P. Gh. Robert, Rev. des Soc. sav., 6e série, t. V
du climat de Vence, à la fertilité du sol en orangers, citronniers « et autres fruits délicieux ».
Vence était une ville encore plus modeste que Grasse. « juchée sur un promontoire rocheux, prise entre deux ravins », comme l'a décrite M. André Hallays qui signale en outré « ses murailles délabrées, ses tours chancelantes, ses vallons pleins de lumière et ses coteaux couverts d'oliviers, le spectacle des montagnes vraiment admirables qui l'entourent', ce soleil aux rayons duquel Godeau a réchauffé sa vieillesse, ce ciel provençal dont il a su jouir en poète et en frileux»2. Au sud. Saint-Paul, une des 22 vigueries de la Provence, la 9e par importance.
D'après un état du diocèse, dressé sous l'épiscopat de Godeau par un de ses vicaires-généraux, Esprit Arnoulx 3, léveque de Vence avait juridiction dans quelques villages4, d'autres droits dans certains 5, des censés au Ganadel près de Saint-Paul, une maison seigneuriale à Bezaudun 6.
Si petit était le diocèse de Vence que, nous le rappellerons dans ce qui suit, une bulle d'Alexandre VII, datée du 26 juin 1660, par laquelle Godeau, alors évêque de Vence seulement, et non plus de Grasse et de Vence, fut chargé d'administrer le diocèse d'Aix pendant l'absence du cardinal-archevêque, Jérôme de Grimaldi, et le voyage de celuici à Rome, parle du peu d'occupations que les ouailles de l'éveque de Vence donnaient à leur premier pasteur : « Occupationes tuas ob exiguum numerum non ita magnas » 7.
Le palais épiscopal de Vence était une maison insignifiante. De la cathédrale et de sa tour, je parlerai dans ce qui