Arch. des A. -M., Ev. de Vence
2. Ils avaient été déférés par lui à l'un des vicaires forains du chapitre, « M. le prévôt Rossignolis, lequel est suspect à la communauté de Gattières >). Rossignolisjigure parmi les prévôts du chapitre de Nice que le Gallia a cités : mais cet ouvrage ne le connaît que de nom et ignore quand il fut en exercice.
3. Celui-ci, probablement son parent, assista, en décembre 162 1, — avec Louis Du Chaîne, alors coadjuteur de Senez, — à l'assemblée généraledu clorgé tenue à Paris.
C'est donc de Paul Isnard, semble-t-il, que Godeau parle sous le nom de « M. Gourdolon ». Des fautes qu'il avait commises et que notre évêque prie Barcillon, ainsi que le chapitre de Vence, de punir, je ne sais rien.
Nous ignorons quel sens il faut donner à la phrase où Godeau, après avoir accusé réception dune lettre que J. Barcillon lui avait écrite, s'offre « de bon cœur à remplacer le tonneau de vin épandu pour ma résurrection ». Maintenant que je considère comme faux le millésime de i645, je ne puis dire, — ce que j'avais dit en publiant ce document, — que ce soit une allusion à un attentat auquel Godeau fut exposé et échappa, dit-on, à Vence, en février i645. La phrase rappelle en tout cas que notre académicien mitre avait été l'un des familiers de « la Chambre bleue d'Arthénice », que ses fonctions épiscopales ne l'empêchaient pas de rester en Provence, selon le mot de M. Bourgoin, « un fervent adorateur du noble Hôtel de Bambouillet », en d'autres termes et suivant l'expression de M. Faguet, c< le second des hommes d'esprit d'alors, puisque Voiture restait le premier. » Avaitil été malade en arrivant à Paris? et, à la nouvelle de sa guérison, «de sa résurrection », comme il dit, certains l'en avaientils félicité? lui avait-on écrit, selon la rhétorique du temps, que ses ouailles avaient alors, en quelque sorte, bu un vin d'honneur? Je l'ignore.
La lettre de Godeau à Barcillon parle d'une lettre que le chapitre de Vence lui avait envoyée. Mais où? à Grasse? à Paris ? Il n'en est point parlé dans les délibérations que le chapitre de Vence, — nous avons le registre de ses réunions, — a tenues, jene dirai plus, commedansmon premier travail, les 25 janvier et 4 février i645, mais bien de janvier i64o au 4 février i645.
Godeau parle ensuite de l'union des deux diocèses à laquelle le Saint-Siège n'avait pas encore acquiescé. C'est à ce propos qu'il écrit cette phrase si nette : « Je serai à Vence M. de Vence et à Grasse M. de Vence ». Outre ces mots caractéristiques, il prie J. Barcillon d'informer le chapitre vençois que tout se fera « suivant la bulle de Clément VIII » qui avait réglé l'union des deux diocèses au profit de Guill.
Le Blanc. Il accepta d'avance « telles clauses que MM. du chapitre voudront m'envoyer : saluez-les de ma part ». Son intention est d'apporter « la paix dans mes diocèses, et non pas le trouble, et chaque église demeurera dans sa prééminence sans confusion. Je vous en donne ma parole, et vous ferez voir cette lettre à MM. du chapitre et à MM. les consuls ». La lettre royale du i!\ août parla sur un ton plus impérieux, en attendant que Rome consentît à l'union.
Godeau entretient aussi Barcillon de l'archevêque d'Aix qui, on le sait, n'était le métropolitain ni de Grasse ni de Vence. Mgr Louis Bretel, qui occupait le siège depuis le ii janvier i632, mourut peu après, le 26 mars i64/i f. « Pour l'affaire des régales 2, j'écris à M. l'archevêque d'Aix3 le sentiment de M. de Toulon » 4.
Godeau dit encore : « Pour l'assemblée, je ne crois pas qu'il s'en fasse qu'en i6/j5 peut-être5 ». Il s'agit, on le devine, de l'assemblée générale du clergé de France qui, si la précédente s'était ouverte en i64o, devait s'ouvrir en i6A5: en raison de ce que la précédente, on l'a vu, ne s'était ouverte qu'en 16/41 et avait été houleuse, on pouvait se demander si elle aurait lieu en i645 ou i646. Nous verrons qu'elle s'ouvrit en i6^5 et que Godeau y représenta le premier ordre de la province d'Embrun, J. Barcillon le second. D'oùl'inté-
1. Son successeur fut le frère du cardinal Jules Mazarin, Michel Mazarin, qui fit son entrée à Aix le 3o octobre i645, reçut d'Innocent X, le 28 mars 1647, le titre de cardinal-prêtre au titre de Sainte-Cécile et mourut à Rome en septembre 1648.
2. Je ne sais ce dont il s'agit. Aucune des assemblées du clergé de Grasse ne s'est occupée de la régale.
3. Ceci prouve encorequela lettrede (iodeau ne peut être de février i645, puisqu'alors Bretel était mort et que son successeur n'était pas encore installé.
î\. Jacques Danès de Marly.
5. Si la lettre était du i5 février i645, Godeau ne pourrait parler ainsi, puisque, on le verra plus loin, le 20 mars i645, il présida l'assemblée du clergé du diocèse de Grasse, chargée de députer à l'Assemblée provinciale du ier avril : en février i645, à Paris, il n'aurait pas écrit peut-être ni en 164(5, mais cette année, et il se serait exprimé avec plus de certitude.
rêt de ce qu'écrit notre évêque : « Pour la députation » (à l'Assemblée dont il pensait qu'elle s'ouvrirait peut-être en 1 645), «je vous remercie de votre conduite. Mais il m'importe à cette heure que vous disiez que c'est une chose étrange que je n'y veuille point songer, quoique ce soit mon rang1 et que je le pusse emporter, et il est bon que M. Gassendi sache que vous tenez ce langage, afin qu'il le dise à M. le gouverneur » Nous avons vu quel prix Gassendi attachait, en i64i, à être agent du clergé, et qu'il n'avait pu arriver ni à l'être ni même à représenter le second ordre de la province d'Embrun 2.
Et cette date de i645, où «' peut-être » s'ouvrirait l'Assemblée générale du clergé, — si le roi ne la remettait pas à 1 646 en raison de ce que la précédente avait eu lieu, non en i64o, mais en i64i, — était si présente à l'esprit de Godeau que, après avoir signé sa lettre à Barcillon et écrit « à Paris, ce i5 fév. », il ne songea plus qu'il était en i644 et mit le millésime inexact de 1 645.
J'ajoute que cette lettre peut être plus ancienne. Godeau ne fut à Paris, nous l'avons vu, ni en i64i ni en 1642 ni en i643 ; mais il y était en février i64o. Or c'est le 20 décembre 1689 que le roi venait d'unir les deux diocèses par un brevet qui rappelait que Clément VIII les avait unis; d'autre part, c'est le 5 mars i64o que le roi remit à i645 l'Assemblée générale qui aurait dû se tenir en i64o et à Paris, et qui, lorsqu'il eut changé d'avis, fut fixée par lui le i4 décembre i64i et à Mantes. ïl se peut que la lettre a Barcillon soit du i5 février i64o, donc postérieure de deux semaines au brevet par lequel Louis XIII venait d'unir la vicairie apostolique d'Antibes à l'évêché de Grasse. Au bas de la lettre, on lit : « A M. Barcillon, grand-vicaire de Vence », et nous savons que, le 3 août i64o, Godeau donna à J. Barcillon, «grand-vicaire de Vence le siège vacant », le titre de « grand-vicaire et offi-