‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 48 sur 278 · CLA · texte numérisé non relu

CLA

Il ClabaudfSohïiqxiei qai est devena an nom de famille assez connu en Normandie.

CLAIRAUD, adj. — Clairet. Ainsi en fr., noiraud, de noir; rougeaud^ de ronge ; sourdaud, de sourd.

CLAIRONNER, y. n. — Etinceler, reluire, resplendir ; mot superbe : a Tout claironne dans cette maison, » tout est propre, luisant : c Avoir des yeux claironnants ie joie, d'amour.»

CLAMPIN9 n. m. — Fainéant, poltron. Mot formé de Tancien verbe normand acdatnper, lier, attacher.

CLAPET, n. m. — Dans les derniers jours de la semaine sainte, on ne sonne point les cloches, puisque, d'après la légende, elles sont parties à Rome : c'est alors que les enfants de chœur parcourent les villages avec leurs clapets pour annoncer aux fidèles l'heure des offices. Le clapet est un instrument dont la construction est trèssimple : a C'est une planche de 33 centimètres sur 16, traversée au milieu par un morceau de bois, qui d'un •bout sert de manche, et de

l'autre laisse jouer, sur une cheville, un petit maillet, destiné à frapper sur la planche, avec plus ou moins de violence, selon le mouvement qu'on imprime au clapet. » (L'abbé Malais, Cal. Normand.)

Dès le XI°*® siècle, c'était l'usage de convoquer ainsi les fidèles, pereussis tabulis, ad ecclesiam concurrat populus. Cette coutume huit fois séculaire existait dans mon enfance.

M. L. Simon m'avertit qu'à Bures elle n'est pas encore disparue.

Comp. clapet avec l'anglais to dap, faire du bruit en frappant.

GLAPETTE, adj. pris subst. — Bavarde, femme qui fait autant de lirait qu'un clapet.

CLAPOT, Clapotage, n. m. — Commérage : « Il ne faut pas écouter tous les clapots. » Anglais, to clap ; allemand, klappen, faire du bruit.

CLAQUE, n. f. ~ Bonne aubaine : « Il vient d'hériter 50,000 fr.; je voudrais bien recevoir une da^ue comme ça.»

CLAQUÉE, n. f. — « Donner une claquée à un enfant, » lui donner le touet.

Il Abondance : « Avez-vous des pommes, cette année ? — Oui, j'en ai une rude claquée. 9

80 eu

CLAQDER, y. act. — Jeter ayec violence : c D a tout daqué par terre.»

CLATRE, adj. — Argîleox; terre claire, terre difficile à traTailkr en temps de plaie et aossi pea perméable que la terre caud^.

CLEHCHE» n. f.— Loqaet ; de l'islandais klinka, selon Du Méril. Ang. clincky loqaet.

CLENCHER, t. act. — Soulever le loqaet : c J'ai cUncké votre porte, mais personne ne m'a réponda. > Angl. to clinck, fermer.

Il Céder : c D ne voulait pas consentir, mais il a fini par cbscker, •

CLEMEOH, Qeigeot, Oergean, n . m. — Enfant de chœur.

Item, à mes pouvres clergeons^

Beaulx enfants et droictz comme joncs . . .

Villon.

CLEU» n. m. — Gloa. On dit de même treu, leu, cailleu, an lien de trou, loap, cailloa.

CLICHE, n. f. — Diarrhée. Dn Méril prétend qae dichard est an sobriquet que Ton donne encore aux habitants de Baveux, parce que, suivant une vieille tradition, pour les punir d'avoir chassé leur évoque saint Gerbold, Dieu les affligea de lienteries et d'hémorroïdes. D'où : c Les foireux de Bajfeux, > Pluquet explique autrement ce dicton populaire : « Bayeux, dit-il, était célèbre au moyen-âge par le commerce qui se faisait dans les différentes foires de cette ville. De là le proverbe. > Pluquet qui, je crois, était né à Bayeux, tenait à ennoblir le sobriquet donné à ses compatriotes.

CLINQUAILLER, n. m. — Quincailler; i^oiidincaUlerie, du mot dinquaille^ diquailley tombé en désuétude. Coup, avec rallamand klingen, résonner.

CLIQUAILLER, v. act. et neut. — Sonner, faire un bruit de quincaille : « U fait diquailler son ai^nt dans ses poches. » Augm. de diquer,

Goquillart donne à certain juge rapace le surnom à' Eu^igne-CUcaiUe. (Enquête 130.)

GLO 8t

Quand je seroy plus garny de cliquaille.

Vous en aurez, mais il faut attendre,

Marot.

CLIQUE, n. f. — Douleur chronique, rhumatisme i « Voilà du lemps humide, je vais être repris de ma clique, » — Cliqueux, celui qui a des rhumatismes.

CLIQUER, y. act. — Agiter la clenche ou la cliquette d'une porte ; fréq. cliqueter .

Il Résonner.

Gros usuriers, qui avez Tor qui clique.

R. DE COLLBRTB.

CLIQUES et Claques, n. f. plur. — Meubles, outils : < D a emporté s%s cliques et ses claques, et on ne Ta point revu, » il a décampé, ^ déménagé sans prévenir personne. On disait jadis avec le même seo? : « Trousser ses bagues et ses quilles, trousser ses quilles et agou- I)illes. » ( y. Ev. des Quenouilles, passim.) Comp. avec Texpression ^ascone : « Yestu de clic et de clac ; » nippé de tout. (Fœneste, p. M.)

CLIQUESONNER, v. n. — Résonner.

CLIQUETTE, n. f. — Même sens que clenche, a Tu peux baiser la cliquette de la porte, » se dit à celui qu'on ne veut plus recevoir chez soi.

CLOCHE-PIED, n. m. — Jeu d'enfants où Ton va sur un pied, en clochant, et poussant devant soi un palet dans diverses cases dessinées à la craie. C'est ce quon appelait au XYII®°i® siècle le jeu de marelles,

CLOKE, n. f. — Cloche ; bas lat. cloca. Dans une pièce du Gartulaire de Tabbaye de Redon, pièce qui date de 869 : « Obtuli.... duo vestimenta sacerdotalia et très clocas mirœ magnitadinus. » — Clokette, clochette.

Trompez et olyfans faisoient tel tempier C^on n^y oist sonnez les cloquez du moustier.

Huo. Capbt, p. 134.

CLOUER, n. m. — Qocher : «A main destre est li dokiers del Sépulcre. » ( Chron, d'Emoul, p. 194. )

82 COC

Quatre tors virent à crestiax batilliés.

Et 8or cascune avoit un grant clokier.

HuoN, V. 3296.

« Anno gracient* c® Ix. xvii™® crematum est castrom Lemovicence, et monasterii navis cum clocario, » {Chron. de saint Martial, p. 56.)

GLOIE, n. f. — Claie.

Par desus grande dotes a fait drecier un pont.

FIERA.BRAS, y. 3737.

Furmaiges qui dedens esteient, Et sur une cloie giseient.

Marie.

GLOQUETÉy part. ~ Çoavert de tumeurs^ d'ampoules : « Avoir le corps tout cloqueté,i>

GLOTIDE, n. prop. — Clotilde.

GLOUPER, Glouplonner, v. n. — Se dit du gloussement des poules quand elles veulent couver.

GO, n. m. -^ Coq. La lettre désineDtielle est muette comme dans bissa, fro, blo, etc., bissac, froc, bloc.

Il Chanter le co, se dit d'une poule qui imite le chant du coq. On la tue immédiatement, les paysans superstitieux croyant que cela est de mauvais augure. Peut-être ont-il pris au mot ce vieux et malin proverbe :

Malheureuse maison et méchante Où coq se tait et poule chante.

Page 1