CHE
GHÉGHER> n. m. — Merisier des bois ; chiche, fruit de cet arbre.
GHEIQNEUX, Ghelgnon, Ghinoué, n. m. — Tablier de femme ; latin, cingulumy ceinture.
CHENÂILLER, y. act. ^ Donner des coups de fouet ou de bâton; traiter quelqu'un comme un chien. D'où donner une chenaillée^ une volée de coups.
CHENÂlLLES,ln. m. plur. — Traverses, poutres servant de soliveaux, sur lesquelles on tasse ordinairement du foin, du trèfle, des i)ottes de paille, etc. Du fr. chêne.
CHENETTE, n. f. — Cinèle, fruit de Taubépine. Loc. prov.: « Je te donnerai des chenettes, » c'est-à-dire rien.
« Avoir des piots comme des chenettes, » avoir beaucoup d'enfants.
CHENU, adj. — Bon, excellent : « Ce mot, dit Leroux dans son Dict.Comique, dont la première édition a paru en 1718, est fort usité à Paris en la place de bon, délicat, exquis, délicieux, admirable : « Yoilà du vin qui est bien chetm. »
En fr. chenu signifie blanc, vieux ; comme ce qui est vieux passe souvent pour excellent ^ le peuple a donné à chenu le sens d'exquis.
Au fig., riche, élevé ; ex. : «Je ferais bien la cour à la fille de not' fermier, mais c'est trop chenu pour moi. »
Dans le Glossaire-index dos œuvres complètes de Marot (édit. Picard, 1868) M. Ch. d'Héricault donne à ce mot un sens jusqu'alors inconnu : cftenu = mince, petit, appauvri, dit-il. C'est se tromper complètement.
La vieille langue avait chanut, chanu, oanut et canu, du lat. canutus. Cette dernière forme est usitée chez nous dans ces locutions fami- Hères : « Le père canu, la mère canue • , le vieux père, la vieille mère.
Fiers est li reis à la barbe canue.
Ch. de Rol, p. 330.
CHERFEUIL, n. m. — Cerfeuil.
CHERISE, n. f. — Cerise : « L'an 1421 fu la plus forte année a » passer en France. . . , et oncques n'en veist on si malvès de bien ne de fruitages, nois, pommes, poires, prunes, clierises, et de tous autres choses. » {Chran. Norm., p. 443.)
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CHiS, adj . démonstratif. — Ces : « Chés gens-là ne valent pas grand' chose.»
Au masc. singulier ch* : c Ch' est lui. — Viens-tu à c&' bos ? — Connais-tu cV-t-bomme ? »
Au fém. sing. ch'té : a Ch'té ferme-là est louée trop cher. »
Cfc'-t-tcki, ch*'t-ilà, cK't-ela — celui-ci, celui-là, celle-là ; plur. ckews-là^ chés-'là.
Comp. avec le latin ecciite ; y. fr. ieUt^ icest , qui plus tard s'est abrégé en cest. «
CHSTTZ, prép. — Chez. Cheuz appartient au dialecte picard : On ne doit pas oublier que nous sommes limitrophes du département de la Somme.
a Piètre du bois s'en yint un soir chieux ce Philippe. » (Froissart, dans Littré.)
Dans une farce du moyen-àge, un moine débite ses pardons et ses reliques^ et montre aux assistants :
La creste du coq qui chanta chetiœ Pilate, Et la moitié d'une late De la grande arche de Noô.
CHIBOT, n. m. — Oignon dont les tiges sont encore vertes : • Vingt et cinq charrettes deporreaux, d'aulx, d'oignons et de cibotz.i^ (Rabelais.)
Oliv. de Serres écrit civot ; le Dict. de l'Académie donne êibùule^ cive ou civette.
CHIBOULER, Cliabouler,v. act.-* Maltraiter, injurier ; corruption du fr. sabouler.
Il Marcher sans préc^tion, renverser ce qu'on trouve sur son passage : < Votre vache est entrée dans mon jardin, et a tout ckiboulé, li
CHICOTIN, n. m. — Petit sac dans lequel les fumeurs mettent leur tabac.
CHIFFONNER, v. act. — Ennuyer, importuner.
Oh ! dame,
M'interrômpre à tous coups, c'est me chiffonner Pâme,
Franchement
BouRSAULT, le Mercure Chianti
n BRO
C'est àtort que dans le Dîetioiiiiaire de Uttré on attribue ces ten à Poisson.
CHIGlfOH, n. m. — Kaa cki^nom I belle tète, ironiqoement.
CHIlIBTiiBK, n« m. — Cûnetière.
CHIVS&B, n. f. — Cendre : c Le mercredi des Aindret, >
CEIHO, idj nnm.— Cinq : tOfist en son temps un diatd nommé Marconssi, leqnd consta à Eure pins de chine ckemz mille livres. ■ (Chr, Norm.j p. 403. ) Cette prononciation chuintante est particolière au dialecte normand, ainsi qnon l'a déjà pn Toir par les mots dunetier, ekabauUr^ ckitoi^ cher feu IL ckimdrey etc., etc.
GHIOH> n. m. — Scion ; petit rejeton d'an arbre, d*an arbris-
CHIOraiB, T. aet. — Frapper avec nn ckûm ; de là donner une cftûmjMT, c'est-à-dire une bonne Tolée de coops de baguette.
CHIPOnUI. adj. — Chîpotier^ qui marchande mesquinement. En anglais ckip^ morceau. Dans son Glossaire deRabdais, L*Aulnaye dit que les couturières appellent ckippes les morceaux qu'elles Tolent à leurs pratiques.
CHIQÏÏS, n. f . — Morceau : « On lui a donné une bonne Mfme de viande avec une grosse chique de pain.»
CHIQUIR, V. act et n. — Manger beaucoup, dévorer. H^JMJai» Ta employé en ce sens.
CHIQUim, n. f. •— Petit morceau, comme chiqmet, d'où iéehiquêter, ^
CHI&B, n. f. — Gre. • Chire-poix,, poix dont se servent les cordonniers pour cirer leur fil. On prononee de môme : Chitnm, cftî- AnontUr, chucre^ chirot. etc.
CHIYliBB, n. f.» Gvière : c Du bas-laL en#-cdbi«, de camifli, boue, et vehere^ porter.»
Cette étjmobgie, quoique supposée par Littré, rappelle on pea celle que 1 on a donnée du mot cadavre [cadater^ideti^ caro daia verwukus, » il était beaucoup plus simple de rattacher civière à chim-
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reum^ mol que l'on trouve dans le Magnm ratulus Scaccarii Nortnanniœ (1188) publié, en Angleterre, par M. Stapleton en 1844.
CHOCHONNER, y. n. — Se dit de deux petits cultivateurs qui réunissent leurs chevaux pour cultiver leurs terres.
Ce verbe vient de Tadjectif sochon, lat. socius, qui voulait dire (usociéy compagnon : « Illec avoit une sochonne à Transeline qui dist : plus ne parlons de deuil. » (Ev. des Quenouilles, 106.)
« Deux de ses bons soichons, mariniers comme luy. (C. N. N., p. 406).
CHÔIISB, V. n. — Manquer : « Si les fleurs ne coulent point, nous ne chômerons point de fruits cette année.»
CHOPAINE, n. f. '— Chopine. Ainsi se prononcent épine, racine, fine, ravine, fouine, etc.
CHOQTTB, n. f . — Souche.
CHO&BER^ V. n. — Chopper : t Son cheval a chorbé en partant.»
CHOSE, n. m. •» Ce mot s'emploie pour désigner quelqu'un dont on ne sait pas ou dont on a oublié le nom, comme dans ces vers de Régnier :
Il faut rire de tout : Aussi bien ne peut-on Changer chose en Virgile, ou bien Tautre en Platon.
Il Etre tout chose, être souffrant, abattu.
CHOUETTE, adj. — Beau, superbe : « Voilà une chouette maison, une chouette fille.»
« D abandonne son père, ça n'est pas chouette. »
C&otief/tf est probablement ^une corruption du v. fr. souef, doux, suave, lat. suavis,
Dériv. chouettement : « Cette robe est chouettement faite. »
Voici une autre étymologie historique de ce mot, d'après M. Moisy : € Au moyen-âge, l'on donnait chaque jour aux chanoines de la cathédrale de Rouen, un petit pain, fait de fleur de farine, dit pain ehoesne, par abréviation, pourrai» de chanoine. Puis, avec le temps, choesne,A<è qualificatif spécial, est devenu qualificatif général, s'appliquant à toute personne ou à toute chose ayant un mérite ou une va-