‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 63 sur 192 · Peiresc, Corr. avec les frères Dapuy, tom. III, p. a · texte numérisé non relu

Peiresc, Corr. avec les frères Dapuy, tom. III, p. a

grand aumônier de la première femme de Henri IV, la reine Marguerite de Valois '. Or, cette union de Grasse et de Vence, réalisée, sinon deux fois, au moins une fois, à la fin du xvi" siècle, au profit de Guillaume Le Blanc, fut réalisée de nouveau au profit de Godeau, mais, on le verra, ne put durer même jusqu'à sa mort.

On disait même qu'en i432, sous Eugène IV, on avait songé à unir le diocèse de Vence et celui de Senez.

Une des curiosités du diocèse de Grasse est qu'il contenait une enclave. A la suite de circonstances sur lesquelles nous ne pouvons ici du moins nous étendre, Antibes, depuis que Tévêché en avait été enlevé par Innocent IV en ii[\l\ et transféré à Grasse, était une vicairie apostolique et relevait directement de Rome, C'est ainsi que de nos jours la principauté de Monaco forme, non pas, il est vrai, une simple vicairie apostolique, mais un vrai diocèse et relève directement du Saint-Siège, sans avoir l'archevêque de Gênes ou celui d'Aix pour métropolitain. Le titulaire de la vicairie apostolique d' Antibes était, au moment où Godeau devint évêquede Grasse, un de ses prédécesseurs, ce Jean de Grasse- Cabris dont nous venons de dire quelques mots. Tonsuré le 17 mars 1612a Aix par l'évêque de liiez, Charles de Saint- Sixte, à qui l'archevêque avait permis de conférer les ordres2, il avait été nommé évêque de Grasse :j après la mort d'Etienne de Boucicaut ; il avait reçu ses bulles, mais non les ordres ; pendant quelque temps, il avait joui des revenus ; il avait même pris part à l'assemblée générale du clergé qui se tint à Poitiers en 1628, « ce qui fut trouvé d'un fort mauvais exemple », dit un catalogue manuscrit des évêquesde Grasse4.

1. Boucicaut avait obtenu ses bulles le %!\ mars i6o4 et avait été sacré, dans la cathédrale de Grasse, le .'^o mai suivant, par l'évêque de Nice, Marlinengo, qu'assistaient celui de Vence (du Vair) et celui de Senez (Martin).

-. Bv <>> '/'".. 35, fol.

1 Nommé presque en fan 1 », dit Sénequiei Grasse^ 3 édit., ig p. 74).

\. /•>. dr (jr., 2.

Seigneur de Cabris et de Laval, abbé commendataire du Thoronet, il échangea en 1628 l'évêché de Grasse avec Jean Guérin * contre l'abbaye de l'Enfourchure - et résigna en juin i635 le prieuré du Tignet par concordat à l'un des chanoines de Grasse. Il devint plus tard, en i656, abbé de Nogentsous-Coucy. Pierre de Camelin, évêque de Fréjus, qui mourut le 4 février i654, songea, dans les derniers temps de sa vie, on l'a vu, à le prendre comme coadjuteur3. Tel était le personnage qu'Antibes avait comme vicaire apostolique.

Dans le diocèse, dit le tome III de la Gallia (publié en 1720), il y avait un seul monastère, celui de Saint-Honorat, dans une des îles de Lérins. Il y en avait eu, dit Je même ouvrage, trois autres : deux de femmes, à Arluc, près de l'embouchure de la Siagne 4, et à Vallauris 5, et un d'hommes, à Valbonne 6. Le monastère de Lérins appartenait à l'ordre de saint Benoit et était rattaché à la congrégation du* Mont- Cassin 7.

Il comptait deux sortes d'abbés. Les uns étaient simplement commendataires. Tel le prince de Joinville, Charles de Lorraine, duc de Guise, qui avait eu le titre d'abbé de 161 1 à 161 2 et, l'ayant déposé, avait reçu l'île Sainte-Marguerite8.

1. J. Guérin, aumônier de Louis XIII, sacré en i63o, mourut à Grasse le 7 avril i632 ; Scipion de Villeneuve-Thorenc était son successeur.

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