Ibid., n° 3i, Tisserand la date de février (God.,p
tre à Henri A.rnauld sur le même sujet l. « Depuis deux ans», dit notre évêque à l'abbé de Saint-Nicolas, « vous avez pleuré une belle-sœur2, un cousin, un frère, un neveu qui ne laisse pas d'être mort quoiqu'il soit en vie. Vous avez pensé perdre un allié devant Thionville 3... J.-C. est un divin jardinier, mais il ne sème point de roses dans le jardin de son épouse, où elles sont toutes environnées d'épines ; elles tirent leur pourpre du sang de ceux qui les cueillent. Il y coule des fontaines qui les arrosent, elles ont la pureté du cristal et l'amertume de l'absinthe. Les pommes qui croissent au bord d'un lac infâme, cachent de la cendre sous une peau fleurie, et celles qui naissent sur le Calvaire, couvrent des fleurs et du miel sous une peau de cendre ».
Le 29, Chapelain l'informe que l'Académie avait retenu la veuve de Camusat 4 comme libraire de la Compagnie :l et l'avait préférée à Cramoisy. « J'ai fait tenir votre paquet à iM. d'Alet », c'est-à dire au célèbre Nicolas Pavillon, qui venait d'être nommé évêque de cette ville en 1637.
Les événements que Chapelain, et aussi, croyons-nous, Godeau redoutaient, se produisirent de l'autre côté de la frontière, surtout sur l'autre rive du Var 6. Le prince Thomas s'était avancé en Piémont à la tête des troupes du marquis de Leganez : il prend Chivasso et Verrue, s'empare de Turin à l'improviste, force la régente à s'enfermer dans la citadelle, puis lui permet de sortir, si bien qu'elle rejoint son fils en Savoie et s'enferme dans la citadelle de Montmélian.
Quant au cardinal Maurice, il se rend dans le comté de Nice, où la majeure partiedes habitants était hostile à Madame