KIE
KÉNOUIS, n. m. — Chènevis.
KERHAINE, n . f . — Viande pourrie, charogne ; on a proposé pour étym. caro minor î
KÉVEE, n. f. — Chèvre.
Une kièvre vuleit aler Là ù pasture pust truver.
Marie, Fab. 90.
KEUSSE, n. f. — Pierre à aiguiser ; du latin co$, cotis, en fr. queux.
Mors, qui saisis les terres franches.
Qui fais ta keus de gorges b lances
Et ton raséoir afiler
Stances sur la Mort^ IX.
Il (le faucheur) jette sur son dos la besace garnie, Et sa trenchente faux de ses queusses munie.
Gauchet.
KEUSSER, V. a. — Aiguiser avec la keusse. Au 6g. s'emploie dans un sens obscène : a Vot' servante se fait keusser par un tel. »
KEDVETTE, n. f. — Fossette de ta nuque du cou ; doit être une corruption du v. fr. chevece, tête, col, chevet.
« Et ce fut lors qu'il parloit de rompre la cai;f«cA<? k tout le monde.» (Sat. Ménippée, p. 353.)
KIEN, n. m. — Chien.
u De tûtes parz les hi&ns huèrent, •*
Marie, Fab. 94.
Dictons : « Un kien regarde bien un évoque, « un inférieur peut
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regarder son supérieur. — « Etre grand comme un kien assis, » être de petite taille. — « Ils sont comme Saint-Roch et sin kien, » c'està-dire inséparables.
Il Kien de terre, larve de hanneton, dit aussi verbled et mans. Dans rAvranchin cet insecte s'appelle chevrette, et tac à Yalognes.
KIENNER, y. n. — Se dit d'une chienne qui met bas.
KIER, V. n. — Chier. Dériv. : Kiard, celui qui ne fait rien qui vaille, qui chie sur la besogne; kiache, kiachie^ excréments; kicu^her, aller souvent à la selle ; kiole, diarrhée ; kiure^ chiure.
K'HIN, n.m. — Chemin.
Jadis ayint k* uns lôu erra
Par un kemin
Marie, Fab. 29.
Huez Pan merchia, puis c^est au quemin mis.
HuG. Capet, p. 19.
Kamin carrai (1074), caminum publicum (1038) dans les Chart. de saint Victor.
Ce mot, selon quelques linguistes, dérive des langues celtiques, camen, chemin, cam, kamm, pas.
K'HIN, adv. — Comment : « K*min qu o vos portez ennuit ? »
K'HINÂIE, n. f. — Clieminée : « Rester dans s'k'minaie, » rester au coin du feu, ne jamais sortir de sa maison. Etym. camminata, dans un texte de l'an 58i. (Littré.)
K'HINGHER, v. act. — Commencer. La suppression de Yo a également lieu dans rac'moder, k'mander, raccommoder, commander, et leur dérivés.
11 fut un temps où les Parisiens prononçaienl quejnencer, presque comme nos paysans : « Plusieurs personnes, écrivait Vaugclas, doivent prendre garde à une mauvaise prononciation de C0 verbe êommencer, que j'ai remarquée même en des personnes célèbres à la chaire et au barreau, c'est qu'ils prononcent cowtn^wc^r, tout de mesme que si on escrivoit quemencer, »
K'MINTÈCHE, loc. adv. — De quelle manière? Comment est-ce que? • Kmintèche que t'as fait pour te salir comme cha? »
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K'HISE> n. f. — Chemise.
Cors bien norris, char bien alise (Mors) fait de fust et de vers kemise.
St. sur la Mort, XXVIII.
Da bas-latin camisia, employé par saint Jérôme, et fort usité au moyen-âge : c Teneatur annuatim perpetuo... dare camisiam singulU pauperibus (1004). ») Chart. saint Victor.)
K'HISETTE, n. fém. — Petite chemise de laine pour coayrir la poitrine.
K'VA, n. m. — Cheval : « Etre comme on k*va de bos^ » paraître stupide, avoir Tair d*un sot.
Au plur., k'vas. Beaucoup de mots font ainsi au pluriel : Jfartchah, joumals, canals, hôpitals, mais, etc., maréchaux, journaux, canaux, hôpitaux, maux.
K*VEU, n. m. — Cheveu.
rVET, A, m. — Chevet.
rvILLE, n. f. — Cheville.
N'i out keville ne closture Ke ne fast tu te d'ebenus,
Marie, Gugemer,
K'VILLER, V. act. — Cheviller.
Fox est cil et moult engigniés, Quant por Dieu s'est si avilliés, Ke en blanc ordre est kevilliés^ Quant dealer à Dieu ne se haste.
St, sur la Mort, XXXVII.
Nota. — Dans les mots k'va^ k'veu^ Vvet^ k'ville, k'viller^ la lettre initiale k s'adoucit et se prononce presque comme le ^.