‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 177 sur 192 · Ou contre un plus considérable · texte numérisé non relu

Ou contre un plus considérable

5. Godeau, Lett., 36 (n° 3a de la table de T., God., p. 343).

femme est pauvre, dure comme des rochers, rude, incivile, mélancolique1... mais il la faut aimer... et croire que l'époux a beaucoup plus de mauvaises qualités ». Godeau explique à Chapelain ce que furent ses dispositions quand il avait accepté Grasse, et ce qu'est sa ferme volonté de garder cet évêché. « Il court à Paris le bruit que je traite avec un conseiller au Parlement pour changer mon évêché contre des bénéfices simples. Ce commerce est loin de ma pensée... Il y avait huit jours que j'étais prêtre, quand S. Em. me fit l'honneur de me proposer à S. M. ...2 M'étant depuis trois ans rendu ermite dans Paris.., 3 j'ai baissé le çou sous une charge où j'ai trouvé plus d'épines que de fleurs d'oranges, bien que je sois au pays d'où on vous les porte... Un grand serviteur de Dieu, par la direction duquel je me conduisais, me dit 4 que j'étais obligé d'accepter, considérant le petit revenu de l'évêché, l'éloignement de mes parents et amis, la rudesse de ceux avec qui j'allais vivre, la privation de tout ce que la nature souhaite... Mon diocèse n'a que 16 paroisses assez bien réglées .s... jugez si je ne dois pas aimer mon désert, mes rochers, mes épines » •. Ainsi Godeau juge sa pauvreté « plus douce que l'attente d'une abbaye du faubourg Saint-Germain. J'ai toujours considéré Grasse comme une retraite fleurie de jasmins et couronnée d'orangers. J'aime mieux y vivre de ma frugalité honnête que de vivre à Paris dans une abondance heureuse. Mes parents et mes amis me tentent, je l'avoue, de me retirer à Paris »). Mais il résiste, préfère u un petit évêché au bord

i. C'est ainsi, dit Tisserand, que P. du Vair avait refusé de quitter Vence pour Lisieux ou .Marseille : « J'ai épousé une femme pauvre et ne la quitterai pas pour une plus riche » (God.> p. 73).

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