‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 140 sur 192 · Ibid., i.o · texte numérisé non relu

Ibid., i.o

5. L'accompagnent le chanoine Jacq. Cavaleri, Henri Bérard, « prêtrede l'Oratoire de Jésus », Georges Jafeux, « notre aumônier ».

Sébastien, est reçu par le prieur, descend à la maison claustrale et demande que les reliques soient tenues dans un seul reliquaire. Le 29, à la chapelle de N.-D. du Brusc « au ter roir de Ghâteauneuf dépendant du prieuré d'Opio », puis, avec le sieur de Châteuil *, à Opio, dont le prieur était Jean de Villeneuve : Godeau demande que le retable ait l'image de saint Trophime et constate que la chapelle rurale Saint- Pierre est démolie. Le 3o, il se rend au Bar, s'habille à la chapelle des Blancs, est reçu par le prieur, note que l'église paroissiale a « deux annexes : N.-D. de Golomnia et Saint-Jean-entre-deux-eaux », ordonne que « du reliquaire d'argent en forme de pyramide >v il soit fait un ciboire, et loge à la maison claustrale. Il rentra de là, je crois, à Grasse.

Revenons aux lettres de Chapelain. « Le prélat dont vous me parlez, n'est pas sage », écrit-il à Godeau le 23 septembre. Ce qui prouve qu'il s'agit de Zamet, qui venait, nous l'avons dit, de faire remettre à Richelieu un mémoire contre Saint-Cyran2, c'est qu'il ajoute : « Quand je ne l'aurais pas reconnu, il y a deux ans, en plus d'une circonstance, cette dernière où il s'est rendu dénonciateur contre un des plus hommes de bien de ce siècle, me ferait dire hardiment qu'il n'a pas au moins la cervelle bien faite » 3.

Le 1/4 octobre, Chapelain ne lui parle plus de ces affaires d'où il devait sortir de si graves difficultés, mais seulement des travaux littéraires de Godeau. « Nous avons revu », lui écrit- il, « exactement tant les corrections que vous avez faites de vos Œuvres chrétiennes ' que les nouveaux ouvrages que vous avez envoyés à vos amis... Je me réjouis de la non

1. Il avait, en 1 635, le commandement des troupes de la côte qui n'em- [xVln'rnnt pas les Espagnols de prendre 1rs îles de Lérins en septembre. ■>.. Voir p. 1 98 o\ M'"».

:\. Hermanl dit H, p. 89) que lo procureur général Mole fit l'impossible, mais en vain, pour lutin contre les attaques do Zamoi et défendre Saint Cyran. Perrena assure que Zamel semble avoir ét4 supérieur à l'appréciation que 1rs .unis de Port-Royal h Sainte Beuve oui donnée de lui (Rev. hist., 11. p. a65).

', Nous verrons que la seconde partie des Œuvre$ chrétiennes no parut

qu'on tfi'ji.

velle tâche que vous me promettez dans la révision du poème de Y Assomption que j'apprends qui est fort avancé » *.

Le 21, Chapelain lui écrit : « Je me réjouis de ce que votre nouveau poème 2 est si avancé... Tout le monde demande pourquoi vous n'avez pas fait de cantique sur la naissance de notre jeune prince, et l'on dit que c'est aussi bien une matière épiscopale qu'elle le fut, il y a un peu plus de 3o ans, pour M. Bertaut qui était un plus vieux évêque que vous ».

Agé de 55 ans — et Godeau n'en avait, en octobre i638. que 33 — Bertaut (mort en 1611) avait chanté, dit Tamizey de Larroque, la naissance du frère cadet de Louis XIII, Gaston. Il était premier aumônier de Marie de Médicis, abbé d'Aunay et évêque de Séez. Il a laissé notamment une oraison funèbre de Henri IV. Ses poésies ont eu des admirateurs 3, malgré « les étranges chaleurs » qu'on y sent ; il s'est livré à la galanterie, a cultivé les pointes, n'a eu « rien d'admirable, mais rien non plus de déplaisant dans sa vie et son caractère », et a prodigué un flot de poésies dont on a pu dire qu'il est « assez innocent en soi, bien qu'on s'étonne un peu de le voir si librement couler d'une plume épiscopale » 4.

L'éditeur des Lettres de Chapelain signale à ce sujet que Balzac avait écrit à celui-ci : « Je ne doute point que M. de Grasse n'entonne quelque admirable cantique à l'ombre de ses orangers », et que Chapelain lui avait répondu le 16 ; « Autant que je puis juger de M. de Grasse, il ne chantera point en cette occasion ». D'où la lettre qu'il envoya le 21 à notre évêque et qui, on le verra plus loin, donna quelque inquiétude à Godeau. Celui-ci était, semble-t il, détourné alors de la poésie par l'hagiographie et donnait l'hospitalité à l'un de ses collègues, dont le diocèse touchait le sien.

1. L'Assomption parut dans la seconde partie des Œuv. chrét. de Godeau.

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