‹ Glossaire du patois des matelots BoulonnaisChapitre 7 sur 10 · L'LANGAZE ED NOS ZENS · texte numérisé non relu

L'LANGAZE ED NOS ZENS

El langage des \ens dé V Biirîère a beaucoup de points de contact avec le patois bouUenois :

1° Par la suppression des liquides / et r dans les suffixes quand elles se trouvent après une consonne ;

2° Par la transposition de IV pour former des sons pleins, ar ou er au lieu de ra et de re et de / dans l'article le :

3° En se prononce in comme dans ennemi ;

4° L'f s'ajoute pour faire in au lieu de eu et iaii au lieu de eau;

5° Le ? s'ajoute pour accentuer les troisièmes personnes pluriels des verbes : aimtent, danstent, aimoittent, dansettent ;

6° Le son de oi se substitue à celui de ai, etc.

Ce qui diffère le langage ed nos \ens, c'est le -{urement obtenu par la suppression de Yh dans les mo,ts, l'emploi du c cédille et celui du \ au lieu du g du 7 et de 1'.? doux.

Le glossaire qui va suivre fera, mieux que tous nos commentaires, comprendre les ressemblances et les dissemblances.

'J\rr^'^

Ce glossaire forme le complément de notre Vocabulaire BouLLENOis, ou dictionnaire historique et comparatif du dialecte boulonnais, dont l'ébauche a été publiée par le journal la Saison, en 1881 et 1882 (i).

On ne trouvera donc pas ici les mots du dialecte boulonnais qui n'ont pas reçu, par nos marins, c>u un sens différent ou une forme spéciale.'

(1) Le Vocabulaire Boullenois. dont le manuscrit est pi'ôt, ne sera publié qu'après la plus rigoureuse re'vision de chafjue mot.

Ce sera une œuvre se'rieuse à laquelle nous consacrons et notre temps et les recherclies les plus minutieuses.

GLOSSAIRE DU LAMAZE DÉ L'BURIÈRE

A. — Comme le paysan bouUenois, le marin a une forte tendance à donner le son d'à aux mots commençant en e\ nous en fournirons quelques exemples.

Abattée, s. f. — Deux bateaux marchant l'un vers l'autre font une abattée en changeant de direction.

Abe. — Suflixe, pour able et abre : cabe, aimabe, sabe, etc., etc.

Abecquer v. a. — Amorcer de nouveau.

A bord ! — Cri d'appel aux marins d'un équipage, lorsqu'ils sont à terre, pour qu'ils se rendent au bateau prêt à partir.

Accastillage, s. m. — Arrangement des parties hautes d'un bateau. (Gaillards d'un vaisseau.)

Accrues, s. f. — Fausses mailles de filets.

Ace. — Suffixe et préfixe, pour ache : moustace, tace, vace, hâce, etc., aceter.

Acorceu, s. m. — Tablier. A r^ place s' n acorceit, té

sayes, qu' ça fait comme eine poce et ça H sert pour voler des pissons.

Acourcôî, v, a. - — Diilhinuer, accourcir,

Acoute ein peuwe ! écoute un moment. — Locution fréquente : T'aT on Zacquot, acoute ein peuwe 1

Acq ou acquie, s. f. — Amorce.

Ade. — Sullixe, pour adre : cade, escade, etc.

Admirer. — Ce verbe prend un sens spécial dans la bouche de nos marins : il exprime un étonnement profond :

Vu qu' nos p' titsfius et p' titesfilVs egiC :( admire.

[Poésies d'ALTAZiN.)

Adoucer, v. a. — Adoucir. Par contraste, on verra égayer devenir égayir, etc.

Affalée (Faire eine). — Lorsque des pêcheurs n'ont pu rentrer à temps pour vendre les maquereaux, ils les dépècent et se servent de la peau coriime acq pour prendre dés congres : cela s'appelle ya/re eine affaléye.

Affaler en vraque ou affaler à bord. — Sauter du quai dans le bateau. — Affaler a, en général, le sens d'aller : affale sus c' quaye, dit un marin à un camarade qui est dans le batea;u.

Afflizé, s. m. ou f. — Estropié.

Agace. — Agache, pie ou cor aux pieds.

Aguesser.- — Agacer, dans un sens favorable. On aguesse un enfant pour le faire rire. L'autre sens s'emploie aussi, mais plus rarement.

Aguzoire, s. f . — Affitoire.

Aïance. — Alliance, bague.

Aiguë. — Suffixe, pour aigre : vinaigue, ttraîgue.

Aile (Faire 1'). — Se tenir à l'écart.

Si té n'as pont d' çance,

Fais dens V botte Si t'as dé F cance

Fais l'aile !

Ainet, s. m. — Bâton sur lequel on enfile les harengs pour les faire saurir.

Ains, s. m. — Hameçons, comme le vïc.lX français.

Ain-ye. — Suffixe phonétique, pour ain. Afin de rendre la prononciation de main, train, bain, etc., il faut écrire ces mots : main-ye, train-ye, etc. Cette remarque peut s'appliquer à tout le patois boullenois.

Aite. — Suffixe, pour aitre : maite, traite, naite, paraîte.

Ai-ye, pour ai : balai-^-e, brai-ye, etc.

Al pour ail : détal, traval et aie pour aille : faut qu' i' aie, batale, pécale, etc.

Alarzir. — Elargir, changement de Ve en a.

A r côte (Eté). — Etre ruiné.

Alèze, s. f. — Lé d; filet : une alèze est un lé de cinquante mailles.

Al ou aile pour elle. pron. — Changement de ïe en a.

I :;" ont si ben emoiiquayé V candelle Qu'aile a v' nu molle et fondu comme du sui.

(Poésies (TAtxAZiu,)

Aller à dorlots, loc. — Aller chez un orfèvre acheter les bagues, boucles d'oreilles, etc., lorsqu'on va se marier.

Aller au pain, loc. ~ Mendier.

Aller dehors, loc. — Sortir du port.

Alouans, Alouons ou haloin, s. m. — Sorte de moufle

ou gants sans doigts que les marins mettent pour travailler.

Aloze, s. m. — Sablier placé sur le pont, dont le sable en s'écoulant marque le temps des quarts ou heures de service actif à bord.

Amarre, avec le sens d'arrêté. — Un marin était un jour à confesse et le prêtre l'interrogeait :

— Combien y a-t-il de temps que vous ne vous êtes confessé ? Deux, trois ans ?

— Larguez, larguez.

— Dix ans ?

— Larguez core. '

— Vingt ans ?

— Larguez.

— Jamais alors depuis votre communion ?

— Amarrez là.

Amarette, s. f.— Petite armoire. Les marins disent amaire et ormoire pour armoire, comme les paysans.

Amarre et' blague, loc. — Tais-toi.

Ambe et embe. — Suffixe, pour amble, ambre et embre : Membe, décembe, etc.

Ambitionneiix, Ambitionneuse, adj. ^ Ambitieux et ambitieuse.

Ambeultesois. — Qui est d'Ambleteuse.

Amets, s. m. — Amers. Avoir des amets ou des points de repère sur terre, tels que maisons, moulins, églises, que l'on remarque en plaçant les cordes en mer, afin de les retrouver. Les amets sers'ent aussi pour s'orienter.

Amiral du hable. — Celui qui a gagné le plus dans la harengaison. Il est curieux de voir le vieux mot hable, port, subsister dans le langage des marins.

Ance. — Suffixe, pour anche : blance, démence, mance. etc.

Ande et ende. — Suffixe, pour andre et t'/ùirt;; répande, tende, fende.

Aagouce. — Douleur subite.

Arnordir, v. n.— Revenir au nord, se dit du vent. Le vrai mot devrait être anordir, cité par M. Tiret.

Anze pour ange : ctranze, niélanze, etc.

Aploit, s. m. — Un certain nombre "de filets réunis,

Arl)alète ou clipot. — Morceau de bois p nir la pêche au libouret.

Arcanzer. — Rechanger, par transposition des lettres du préfixe et changement de Ye en a.

Arçur, V. a. — 'Recevoir. Os allons V arcur che-{ V marijyetir.

Arfouler 1' marée, loc. — Aller contre la marée.

Ar pour re. — Préfixe comme dans le patois, ar trouver, artourner, arpas etc.

Arignéye d' mer, s. f.— Sorte . de crustacé ayant la forme de Taraignée. ,

Arléver dans 1' suroit,loc. — Frapper au derrière.

Arnagat, s. m. — Renégat.

Arpife (L'mer s). — Ld merse fâche. Le marin emploie du reste en général le verbe s^arpifer pour se rebiffer.

Arrien, s. m.— Rien. Zi ai fait arrien. Je ne lui ai rien fait.

Oit qu' les pus fins yet voitfnt arrien du tout.-

{Poésies (Z'Altazin. )

Arriéré (C'est un). — Un niais à qui l'on fait croire ce que Ton veut.

Arrioler (S').- — Se dit de la mer quand le vent change subitement et que de nouvelles vagues en sens contraire combattent les anciennes. •

Arsouvenir(S"). — Se ressouvenir.

Et ■{ ni" ar souviens qu' té m'as dit auterfois.

{Poésies d'ALTAZiN. )

Arténir (S'). — Se modérer dans sa colère.

Artirance, s.f. — Ressource. II y a de Vartirance à tel ou tel métier, comme il y en a avec telle ou telle maison.

Arvendeuses, s. f. — Marchandes de poisson sur rondelles.

Arvénir. — Apparaître. Les naufragés qui sont restés au fond de l'eau arviennent pour réclamer des prières. Ce verbe s'emploie aussi pour succession : /' pus \eune dity à son père ed li donner d'esse qui doit H arvénir ; signifie aussi tout simplement revenir.

En arvénant dé V danse M' n' amoureux Gaberrier...

[Poésies d'ALTAZiN.)

Arventée. — Il y a arventée, lorsque le vent d'ouest, ayant soufflé en tempête, a changé d'aire pour revenir ensuite à l'ouest souffler en ouragan.

Arzeint. — Prononciation du mot argent.

Asse. — Suffixe, pour aste et astre : contrasse, désasse, asse.

Assir. — Mettre les filets à la mer. On assit le bateau lorsqu'on le commence.

Ate. — Suffixe, pour atre et attre : quate, combâtc, emplâte.

A tous les zours (Habits d'). — Habits de travail.

A trape. — Interjection avant le commandement, qui

semble venir de apte, très apte, en passant par le mot bouUenois trape. A trapeàvider les escarbilles. A trape à serrer les voiles. Signifie donc: Sois apte.

Audersellois. — Qui est d'Audresselles.

Au nom du père. — Au premier lot qu'elle achète et au premier lot qu'elle vend, la matelotte dit : J' vas faire au nom du père pour que ça m' porte bonheur.

A bord, le patron au moment du repas dit aussi :

Os allons faire au nom du père Avant d'aller à V caudière.

Ausse. — Suffixe, pour auche : débausse, gausse.

Aussière, s. f. — Cable relié au bateau et qui retient les filets.

Aumôunier, adj. — Charitable.

Auter.— Pour autre : auterfois, auterment.

Autérui, s. m. — Autrui.

Auxzuns. — Aucuns. Gn^ena d'aux!{uns qui disent.

Auze pour auge : patauze.

Avalaze ou avalison, s. m. — Avalanche d'eau occasionnée par de grandes pluies ou par l'ouverture d'une écluse, ce qui. donne un grand courant dans le port et y gène l'entrée des bateaux ; se dit aussi d'une vague qui vient déferler sur le pont d'un navire.

Avalison (Faire eine). — Partir de l'amont pour faire une pêche dans l'aval.

Avalette, s. f.— Morceau de bois auquel on attache les lignes pour pêcher au libouret.

Avalins, s. m. — Marins des ports à l'ouest de Boulogne. Dans le vieux français on disait Avallois.

Avant-Z-hier. — Avant-hier.

Avaries, s. f. — En sus du sens français, ce mot

signilic encore les dépenses communes dun équipage

Avertissance, s. m. — Avertissement.

Aveugler, v. a. • — Boucher à la hàle un trou ou une voie d'eau à un bateau.

Avoir r sac et l'araarraze, loc. — Kh-e riche.

Az pour ag et aj. — Préfixe : azouter, azuster, azir, azile, aziter, etc.

Aze pour âge. — Suffixe : aze, amarraze, bagaze, couraze, etc.

Baderne (Vieille), s. f. — Matelot qui n'est plus propre au service.

Baclou (Faire le). — Faire le niais.

Bâce, s. f. — Bâche de la pompe à air (Tiret).

Balai-ye du Ciel. • — Vent du nord.

Balais (Ramasser les). — Etre le dernier, ne. pas réussir.

Balast, s. m. — Lest.

Balineaux. — Grands poissons, marsouins, etc.

Balouette, s. f. — Girouette placée au haut du grand mât.

B ptisé-ye, s. f. — Baptême. Fine baptisé-ye.

Baptisé un dormeur. — Le réveiller en lui jetant un seau d'eau. Les verbes en èr ne prennent pas l'r dans la prononciation.

Baroquette, s. f. — Poulie.

Barots et barotins, s. m. — Pièces qui soutiennent les ponts de bateau : de là le verbe baroter, employé par les constructeurs.

Barre (Gouvernail). — Eté al' barre, gouverner, diriger le gouvernail. Passer sus c barre, chavirer.

Barre du cou. — Epine dorsale touchant à l'occiput. J' H tordrai V barre du cou.

Barsier. — Bateau ou homme faisant la pèche des bars.

Barsoin, s m. — Bassouin, corde qui relie les filets au câble ou aussière.

Bas d' hotte, s. m. — Nom du grand bas de laine montant jusqu'aux cuisses.

Basquette, s. f. — Manne à claire-voie : de l'anglais basket.

Basquine, besquine ou bisquine. — Bateau de Trouville.

Bassures ou basses, s. f. — Fonds qui se trouvent à certains endroits de la mer.

Bastaque, s. f. — Poulie attachée aux haubans.

Bastet, s. f. — Bâton employé dans le gréement (Tiret).

Baston, n. p. — Rester à Baston, demeurer dans la rue ou dans le quartier de Boston. Z' demeure à Baston, dans les Cent-huit. Je demeure dans la rué des Cent-huit escaliers.

Bastonais, s. m. — Qui est du quartier de Boston.

Bâtarde, adj. — De deux couleurs.

Bateler. — Action de mettre un canot à la mer pour amener le poisson à la halle, lorsqu'il n'y a pas assez d'eau dans le port pour que le bateau puisse rentrer.

Batiauwe. s. m. — Bateau. Batiauwe-peinture, bateau bien peint mais mal tenu. Batiauwe du bon Diu, navire qui a de la chance et qui est bien conduit.

Battent à flets, loc. — Lorsqu'on a sommeil, les yeux « battent à flets. »

Bauwe, s. m. — Solive d'un flanc à l'auUe du bateau, — désigne aussi la largeur du bateau.

Bouffe, s. f. — Grosse corde à laquelle sont attachées les lignes qui portent les hameçons.

Bavette, s. f. — Petite bouée.

Beaucir, v. a. — Embellir. L tempsy beaucit, qa beaucit.

Bec, s. m. — Baiser. Donne un bec.

Bec au gatiau ou bec à ^eus. — Gourmand, qui est à sa bouche.

Bécard, s. m. — Genre de raie n<>ire. — Nom aussi d'un certain saumon.

Bel. — Sorte de construction élevée à l'arrière des bateaux qui font la pêche à la morue

Bellot comme un saint Zean-Batisse. — Locution admirative.

Bellotte, adj. — Gentille. Al est bellotte comme tout.

Belté-ye, s. f. — Beauté.

Ben pipe, superlatif. — Bien plus mal.

Bendingue, bandîngue, s. f. — Corde qui relie les flottes au câble bordant les filets.

Béni soit Diu ! — Exclamation que fait toute matelotte en concluant une affaire, gain ou non gain.

Berguiner, v. a. — Action d'un bateau qui achète du poisson en mer. — Nos campagnards disent barguignerponr marchander. De l'anglais to bargain, acheter.

Berquois. — Qui est de Berck-sur-mer.

Bête -à- dos. — Petit marchand de poisson qui emporte sa marchandise sur son dos. On dit des bêteà-dos.

Bête du bon Diu (C'est 1'). — C'est un bonasse.

Bétôt. — Bientôt,

Les ^euiis \ins Vont bétôt prende' lés armes.

{Poésies «fAiTAZiN.)

Biau moule, loc. — Ironique. C'est un biau moule !

Biau solei. — Les matelottes appellent ainsi le bon- . net bien blanc, bien potelé, bieil évasé, qui encadre si bien lu belté-ye.

Bice, s. f. — Chèvre. Le matelot dit toujours eine bice ; jamais ou rarement eine cêve.

Bichette ou bicette. — Filet monté sur deux perches courbées.

Bifins, s. m. — Nom donné aux soldats de l'infanterie de terre.

Bitture ($' donner eine). — S'enivrer.

Blancs mantiauwes, s. m. — Goélands blancs.

Blanque comme ein drap (Mer). — Mer calme.

Blanquettée, s. f. — 'Mer qui commence à se calmer.

Bluet, s. m. — Squale. Chien de mer sans dard.

Boire à V grande tasse, loc. — Se noyer.

Boire un coup, loc. — Tomber à l'eau.

Bon Diu flazellé. — C'est ainsi que les marins désignent la chapelle de Jésus Fkgellé.

Bonite, s. m. — Poisson.

Bordé au vent, loc. — Etre de mau\'aise humeur (Tiret).

Bordée (Courir Ou tïrer eîjre). -^ Faire la noce.

Bos (Il est d' ces). — Locution fort employée par laquelle une matelotte désigne un paysan qui a l'air embarrassé.

Bosses (Larguer les).— Quitter. J' vas H larguer les bosses, dit un jeune homme qui veuf défeisser sa bonne amie.

Bossoir, s. m. — Avant du bareau, à l'endroit où est placé l'homme de vig'ie.

Boîisoirs (Eine paire ed), loc. — Seins.

Botte, s. f. — Réunion, grand nombre. / sont eine botte. .V, 'S. .

Si. t'as du hasard, ly

Mets teu à l écart.

Si t'as pont d'hasard, Mets teu dans r botte, Tépécras comni ein aitte.

Botte' à collets jaunes, loc. — Lorsqu'un armateur, propriétaire de bateaux, remercie le maître d'équipage, on dit qu'il lui donne des botte^ à collets jaunes.

Bouclettes, s. f, — Anneaux en métal dont on borde les filets.

Bouée (Rester planté comme eine). -^ Comme un étombi ou un ahuri.

Bouffi (Hareng). — Demi-salé et demi-fumé.

Bouillon d' cien, loc. — Pluie.

Bouillons d' liérengs. — Amas de harengs en mer, bancs,

Boulier, s. m. — Grand pot de terre qui sert à bouillir l'eau, etc.

Bouiiet, s. m. — Bosse à la tête, par suite d'un choc.

Boujaron, s. m. • — Espèce de blouse en toile oirée qui recouvre les autres vêtements du marin.

Boujaron, s. m. — Gobelet en fer blanc servant à boire la goutte.

Boulnois, s. m. — Qui est de Boulogne.

Boiirset, s. m. — Grande voile d'un lougre.

Bourzois, s. m. — Bourgeois.

Boute en bas ! — Cri d'appel à l'équipage.

Boutife, s. f.— '\'essie de poisson : hareng à boutifes.

Braies, s. f. pi. — Culottes en toile. Nos marins ont conservé ce vieux mot français.

Braille, s. f. — Pelle en bois avec laquelle on remue les harengs, en tas ou en vrac, pour les saler.

Brailler, v. a. — Saler le hareng à la braille, sans le caquer.

Brasser, v. a. — Faire. — Brasser à ciller, locution. — Se tirer d'une affaire difficile. Brasser carré son çapeaii ou le brasser en pointe, autres locutions.

Braziller, v. a. — Clapotter. L' mer bra\îlle.

Ereunnes, s. f. — Brouillards épais sur la mer.

Breuilles, s. f. — Intestins du poisson.

Bricole, s. f. — Ligne de pêche attachée à une branche d'arbre ou à un poteau enfoncé en terre, au bord de l'eau.

Briqué V pont aveuc sen dos, loc. — Dormir sur le pont.

Brise, s. f. — Le vent qui se fait sentir est une belle brise, ou une jolie brise, ou une forte brise. La belle et la jolie brise sont déjà assez puissantes, mais ne contrarient pas la marche. La forte brise avoisine le grand vent : Eine brise qui nous mén'ra F qneuxue eii trompette. (Tiret.)

Brosse de matelot. — Poisson.

. Broutilles, s. m. pi. — Menus poissons. vendus avant les gros lots.

Bucque, s. f. — Petite quantité, petit morceau. Prêt' ême ein morcieauwe ed pain-ye. — O n n'avons pu eine bucque.

BuCQUet, s. m. — Echantillon de harengs apporté par le vendeur à la salle des criées. Doit venir de bouquet, choix.

Buhôttier, s. m. — Petit filet en forme de poche et à manche.

Bure ou bi}'e, s. f. — Bouteille oii engin de cette forme, en osier, pour prendre le poisson.

Burière, s. f. — Bruyère. Nom du quartier marin, à Ëoulogné, jadis couvert de bruyère.

Ça. — Préfixe pour cha : çagrin, çaleur, cambre, çandelle, çançon, çapelle, casser, çat, etc.

Cabe, s. m. — Câble. La plus grosse corde. Filer sen câbe par el bout : Mourir.

Cabeines, s. f. — Lits qu iressemblent à des armoires. Ailleurs on dit Capetes.

GaMllaud, s. m. — Morue la plus estimée, à grosse tête.

Gablièrè, s. f. — Grosse pierre qu'on attache aux lignes de fond pour les empêcher d'être entraînées par le courant.

Cabot, s, m. — Poisson à grosse tête.

Cace, s. f. — Bateau qui fait la pêche au chalut.

Çacun, pron. — Chacun. Çacun à s' place et V batiawpe va droit !

Gade, s. m. — Appât. Cade soufflé, loc. — Affaire manquée.

Çafaud, s. m. — Echafaud. Un Çajaud pour sécher la morue. — Les mamans qui ne sont pas contentes d' lu fin leur promettent facilement que s'il continue ainsi, / monfra su V çafaud.

Caïfe. — Sobriquet curieux qae les Enquihennois donnent aux Etapois.

Gale (L'), s. f. — Escalier du quai.

Cale, s. f. — Mauvaise plaisanterie : Donner eine cale à ein homme, c'est couper les rabans de son hamac (Tiret).

Caler, v. a — Appuyer : même sens qu'en français. Ranger les barils dans les bateaux et les faire tenir avec des morceaux de bois,, pour qu'ils ne roulent pas en cas de mauvais temps.

Caler les joues (Se). — Faire un bon-repas.

Calisien. — Qui est de Calais.

Ein équipage ed Calisien Trois hommes et un cien.

Galme-et-vent, loc. '■ — Vent faible et inconstant.

Calme tout blanc, loc. — Pas le moindre vent.

Calmenne, s. f. — Suite de jours où le temps est tout à fait calme.

Calmir ou Calminer, v. n. — Se calmer, s'apaiser en parlant du temps. / calmit : le vent commence à tomber. L" veint va calmissant .

Çalut, s. m. — Chalut. Filet terminé en pointe, traîné au fond de la mer pour ramasser le poisson.

Calvairien, s. m. — Qui habite le quartier du Calvaire.

Çamarin, s. m. — Cormoran et poisson ayant la vie très dure hors de l'eau.

Camen, adv. — Combien.

Camiélois, s. m. — Qui est de Camiers.

Camucer (Zeuer à). — Jouer à cache-cache.

Canarder, v. n. — Plonger dans l'eau. L batiainue

i canarde^ c'est-à-dire il enfonce de l'avant, il met le ne:{ dans l'eau comme les canards.

Canapé, s. m. - - Sorte de morue nommée cglelin.

Çanlattes ou Chanlattes. — Pièces qui traversent la cheminée d'une corresse.

Canotte, s. m. — Canot. Les marins appellent /' canotte dé V leiine, l'étoile qui l'avoisine et ils disent : L' canotte rapproche sen batiauwe ou bien : L' leune a embarqué sen canotte.

Çanter, v. a. — Chanter : l' poulie çante, al a soi! (Tiret). La poulie grince, elle a soif, il faut la graisser.

Çanzer, v. a. — Changer.

Cap (Mette el'), loc. — A'" p>us savoir oii mette el cap, être embarrassé (Tiret).

Çapelet, s. m. — Chapelet. C'est aussi une chaîne de communication de mouvement (Tiret).

Çapelle du bon Diu fiazellé. — C'est la chapelle de Terlincthun, dite de Jésus Jlage lié, où les marins vont fréquemment en pèlerinage.

Çaperon, s. m. — Chaperon, instrument qui sert à mettre l'ancre à bord lorsqu'elle est élevée à une hauteur convenable.

Capet, s. m. — Nom donné aux bourgeois surtout à ceux qui s'embarquent avec un équipage de matelots pêcheurs.

Gapïer, v. a. — Action d'un bateau qui louvoie en face du port, en attendant que la marée soit assez haute pour y entrer.

Gapon, s. m. — Corde garnie d'un gros crampon de fer.

Capon raverdi. — Locution employée pour désigner un vieux galantin.

Capot, s. m. — Couvercle des trous qui existent sur le pont des bateaux et donnent entrée dans l'intérieur.

Captennes (Avoir des), loc.—Avoirdes lUets déchirés ou arrachés.

Caques, s. f. — Ouïes de poisson d"où le verbe caqiier, enlever les ouïes, Caqueux, qui caque. Le français donne le nom de caque au baril qui contient les harengs caques.

Caquestêtes, s. m. pi. — Mâchoires de morues que les marins découpent pour les saler et les conserver de la même manière que la morue.

Caracos, synonyme de bassoins. — Voir barsouins.

Carbon (Treu à). — Point sans étoiles dans le ciel.

Çarbonnier ou charbonnier, s. m. --Genre de merlan noir. Navire sen-ant au transport du charbon.

Garculer, v. a. — Calculer.

Caresser 1' frimouse, loc. — Donner un souftlet.

Caringue, s. m. — Poisson.

Çarle, n. p. — Prononciation de Charles. On trouve cette forme \iirante dans une copie italianisée de Renaud de Montauban.

Çarnier au lard, s. m. — Endroit où l'on conser\'e le lard.

Garplue, s. f. — Néréide ou scolopendre de mer, espèce de ver qui sert d'amorce.

Carrelet, prononcez Carlet. — Poisson plat que les revendeuses crient ainsi :

Carlets là où !

Casser, v. a. — Chasser.

Cistemotte, s. m. — Douanier. Expression anglaise.

Çauce-ed lainne, s. f. — Bas de laine dit aussi Bas de botte.

Çaudière, s. f. — Chaudière où l'on fait cuire tout en commun à bord d'un bateau de pêche.

Caveux ou Ceveiix, s. m. — Cheveux. Plats caveux, sobriquet. L' mer fait des caveux se dit lors des changements de vent.

Çavirer, v. n. — Chavirer.

Cayellois, Cayenois ou Caois, s. m. — Qui est de Cayeux.

Ce pour che. — Préfixe ou suffixe : ccf, ceminée, cemise, cène, ceval, ceville, etc., ou cloce, clocer. Dans Marie de France, on trouve :

Tant ont leur droit cemin terni

Sa cemise li a donné

Sor un ceval ferrant monté Un cevalier on lui mena.

Dans lé vieux poëme de Macaire, que l'on peut dire écrit dans un français italianisé, les préfixes en ce, le c cédille fréquent et l'emploi de ïé ouvert au lieu de le fermé, pourraient nous fournir de nombreux exemples de mots semblables à ceux que nos marins emploient : mais leur citation donnerait un air hérissé de pédantisme à notre travail : nous nous bornons donc à signaler la ressemblance.

Ce pour Che. — Suffixe : accoucée, marcé, débaucé.

Gel laie, pron. — Celle-là.

Cemises (Compter ses), lôc. — Avoir le mal de mer.

Cer pour Cher. — Préfixe et suffixe : cercer, cer, cérir, certé.

Gère (Faire bonne). — Se mettre en fête.

Cérimonie ou Çarimonie, s. f. — Cérémonie.

Gerque, s. m. — Cercle, Gnia un cer que aV leune os airons inauvais temps, locution.

Gé^uzien, s. m. ■ — Chirurgien.

G'est-t'y? — Quoqu''o baragouiner^ la tout seu,

m'sieu V devancé, c'est t'y pour nous, fisser la goaille quo ynargarde\ aveuc des :{iiis d' marsouin ein colère !

Ci pour Chi. — Préfixe ou suffixe : cicane, cien, ciffon, ciquer. ou blanci, enrici, etc. Citons encore ces vers de Marie de France :

Ki volentier fiert rostre cien

Ja mar quérés qu'il vos aint bien.

Qui frappe votre chien, ne croyez pas qu'il vous aime.

Cic, adj. — Chici Ein cic batiainve !

Cie-dans 1' ieauwe (Des), loc— Sobriquet des marins de la flotte.

Cien d' mer, s. m. — Ciiien de mer, squale.

Cierze, s. m. — Cierge.

Gin pour Chin. — Suffixe : macin.

Cique à bâbord (Passer «a), loc. — Mourir.

Ciquet (// est à sen). — Il est dans son élément, à son aise.

Giquotin, s. m. — ^ Petit sac, blague à tabac ou, plus généralement, boite en cuivre qui contient le tabac.

Gir. — Suffixe pour c/izV : Francir, blancir, 'etc. Signalons que le français a conservé noircir.

Gle. — Suffixe, fait que comme en patois : Blouque, boucle, etc.

Glef doube, s. m. — Seconde cheville ajoutée au pied d'un mât pour le consolider.

Ço pour Cho. — Préfixe : çoc, çocolat, çolard, çoper, çoquer, couette, etc.

Cocon d' mer. — Poisson.

Goçonnier, s. m. — Charcutier; se dit aussi d'un débauche.

Cocotière, s. f. — Cuve pour l'huile tirée du foie de morue.

Cocu-à bord (Gn ià des). — Se dit lorsqu'un bateau rapporte des turbots.

Coigir, V. a. — Choisir.

Coinçaze, s. m. — Action de mettre des coins.

Coincer. — Mettre des coins.

Cole-au-pied. — Domestique du dernier degré.

Colin, s. m. — Espèce de morue inférieure.

Collets bleus, s. m. — Sobriquet des marins de l'Etat.

Cominier, v. n. — Communier.

Gomptaze, s. m. — Règ-lement du compte d'un équipage ; s'entend surtout du règlement fait vers Noël, à l'issue de la harengaison d'automne.

Çon pour Chon. — Suffixe : bouçon, cocon, corniçon.

Gonau, s. m. — Homme qui se mêle du ménage. On dit aussi Conassière.

Congrier. — Bateau qui fait la pèche des congres.

Gongue, s. m. — Congre. 'Voici le cri des marchandes:

Congue-err là où !

Conquerre. — S'emploie dans cette phrase : // est v' nu nous conquerre : se dit d'un bateau en mer venu pour parler à un autre.

Conzé, s. m. — Congé ; congédier, congédier.

Coque (Parer la). — Couvrir le bateau en construction.

Coque ed noix. — Petit bateau.

Coque (Œul à la). — Œil poché.

Coque (Tonne) — Dont la saumure est partie.

Coquet, adj. — Un bateau n'est pas coquet, s'il se comporte mal à la mer.

Coria, s. m. et ad). — Coriace. Un Coria est synonyme d'un dur-à-cuire, solide au travail. Cornette, s. f. — Bonnet.

Os ave\ rempli d' taques Em' beir cornette à fleurs,

(Poésies fli'ALTAZiK.)

Cornice, s. f. — Dessus de cheminée.

Corps, s. m. — Corset.

Çose. — Chose : pas grand çose ! injure.

Cotillon, s. m. — Large pantalon de toile ou broyés qu'on met par-dessus tout pour travailler.

Couçaze, s. m. — Couchage : poste ed couca\e.

Gouce (S'sauver au matin quand on s'), loc. — Se sauver la nuit sans payer ses dettes.

Gouliard, s. m. — Raie mâle.

Coupe ou Acoupe, s. m. — Membrure d'un bateau.

Couper l'figure ( Vent à), loc, — Grand vent.

Cracer, v. a. et n. — Vbatiau i crace des étoupes ou i crace lieaiiye par les coutures.

Graille, adj. — Eine mécante craille est une fille ou femme d'un mauvais caractère.

Crape, s. f. — Crabe : Eine crape tourteau, eine crape plue, eine crape étrille. On dit d'une petite fille éveillée : mécante crape l On crie ainsi les crabes :

Crape coi oit !

Craque, s. f. — Mensonge.

Craquer (Eine neuce à tout). — Orgie.

Crasseux, adj. — Non généreux, qui fait des crasses. Crayer, v. a. — Tendre à la côte, avec un crayet pour prendre les oiseaux de mer.

Grèce {Foi't dé /'). — I-'ort de la crèche.

Cren, s. m. — = Ce mot, qu'on dit dérivé de crena, entaille, rainure, est donné à diverses avancées de la falaise : Cren aux œufs, cren ou pointe à l'oies, etc.

Creux-pontal, s. m. — Profondeur de la cale

Crignasse, s. f. — Chevelure en désordre.

Croc, s. m. — Avarie, coup que reçoit un bateau.

Crocez dans l'toile, loc. — Ne vovi^s laissez pas décourager !

Grotte-piquante, s. f. — Sucrerie appelée bourgeoisement pistache.

C'ti là ou c'ti laie. — Celui-là.

Après c'ti laie i n'a v'nu par tatoule.

[Poésies d' ALTAZiif .)

Çu pour chu. — Suffixe : croçu, déçu, fiçu, etc., et pour préfixe : çute, çuçoter, etc.

Cuite (N'' n'avoir eine), loc. — Etre ivre.

Gui d' singe. — Sobriquet des soldats de l'infanterie de terre.

Cul pour tête (Cercer), loc. — Chercher le contraire. .

Çute, s. f. — Hauteur verticale d'un filet ou d'une voile.

D' s'ajoute parfois par une euphonie spéciale au parler marin : Mais sans fil ni d'aiguille.

Dada, s. m. — Espèce de crabe, le cancer mœnas de Linné, fort renommé à Boulogne.

Dame du bateau, s. f. — Femme du patron.

Dard, s. m. — Aiguillon de certains poissons.

Dé pour de. — On remarquera ici que fréquemment Ve muet devient un é ouvert : c'est ainsi que se forme le dé V pour de le ou de la : Dorme H dé l bière. Même remarque pour le patois boullenois.

Débarquer, v. n. — Débarquer un matelot, le renvoyer de l'équipage.

Débauce, s. f. — Ce mot s'emploie rarement ; de préférence les matelots disent d'un débaucé qu'il mène « eine vie d' policinelle. »

Débleuir, v. a. — \'oler, terme de marine militaire, par allusion aux collets bleus des chemises que les voleurs lavent afin de leur donner l'air vieux et dérouter ainsi les recherches.

Déboque (L' solei). loc. — Le soleil se montre, il sort des nuages.

Débrouiller {Se). -— Terme familier, mais essentiellement maritime, dit M. Tiret : tout le monde 1 emploie, depuis l'amiral jusqu'au mousse. — Allons, allons, on ne débrouille pas du tout là-bas. — Tu te débrouilles comme une crape dans un paquet détoupes, ou comme un pou dans une baille de goudron (voir Dictionn. des termes de marine).

Déçarze. et ses dérivés, ^eçar^eme/z/, etc.— Décharge, déchargement, etc.

Déclinquer (Se), v. pr. — Se disloquer.

Déclaration d'avarie (Faire eine). — Chercher un prétexte pour ne pas aller à la mer. .

Décatourner, v. - Tourner le coin d'une rue.

Dédoubeier. — Même sens. Lorsqu'on lui demande son chemin, le marin vous répond : O décatournere^ rrue, ou bien : O dédoubelrCy à droite...

Dégréé-ye (Eté). — Ressentir une impression désagréable ; contraction, sous forme de verbe, du mot désagrément .

Délègue, s., f. — Délégation.

Délimonner, v. tr. — Laver le poisson pour lui retirer son limon.

Démacatif (Eté tout). — Etat maladif le lendemain d'une ribotte.

Démaquaze, s. m. — Ce qui provient de l'état démacatif ; il y a aussi le verbe démaquer.

Démainzure, s. f. — Démangeaison.

Démarcer (S^). — Un enfant commence à s'démarcer, lorsqu'il fait les premiers pas.

Déraarraze, s. m.- — Action du bateau qui quitte le port ou les lieux de pêche pour revenir à destination.

Démucer, v. tr. — Trouver une chose cachée; même sens que dénicer, dénicher.

Dénaturisée, adj. — D'un mauvais naturel : une mère dénatiirisée est celle qui ne soigne pas ses enfants.

Dépendeux, s. m. — Celui qui dépend les harengs dans les coresses.

Dépleumer l'gueule, loc. — Déchirer la figure avec les ongles.

Déplotter, v. tr. — Dévider.

Déracer, v, intr. — Dégénérer, s'abâtardir.

Déralingué {Eté tout), loc. — Avoir les vêtements en désordre et déchirés.

Derza, adv. — Déjà : I sont der^a mort ed frayeur

Desbillé un batiauwe. — Le dégréer, le désarma

Déshabillé-ye, s. f. — Robe, vêtement de femrr- Donne\ li l'pus belle déshabillé-ye.

Détériiire {Se). — Se suicider.

Détetter, v. a. — Oter la tête des morues.

Dévaller, v. n. — Descendre dé l"\Bnriere sur le quai ou en ville, qui se ti^ouve en aval de la colline.

Dézancé, ad. — Déhanché.

Diguiaux, s. m. — Sorte de grands filets.

Dinguer (Envoj'er). — Envoyer promener.

Dive, s. m. — Moineau. — Un dive c'est un moineau et « ren d'pus malin qu'ein dive, » aussi le marin dit-il grand dive pour désigner iin rusé, un mal.:i.

Dorlots. s. m. — Mot générique des bijoux.

Doublure (Fice eine). — Battre quelqu'un.

D'ous qu'est. — Où est.

O save\ d'ous'qu'est la Halle !

(Chanson de la Matelotte.)

Dragon ed mer, s. m. — Grande raie à ventre noir. Drès. prép. — Dès, depuis.

Oest un bieauw'' ■{èle Qii drès qu'on s'en mêle Çà n' sert seul' nic.'.t jii^à s'attirer rf' s' en' mis.

(Poésies (rALTAZiN. )

Driver, v. intr. — / n'a pus qu' einflot et eine èbe à driver. — Se dit de quelqu'un qui va mourir ou est près de sa ruine. — Se dit aussi d'une affaire qui va se terminer. — S'en aller à V drive, être fort malade ; s'eji aller en dérive, en débauche.

Droit vent arrière (^rrzVer). — Arriver les mains dans les poches, en se dandinant ; allure ordinaire du marin à terre.

Drollelte (.4/ est). — Se dit d'une petite ou grande À^l.e gentille et ben délurée.

Droule, s. f. — Femme malpropre, de mauvaise con-

duilc ■ à rapprocher de wandroule, loques au boul d'un bâton.

Durte-à-souffrir (A^' n'avoir des).— Avoir à supporter de mauvais procédés : être malmené, subir de très mauvais temps, etc.

Durtes (Souffrir des). — Même sens : Subir des misères.

E. — S'élide fréquemment dans la prononciation des mots, comme dans le boullenois.

É pour e. — Nous avons déjà dit que Ve muet devenait souvent é ouvert : té, que, dé.

Comme eine ferdii té v^ nais dé m^ /air' danser.

(Poésies d'ALTAZiN, )

Eboubl, adj. — Ahuri : lu ce/s les traif ront d'éboubis.

Eboubir, v. int. — Ahurir.

Ebreuillir, v. a. — Retirer les breuilles du hareng.

Ecalipe, s. f. — Coquille : on rencontre beaucoup d'écalipes sur la plage.

Eçancrure, s. f. — Echancrure : Eçancrure d'une voile, d'une robe, d'une chemise.

Ec pour éch. — Préfixe ou suffixe : .éçaper, éçarp • éçaufer, écelle, écigner ou : crêce, pêce, flêce, mêce.

Eclaire (11). — Il fait des éclairs.

Eclesse ed bos, s. f. — Ecléche, éclat : on dit ma comme eine éclesse.

Eclié, adj. — Qui a des jours : une tonne écliée.

Ecoreux, s. m. — Celui qui écore : littéralement qui soutient. Le mot est ancien dans le pays et se trouve dans les actes de 1550 avec un sens différent de celui de hôte ou armateur de pêche. Les écoreurs semblaient alors les commis des hôtes, ceux qui s'occupaient des soins matériels du bateau.

Eçouage, s. m. — Echouage, échouement.

Eçouir, V. a. — Etourdir par le bruit, par la loquacité ; les matelottes éçouissent souvent lu ■{eus.

Ecquervisse ed rempart, s. f.— Soldat de l'infanterie de terre.

Ecran, s. m. — Lisière d'une pièce de drap : des bertelles d'écran.

Ed pour- de. — Comme en bouUenois.

L' pus \eune di à sen père ed li donner

(Parabole de l'Enf. prod. )

Efon, s. m. — Prononciation du mot enfant. Egayir, v. int. — Se réjouir :

C'est i pont eine raison ed nous égayir à-mort.

(Enf. prod.)

Egue, pour que ou qui. — Mon fin ègue v là : mon fils qui est là ou que voilà.

Ein, pron. — Un : Ein homme, eme femme. Eine. — Suffixe pour ine : fameine, etc. El pour le, par transposition. — Doubelment, etc. El pour eil. — Velle, candelle, etc.

'r'iavé (Hareng). — Qui a perdu son brillant ou une ie de ses écailles, ingue, s. m. — Poisson : le lingue, genre morue.

Elinguer, v. n. — Homme ou chose jetés à la mer par le vent ou la vague.

Elté-ye. — Suffixe pour auté : nouveltc-ye, belté-ye.

Em. — Préfixe : Se prononce comme s'il y avait eim ou in.

Em, pron. — Mon, ma.

Embarqué sans biscuit, loc. — Etre peu prévoyant.

En. — Préfixe et suffixe. — A le son qu'il prend clans e;znemi ou dansbi£?77. Enflure se prononce donc comme einïiure ; vent comme veint ; g-erts se prononce ■{eins ; il suffira d'en faire une fois la remarque, laquelle, du reste, s'applique aussi au patois boullenois.

En pour on avec la prononciation d'fn. — Men. ten et sen, etc., pour an : dens pour dans, etc.

Enbanqué (Eté). — Etre arrivé sur les lieux de pêche.

Encalminé (Eté). — Se dit d'un bateau c^ui ne peut avancer faute de vent.

Encleume. — Terme d'astronomie.

Quand encleume et bigorne apparaistent aux cieux, I soiiffelra du vent à décorner ces beus.

(Dicton.)

Eufléçure, s. f — Enfléchure.

Engouzure d' eine poulie. — Ouverture.

Enguelterre, n. p. -- Angleterre.

Enguernaze, s. m, — Engrenage.

Enguerné, adj. — Engrené: Se dit d'un bateau qui commence à entrer dans le port.

Enquihénois ou Equihennois. — Qui est d"Equihen .

Ent. — P'inale des adverbes : Se prononce comme eint ou- in, ainsi qu'il a été dit pour en. Seulmin. con-

tenfmin, mais l'étymologie exige que l'on écrive : Seulement, contentement, etc.

Enter. — Pour entre : Enterprende, enter oaillé.

Euterbouque, s. m. — Engin de pêche.

Epinoque. — Etat du crabe lorsqu'il est prêt à perdre sa carapace.

Equ'. — Pour que ;

Laisse m éqii \é V rattaque.

[Poésies d'AiTAZiN.)

Eque. — Pour ecte : Architèque, insèc^ue, suspèque.

Equinié, adj. subst. — Qui est grand et fort maigre.

Equipaze, s. m. — Equipage.

Erze. — Suffixe pour erge : Verze, vierze, cierze.

Es. — Pour se ou sa : Es' madone.

Es'n — Pour son :

Aveuc es' n homme S'a coiicey' dins sen lit.

{Poésies d'AiiTAZiN.)

Escope ou écope, s. f. — Sorte de pelle qui sert à ramasser les harengs.

Esnard, — Ficelle seixant à attacher les filets à la fincelle.

Espérer. — Au lieu d'attendre : Z' vous espère ci' auis V matin-jye à la halle.

Esse. — Suffixe pour este : Celesse, funesse, mo- ' 'sse, resse, etc.

Esse. — Suffixe pour estre : Orchesse, trimesse.

. 'stée-ye. — Jetée : Os allons l'amarrer sur V estée-ye. . ('.:".ant d' bas (L'). — Nom donné à celui qui- a le n'i-.Nis péché et le moins gagné.

Etapoio, s. m. ~ Qui est dlùapics, que les marins prononcent Etapes.

Etau d' ramon, s. m. — Celui qui n"a aucune initiative, qu'il faut pousser partout où on \eut l'avoir.

Eté. — Pour ettre et être : Prête, lette, etc.

Eté d' retour, loc. — Avoir gagné trop peu pour compenser les frais de nourriture et d'armement.

Eté vent dessus, vent dedans, loc— Etre ivre (Tiret).

Eteindre. — Ce verbe, aux tempsoù le g vient modifier les finales en français, éteignais, éteignons fait éteindois, éteindons, en patois marin comme en boullenois. Même observation pour les verbes en eindre en général.

Etiômes, du verbe être. — Etions. Le patois boullenois dit e7/é/7i<?5. A l'indicatif, étumes^ le boullenois dit, étêmes. A la troisième personne de. l'impératif, les marins disent étoittent, comme les paysans.

Etomhi d' Maroc, s. m. ~ Hébété.

Etoupeuse, s. f. — ■ Femme qui défait les vieux cordages pour en faire des étoupes.

Etranguelment, s. m. — Prononcez Etranguelmin, étranglement. Partout où gle se rencontre il se durcit en guel. Nous l'avons vu dans le mot Enguelterre, Ongle fait ongue, par la même règle.

Eul pour euîl. — Suffixe : Deul, ccuel, oeul, etc.

Eume. — Suffixe pour urne et omme : pleume, peume.

Eu-we, son de Veu. — Suffixe prononcé en traînant : Fleu-we, caveu-V\^e, queiî-we, voeuwe. Même son dans fiieu-we au lieu de filleul. Ce son existe également en boullenois.

Eve pour èvre. — Suffixe : Lève, miève, etc.

Eventer sen perroquet d' fougue, loc— Etreà l'agonie.

Excescament (prononcer eqcécamin). — Excessivement. C'est le môme mot que le an n sait camen des paysans {je ne sais combien)^ mais les marins le rapprochent du mot excessivement.

Exque. — Suffixe pour exte et exe : Pretexque, sexque, etc.

Ez, pron. — Je devant une consonne : E:{ sus ma- Jîée-ye.

Eze= — Suffixe pour ège et eige : Cortèze, nèze, etc.

Fahiusse ou/ajrusse, s. m. — Fête, avec repas, donnée par le maître à son équipage avant de partir pour une longue pêche. On fait aussi fahiusse avec les par dessus r bord.

Faire côte. — Echouer ; au figui-é, être ruiné.

Faire équipaze. — Armer un bateau, réunir les compagnons nécessaires.

Falize, s. f. — Falaise. Ce mot,, employé par les Portelois, est ainsi écrit dans les vieux terriers.

Fauque, s. m. — Poisson qui suit les harengs.

Fécanais. — Qui est de Fécamp.

Feume. — Prononciation du mot femme.

Feumes' pipe (Un). — Sur les navires de l'Etat on désigne ainsi les matelots boulonnais depuis peu d'années; ce nom, dit-on, vient de la réponse fréquente faite par les Boulnois interrogés sur l'absence d'un camarade : i feume s' pipe. Autrefois on appelait le servicier boulnois, un :{ean de Boulone.

Feu pour /m. — Préfixe : Feumer, feumier.

Fiabe, adj. — Digne de confiance : il est fiabe. Fiate, s. f. — Confiance, foi. /' g' na'pont d'Jîate ù y avoir.

Ficer, v. a. — Donner.

Fair gramment d'' train-ye, s'engueuler, s' fie' des

[^trempes.

[Poésies d'Altazin.)

Fiçu, s. m. — Fichu, mouchoir de cou.

■ Fiçu, ad. — Méchant, désagréable : Que fiçu guignon.

Fiève ed ces crapes. — Poumons qui se présentent en petites branches à l'intérieur de ce mollusque ; ainsi . nommés parce qu'on croit qu'ils rendent malades ceux qui les mangent.

Figure à vent debout, loc. — Figure désagréable. Il y a aussi figure ed maquériau, figure ed macaque, figure ed marsoin, ed singe, ed cien, etc., etc. On va 5' taire, cevalier d' la grippe, figure d' maquériamve resté-ye à fond d'cale. (Duchesse de Boulognestein.)

Filer eine bouée ed longueur, loc— F'arler longtemps sans s'arrêter.

Filer son cabe, loc. — Mourir.

Fincelle, s. f. — Corde sur laquelle les filets sont montés.

Flaquer eine mourue. — La fendre dans toute sa longueur, ta mettre à plat et la saler.

Flauwe (Vent). — Vent flatueux.

Flinguer ein maquériauwe. — Luiretirer les intestins par la gorge, sans le fendre.

Foc, s. m. — Voile. Payer ses dettes en hissant V grand foc, loc. — Partir sans payer.

Foie-blanc. — On dit dïm mari plusieurs fois veuf, et d'une femme dans le même cas, qu'ils ont ï foie blanc, ce qui fait mourir leurs conjoints.

Foirain (Vent). — Vent du sud.

Fond d' dix-huit pieds.— Nom populaire d'une partie de la Liane en sa plus grande profondeur, à l'arrièreport.

Forcir, v. m. — Augmenter. Il commence à Jorcir dit-on d'un esfant qui se fortifie.

Fouronner, v. a. — Chercher en mettant tout en désordre. C'est le mot fourgonner adouci.

Fraïaison, s. f.— Epoque où le poisson perd sa laite où sa rogue.

Fraice, adj. — Frais, humide. I fait fraiçe ; s'emploie enco're pour fraîche dans le sens français.

Em' v'ia fraîce ! loc. — Signifie me voilà bien lotie, bien embarrassée.

Fraicit (/). '— Le temps commence à devenir froid.

Frérot, s. m. — Petit frère.

Frise (L' mer). — Elle moutonne, elle se ride, elle commence à avoir un peu de houle.

Fruquer 1' warrat. — Va fruquer ten warrat, répondent les jeunes matelottes à l'infidèle qui, abandonnant la fille qu'il a rendu mère, veut s'adresser à une autre. Cela veut dire: Va soigner ton bâtard.

G doux est remplacé par z dans la prononciation des matelots. — Zeorge; :{éant ; \igot^ :iilet, etc.

Gahouache, ad. — Un maquereau est gahouache quand on lui a retiré la peau pour en faire de Yacq.

Gaine, s. f. — Chance. Ah! c cadet-là que gaine qii'il a ! — Opposé de guignon.

Gainée-ye, s. f. — Ensemble de poissons petits ou communs que le patron abandonne à son équipage et que les hommes vendent à leur profit. Quand ils ont reçu leur gainée-ye ils vont ensemble en boire le montant au cabaret.

Galet, s. m. — Canot pilote.

Galoupiot, s. m. — Gamin, galoubi.

Gambillier (prononcer Gambïer). — Marcher sur un cordage.

Gandoufe (Saint). — Prononciation de St-Gendulphe.

Garaze, s. m. — Lieu où se placent à quai les bateaux pour ne pas gêner la navigation dans un port. S' mette en garage.

Garelles (Jeu de). — Jeu d'osselets fort en usage parmi les jeunes matelottes. Il y a un excellent tableau d'A. Delacroix, lithographie pour la Société des Amis des Arts, représentant des fillettes de la Burière jouant aux garelles.

Gartier, s. m. — Corde qu'on enroule autour d'une voile lorsqu'elle est pliée le long d'un mât. .

Gartiers, s. m. — Jarretière. Deux tendances sont à observer dans le langaie dé V Burière. En certaines occasions les mots sont prononcés à la boulnoise, alors on ne :{ure pas. On dit capiau, déquirer, déquerquer. Le purement n'a lieu que pour les mots prononcés à la française, avec adoucissement : Çapeaii, \aretière^ décirer, déçarzer, etc.

Gatte ed Douve (Lieu-dit). — Certain endroit de la mer, près de Douvres, où l'on pêche beaucoup de harengs.

Gazer, v. a. — Gager.

Gazou, s. m. — Qui bredouille en parlant.

Glène, s. f. — Paquet de filets. Le hâle-à-bord ne sélongeait pas assez rapidement parce que la glène s'embrouillait de temps en temps. (Rapport du capitaine Tiret.)

Glène du Porté, s. f. — Grisard, oiseau de mer.

Gna. — Prononciation de il n'y a : Gna pus qu' pour euives, tant qui s'ront là. — Gna pus que pour li.

Gobans ou Mingettes, adj. — Etat des maquereaux qui, étant pris dans des filets, ont été à moitié dévorés par d'autres poissons.

Gobelette, s. f. — Petit bateau.

Gomme, s. f. — Houle. / a dé V gomme .' il y a des brisants : se dit d'une mer houleuse, agitée et qui se brise sur un obstacle. / a toujours dé V gomme au bout dé r Restée.

Grain-ye {Velle au), loc. — Méfie-toi.

Grappin d' sus (Mett' 1'). — Arrêter.

Graune, adj. — Grande. I va graune mer.

Greuille, s. f. — Une ^reuille, c'est la réunion de vingt à trente merlans, plus ou moins, enfilés au moyen d'une ficelle.

Gri, s. m. — Gril et griffe.

Gros-bonnet, s. m. — ^ Un chef de la marine.

Gros-zius, s. m. — Gros hameçons.

Groumer, v. int. — Murmurer.

Groumeur, adj. — Qui murmure.

Guer pour ger. — Guerlots, guernier, etc. L' guernadier (sobriquet), etc.

Gueulard, s. m. — Porte-voix (Tiret).

Gueule ed sayot. — Se dit de celui ou de celle qui ont une grande bouche. Sayot, seau.

Gueule ed... n'importe quoi. — Fait partie du vocabulaire poissard le plus usuel : Gueule ed congue, etc. Guïonriant (C'est). — Quelle malchance ! Guine (S'en donner eine). — Se saouler.

Habiller 1' pisson. — Oter les intestins, nettoyer le poisson pour le faire cuire.

Hamilles, s. m. — Très petits poissons servant d'amorces. « On ne sçait si c'est à la sécheresse qu'il faut attribuer la quantité d'hamilles qu'on a vu sur la coste cette année 1765. » (Cavillier).

Hautur, s. m. — Colline élevée au fond de la mer.

Hazardir, v. int. — Hasarder. Nous avons déjà rencontré la finale en ir au lieu de er dans égàyir ei forcir.

HénOîl, s. m. — Petit coquillage bivalve qu'on trouve à Etaples. Les armoiries de cette ville portent trois hé7îoiis.

Herenguison, s. f. — Harengaison, saison où l'on prend le hareng; campagne de pèche commençant vers juin pour finir au mois de mars suivant.

Hérengueux, s. m. — Bateau qui fait la pèche du hareng.

Hérens baisés. — Collés ou trop rapprochés, qui ne sont salés ou fumés que d'un seul côté.

Hérens vierzes, s. m. — Qui n'ont pas encore frayé.

Hérens brûlés. — Qui ont reçu un coup de feu dans la corresse.

Hérens bouvards. — Etat des harengs lorsqu'ils perdent leur rogue ou laite:

Hérens d' eine nuit. — Pris dans les vingt-quatre heures précédant le jour de vente.

HéreilS pleins. — Qui ont encore leur laite ou leur rogue.

Hérens ! liécens frais ! — Cri de vente.

Hérens ! hérens saurs là où ! — Cri de vente.

Homme ed Los. — Lorsque le minimum d'équipage était obligatoire sous le régime du décret de 1852, les £'?a/JO/^ prenaient souvent un paysan pour faire nombre et cet auxiliaire était appelé un homme ed bos.

Houlier les barils. — Calfater les barils pour qu'ils ne puissent couler à fond. Corruption du mot huiler.

Hôtage de pêcho. — L'hôtage de pêche est la même chose que l'écorage. L'hôte de pêche est l'armateur d'un bateau. Il est question de Vhôtage et des hôtes de pêche dans les Coutuvies de Boulogne rédigées en 1550. Lors des ventes de harengs, l'usage s'est perpétué de libeller ainsi les déclarations : Bateau n", patron, un tel ; hôte, monsieur un tel.

Houler, v. a, — xMaltraiter.

Huaise, s. m. — Corde de manne. Un huaise en passementerie distingue la manne d'une dame de bateau. Un biau huaise est une coquetterie.

Huite, s. f. — Huître. Il y a cette singularité que les matelottes d'Etaples disent : Eine-\huite et dé huites. Le cri de vente est : ^' huitreau-au !

I. Pron. pour // devant une consonne. — I lu n'ien faujpe ! Il leur en faut.

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