‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 194 sur 278 · REB · texte numérisé non relu

REB

Il 5^ ravoir, se retirer, se déprendre : « Il y a tant de ronces dans ce bois, qu'on ne peut pas se ravoir. i6

Sens me dona de décevoir L'anemi qui me veut avoir Et mettre en sa chartre première.

Là dont nus ne se puet ran^oir,

La Mort^ Rutbbbuf.

a A peine est-il en nous de nous ravoir de sa prinse. » (Montaigne.)

RAYOT, n. m. — "Raieton, petite raie.

RE. — Cette syllabe au commencement de beaucoup de mots prononce r et er. On dit, par exemple : R^cueiltir^ r'menery ervenir^ ertourner et r tourner, rpos, etc. Rien du reste n'est plus commaiz dans les dialectes que la transposition de IV, et surtout le changement de place de r initiale avec la voyelle suivante. (Voir Diez, Langues romanes, tome I^»", 207. )

Au mot raguiser nous avons fait remarquer que la particule prépositive re n'ajoutait rien à la signification de certains verbes. Nous &i avons cité des exemples auxquels on peut ajouter rattiser, rattirer, rauginenter, rebaiser, qui ont le plus souvent le sens des mots simples : Attiser, attirer, augmenter, baiser.

REBAISER, V. act. — Attraper : a II m'a joliment rebaisé dans cette affaire-là, mais je compte le rebaiser à mon tour. » (V. Baiser.)

REBINDER, v. neutre. — Recommencer ; reprendre une nouvelle tournée de petits verres. Corruption du v. français rebiner, faire pour la seconde fois. On a conservé biner, donner un second labour et dire deux messes dans deux paroisses différentes.

REBOND (Faire le), loc. — Célébrer l'octave de la fête patronale : « Cette année on ne nous a pas invités à la fête, mais seulement au rebond. »

Dériv. rebondir, fêter le rebond.

REBOUQDER, v. n. — Etre rassasié, ne plus pouvoir rien avaler: a II y avait tant do plats qu'on a rebouqué dessus. »

Il Se refuser à, reculer devant : « Celui-là est un vieux qui ne rebouqué pas sur l'ouvrage. »

KÉC 287

Rebouquer n'est rien autre chose qae le vieax français rebuchier, rdnmquer^ reboucher qui signifiait s*émou$scr, se recourber : c Mais rencontrant le froc horriûcque, (la lance) rebouscha parle fer.» (Rab., Garg,, I, 43.)

t En vain, à ce que je voy, les dards d'amour avoienl rebouché cydevant sur moy. » (Hist. Macaroniqu^, p. 11.)

Au fig. on rebouque sur Touvrage, sur un mets, comme le fer rebanque sur une cuirasse. (Voir Du Gange au mot rebusare,)

REBOURS (À la), À Terbours, loc. adv. — Au rebours.

REBOUTEUX, n. m. — Celui qui, par des paroles cabalistiques, fait métier de remettre les fractures, les luxations, les cnlorses.

REBROQUER, v. act. — Regarnir une couverture en paille.

REBU, part, passé. — Séché, raffermi : a Depuis qu'il fait du vent, les chemins sont rébus, o

RÉGÂILLER, V. act. — Chasser, poursuivre, presser vivement : « Récaillez-moi tous ces paresseux-là. »

RECAINER, Ercainer, v. n. — Braire, rire bruyamment, v. fr. recaner, d'où ricaner dans la langue moderne.

Diez tire ce mot du latin cachinnare ; pourquoi pas plutôt recanere f La forme ancienne recaigmr fait aussi penser à caiiis, chien.

L'asnes prist à recaner Et si laidement à crier Ke les bcstes se départirent.

Marik, fab. 67.

t Ainsi que le bonhomme eut ouvert la husche, et que cest asne veist la lumière, il commença à recaner si hideusement qu'il n'y eut là si hardy qui ne perdit sens et mémoire. » (C. N. N., LI«™«.)

Dériv. recainemeni, n. m. Cri de l'àne. On dit aussi souvent recainée, recainie,

t Réchanéiz dasnes. » (Dit de l'Apostoile, XlIIe"»® siècle.)

RËGANVRER, v. actif. — Rudoyer, malmener quelqu'un ; le chasser, pour ainsi dire, à coups de fouet.

De canvre qui en patois signifie chanvre.

RiCART, n. m. — Très-usité dans cette locution : « Mettre au

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