait aussi Mari: qu«ad nous la prions; elle ne sait nous différer son assistance. Par là, on comprend quelle est cette femme dont il est dit dans l’Apocalypse : Il fut donné à la femme deux grandes ailes pareilles à celles de l'aigle. Par ces ailes Ribeira entend celles de l'amour, à l’aide desquelles Marie s'élevait sans cesse vers Dieu. Mais le bienheureux Amédée donne une explication plus conforme à notre sujet ; pour lui, ces ailes d’aigle marquent la promptitude de Marie à secourir ses enfants. Les séraphins — ajoute-t-il, ne sauraient égaler la rapidité

e son v'{.

Tout ceci est confirmé par un passage de l'Evangile. Quanü Marie alla visiter sainte Elisabeth et combler de grâces toute cette heureuse famille, elle ne marcha pas avec lenteur, mais, selon la remarque de saint Luc, elle fit grande diligence pendant tout le trajet ; ce qui n’est pas dit de son retour. Pourquoi dans les sacrés Cantiques est-il dit des mains de Marie qu’elles semblent faites au tour ? “L'art du tour, répond Richard, est de tous le plus prompt et le plus expéditif ; et Marie est plus prompte qu'aucun autre saint à tendre une main secourable à ses dévots.” Ineffable est son désir de consoler tout le monde, ajoute Louis de Blois ; aussi elle n’a pas sitôt entendu une voix suppliante s'élever vers elle, qu’elle y prête une oreille favorable et l'exauce. Qu'il avait donc raison saint

ouh OU OUR, UE UE Edith cer SllRe 5 idlte tin

Q er © @ EU e

en En tien

TT eee enr emeeereoerenane

li is

Bonaventure, quand, s'adressant À Marie il s'écriait : “O ioi, le salut de ceux qui t’invoquent l”’ Par ]à il donnait à entendre qu'il su. pour être sauvé d’invoquer cette divine Mère, toujours prête, assure Richard de Saint-Laurent, à secourir quiconque la prie, Et nous ne devons point nous en étonner, uisque, selon Bernardin de Bustis, cette grande Reine ressent

un plus vif désir de nous accorder ses grâces, que nous de les recevoir.

La multitude même de nos péchés ne doit pas diminuer en nous la confiance d’être exaucés de Marie, quand nous irons nous jeter à ses pieds : elle est Mère de miséricorde ; or, la miséricorde resterait sans emploi, si elle ne trouvait des misères À soulager. Une bonne mère qui verrait son enfant infecté de ls lèpr:, ne saurait lui refuser ses soins, bien qu’il lui en coutât beaucoup de peines et de dégoûts ; et quand nous réclamons les soins de Marie, elle ne saurait nous repousser, si grande que soit l'infection des péchés dont nous sollicitons la guérison ; elle n’a pas oublié, ajoute Richard, que c’est en faveur des pécheurs qu’elle est devenue la Mère d’un Dieu qui est la miséricorde en personne. Et tel est précisément le sens d’une vision dont fut favorisée sainte Gertrude : elle voyait la glorieuse Vierge ouvrant son manteau comme pour donner asile à tous ceux qui voulaient se réfugier auprès d’elle. La sainte comprit en même temps que les anges sont attentifs à défendre

les pieux serviteurs de leur Reine contre les attaques de l’enfer,

Au reste, la tendresse vraiment maternelle de Marie à notre égard et sa compassion pour nos maux vont si loin, qu’elle n’attend pas nos prières pour nous se-

—. : Elle prévient ceux qui la désirent et se Présente

eux la première. Ces paroles de la Savrsse lui sont

appliquées par saint Anselme : Sur ur simple désir de notre part, dit-il, Marie nous accorde sa protection ; ce qui veut dire au’elle nous obtient de Dieu beaucoup de grâces ava: Frs nous l'en ayons priée. C'est pourquoi, selon }..-hard de Saint-Victor, le Sage la compare à la lune. Ce bel astre l'emporte sur les autres en rapidité, et, nous l’avons dit, rien n'égale la promptitude de Marie à nous secourir. Mais de plus, elle ne se montre pas telle seulement quand nous l’invoquons : elle pousse le zèle de notre L'en jusqu’à prévenir nos prières quand elle nous voit dans le in ; et nous sommes moins prompts à implorer son appui, qu’elle à nous le prêter. Ecoutons la touchante raison qu’en donne cet auteur : ‘Le Seigneur, Ô Marie, a tellement rempli de tendresse votre sein maternel, que la simple connaissance de notre misère en fait couler le lait de la miséricorde ; et vous ne sauriez, Ô douce Reine, être témoin des besoins c'‘une âme, sans lui venir aussitôt en aide.”

Mais dejà pendant sa vie terrestre, Marie donnait des marques de cette grande bonté qui la porte à compatir à nos peines et à lee adoucir, alors même que nous ne la prions pas : à ee ce que, selon saint Jean, elle fit aux noces de Cana. Voyant le cruel embarras des deux époux, désolés et confus de ce que le vin allait manquer à la ta’le du banquet, cette tendre Mère n’attendit point qu’on eût recours à elle ; mais cédant à la seule inclination de son cœur, incapable de voir l’affliction d’autrui sans la partager, elle vint prier son divin Fils de consoler ses hôtes ; et lui exposant simplement le besoin dans lequel ceux-ci se voyaient : Zls n’ont plus de vi, lui dit-elle, Et Jésus, désireux de tirer cette f.mille de la peine, désireux surtout de contenter le cœur compatissant de sa Mère, Jésus, disons-nous, opéra le miracle que tout le monde connaît : il changea en vin i’eau dont

Page 1