ANG
Il Un ancien, un brave homme , un homme sur lequel on peut compter.
Il u'avoit encores que bon aage ; Il n'estoit point fort ancien.
Le Nouveau Pathelin.
ANDIER, n. m. — Grand chenet de cuisine, du ivallon, Andi. Notre patois a conservé la forme pure de ce mot que, par corruption, l'on a écrit landier avec l'agglutination de l'article. C'est ainsi que Xoriot, Vendemain, Yuvette, Vierre, sont devenus le loriot, le lendemain, la luette, le lierre. D'auréole on a même fait lauréole, comme on le voit dans ce passage du Mystère de la Passion de Valenciennes :
Mais en souffrant mériterez La lauréole du martire.
ANDOUILLE, n. m. — Homme lâche, irrésolu. Il y a, dans Rabelais, un saint de ce nom. {Gargantua, liv. I, ch. 17.) Le satyrique Du Lorens s'est servi de l'adj. andouillique :
Vous les reconnaîtrez assez facilement (les Pédants) A l'humeur andouillique, au sot l'aisonnement, A leurs soucis touffus, à leur brutale verve, A leurs discours tissus en dépit de Minerve.
Diez tire ce mot du bas-latin inductilis ; je préfère anduilla que l'on trouve dans un glossaire latin du douzième siècle.
ÂNE, n. m. — Lorsqu'un âne se roule sur le dos, on dit « qu'il gagne son avoine.»
Prov. — Faire l'âne pour avoir du son, faire le gracieux, le gentil pour obtenir de quelqu'un ce que l'on désire.
« On ne peut tirer de lui une parole non plus qu'un pet d'un âne mort. »
Ces proverbes, si souvent cités par nos paysans, se trouvent dans Rabelais et dans tous nos vieux conteurs.
ANGE, n. m. — On donne ce nom aux petits papillons qui viennent, le soir, se brûler à la chandelle.
Il Ecrire comme un ange, avoir une très belle écriture : « Ma fille écrit comme un ange. » Yoici, selon Champollion-Figeac^ l'origine de cette locution : « Enfin Vergece vint (Ange Vergece^ de Corfou) qui, de 1533 à 1576, laissa de nombreux monuments de l'admirable écri-