CHAPITRE XII
Septième séjour de Godeau dans ses diocèses (1643, jusqu'à novembre)
Il était impossible que, après la mort du cardinal-ministre, Godeau ne célébrât point dans sa cathédrale de Grasse un service pour le repos de son âme. Une messe fut dite par lui, le 7 janvier 1 643, à ce que je crois d'après des documents dont il sera parlé plus loin1. Elle donna lieu à une vive querelle à propos des cierges qui y avaient brûlé. L'évêque ne prononça pas l'oraison funèbre de son protecteur, de qui Mme de Motteville, d'ailleurs si dévouée à Anne d'Autriche, devait écrire : « Ce fut le premier homme de son temps, et les siècles passés n'ont rien pour le surpasser ». L'historien de la Provence, Bouche, rappelle de son côté qu'après la mort « de ce grand cardinal, on ne vit jamais une si grande liberté d'écrire : on ne voyait par toute la France que des poésies, les unes à son honneur et gloire, les autres pour condamner sa conduite »> -. Quant à l'archevêque de Toulouse, Montchal, pour qui Richelieu avait été inflexible lors de l'Assemblée de i64i, il jugea le cardinal avec animosité dans ses Mémoires : « Le cardinal eut la main