Hermant, Mèm., éd. Gazier, t. I, 1905, p
La lettre de Richelieu au roi semble prouver que, le 19 mai, il ne songeait pas à offrir Févêché de Grasse à Godeau. Louis XIII répondit de Fontainebleau le 21 qu'il ne s'engagerait pas pour cet évêché, qu'il n'eût l'avis du cardinal l.
Godeau la-t-il sollicité ? Oui, si nous en croyons Tallemant des Réaux. « L'évêché de Grasse ayant vaqué, il le demanda. Le cardinal ne voulait pas qu'il le prit : c'était trop peu de chose : il ne vaut que 4ooo liv. Il y joignit Vence, de 6.000 liv., dès qu'il le put, avec une pension de 2.000 sur Cahors » 2. Tisserand invente et placeau 16 mai i636 une « entrevue » entre Richelieu et Godeau, relative à Grasse3 ; M. Gognet constate que le cardinal ne s'occupa de cet évêché que le 19. Quant à Tallemant, s'il a collectionné de curieuses anecdotes, c'est, comme dit Sainte-Beuve, non un menteur, mais un homme qui médit à cœur joie. Nous allons voir que Godeau voulut refuser l'évêché de Grasse.
À la fin de mai, — non pas dès le \f\, comme on l'a écrit à tort, — Richelieu le lui offrit par l'intermédiaire du comte de Ghavigny '*.
Rappelons tout d'abord ce qu'était ce personnage avec qui Godeau eut des rapports fréquents, ainsi qu'on le verra dans la suite de notre récit.
Gluude Bouthillier, seigneur de Fouilletourte. Pont-sur- Seine, etc., qui mourut le i3 mars i65'2, était un des agents de Richelieu ; conseiller d'Etat en 1629, secrétaire d'Etat, surintendant des finances en 1 632, il fut l'un des exécuteurs testamentaires du cardinal, à la mort de qui Anne d'Autriche le disgracia. On le considérait comme ennemi des cabales et comme conciliant '. Son fils Léon, né en 1608, fut conseil