IÔ
ses, citons, outre « des paraphrases approuvées de la Sainte Ecriture, V Introduction à ta vie dévote du bienheureux évêque de Genève1, ses autres œuvres, limitation de Jésus-Christ, Grenade -, du Pont 3, la Perfection chrétienne de Rodriguez 4, la Vie des Saints, la Vie des Ermites et de quelques saintes religieuses, les Méditations du P. Bourgouin de l'Oratoire 5, la Vie de J.-C,, du P. de Montreuil, les œuvres de sainte Thérèse, surtout le Combat chrétien, composé par un P. ïhéatin et que l'on trouve toujours nouveau... Il y a des montagnes et des rivières qui nous séparent, mais ceux qui s'aiment en J.-C. sont toujours proches ».
La jeune abbesse aurait pu tirer un certain parti des conseils du jeune évêque. Mais on sait qu'elle n'en profita guère, commit de nombreuses excentricités et finit par être, sur l'ordre du Parlement, enfermée dans une communauté G. La lettre de Godeau, disait Tisserand, est un véritable traité pour ce qui regarde la confession, la communion, la prédication, les conférences spirituelles, la méditation, les lectures, les austérités, les exercices de la journée. Il insiste sur ce que l'évêque de Grasse qualifiait de « ridicule, pour ne pas dire abominable, l'équipage » des supérieures d'alors qui pensaient « que, pour faire les abbesses, il faut qu'elles soient toujours assises dans une grande chaise, parlent à leurs religieuses comme à des laquais, aient leur table, leur
i. François de Sales, mort en 1622. Son Introduction avait paru pour la première fois en 1608. Il ne fut béatifié par Alexandre VII qu'en 1661.
2. Louis de Grenade, dominicain espagnol, mort en i588, avait notamment écrit La Guide des pécheurs qui, publiée en 1670, fut traduite de l'espagnol en français et eut un vif succès au xvne s.
3. Louis de la Puente (en latin de Ponte), jésuite espagnol, mort en 1624, avait composé en particulier des œuvres d'un ascétisme sain et élevé, dont les principaux avaient été traduits de l'espagnol en français par l'avocat René Gaultier. Il a été béatifié par Clément XIII en 1759.
4. Alfonso Rodriguez, jésuite espagnol, mort en 1616, avait publié en 161 4 cet ouvrage ascétique qu'on a parfois comparé à l'Imitation.
5. Le P. François Bourgoing, qui fut général de l'Oratoire en i64i et -mourut en 1662. Bossuet a prononcé son oraison funèbre.
t>. Elle mourut en 1669.
chambre, leur promenoir à part, et des filles que l'on nomme Les filles de Madame » .
Godeau avait visité Grasse de février à mai i638. L'année ne s'acheva- pas sans qu'il commençât l'inspection de son diocèse. En septembre et octobre, débarrassé de la crainte qu'il avait eue, nous le verrons, à l'idée que les Espagnols pouvaient attaquer nos côtes provençales, il parcourut une douzaine de ses villages '.
Le 5 septembre \ il se rend à Biot, accompagné du cabiscol et du grand vicaire, qui le suivent dans le reste de sa tournée. Arrivé à la chapelle Saint-Sébastien, il met ses habits pontificaux, est reçu par le prieur, dit la messe et descend chez le prieur. L'après-midi, il fait l'absoute, visite le Saint Sacrement qu'il trouve « dans un beau tabernacle de bois doré », autorise un particulier qui bâtissait une chapelle « au sud de l'église contre le clocher et la sacristie » à y avoir sa sépulture, mais demande qu'on peigne dans cette chapelle les images des saints Maur, Grépin et Glaude ; puis il permet à un notaire, Antoine Flour, de construire une chapelle de N.-D. du-Rosaire dans l'église, mais demande que le retable représente l'événement qui avait frappé Godeau, « le roi à genoux aux pieds de la Vierge et lui offrant sa couronne » 3.
Le ii, Godeau va à Gourdon, est reçu par le vicaire, descend « au château et maison seigneuriale », constate qu'une des chapelles du terroir, sous le titre de saint Vincent, est ruinée et qu'il n'en reste que les murailles, demande qu'elle soit réparée et qu'on y mette un retable représentant le saint.
Le 12, il se rend à Cipières 4, s'habille à la chapelle des Pénitents blancs, Saint-Bernardin, est reçu par le vicaire, Frédéric de Villeneuve, demande que les reliques soient
i. Ev. de Gr., i .o35.
a. Le jour où le futur Louis \IV naissait à Saint-(iermain-en-La\c 3. Voir p. ia3.
4 L'y accompagne en outre « le K P. messire Claude Arnaud, prêtre de rOratoire. notre aumônier ».
tenues dans une armoire spéciale, non avec les Saintes Espèces, et fait fermer « le reliquaire où il y a du lait de la Sainte Vierge1 et le bras où il y a des reliques de saint Mayol, sous le titre de qui était l'église ».
Le i4, il va2 à Caussols, est reçu par l'économe du chapitre, et constate que la chapelle est « en pauvre état a ; puis à Saint-Vallier. A la chapelle Saint-Roch, il s'habille, est reçu par le prévôt et l'économe du chapitre qui était « prieur et seigneur » de Saint-Vallier, interdit la chapelle rurale de sainte Brigitte jusqu'à ce que des réparations y soient faites, et loge « au château maison claustrale ».
Le 16, Godeau se rend à Saint-Césaire, s'habille à la chapelle Saint-Antoine, est reçu par l'économe et loge chez le seigneur de Saint-Césaire, Claude de Grasse 3.
Le 17, il va à la chapelle du Tignet et note que le prieur était Jean de Grasse, de la maison de Cabris '\ puis à Cabris 5. A la chapelle Saint-Sébastien, il est reçu « par Alexandre de Grasse, sieur de Laval et Cabris G, Madame sa mère 7, Honoré de Villeneuve, écuyer de Tourettes 8 », etc., note que « le prieuré, tenu et possédé par Jean de Villeneuve, est sous le titre de N.-D. et saint Pandoise », et ne s'étonne pas de la
1. 37 églises prétendent encore en posséder (Jean de Bonnefon, Journal du 10 déc. 1903). C'est de la poussière ou du salpêtre d'une grotte au S. de Bethléem (F. de Mély, Rev. arch. de 1890). Saint Bernardin de Sienne a blâmé ceux qui y voyaient autre chose.