‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 181 sur 242 · On sait que Godeau était petit et laid · texte numérisé non relu

On sait que Godeau était petit et laid

Ces vers impertinents d'un rimeur vençois qui ne fut pas un grand poète montrent que certains habitants de Vence n'avaient pas le désir d'être agréables à l'évêque qui s'en retournait à Grasse. A quelle date ces rimes furent-elles composées ? je ne saurais le dire. L'usage qui est fait de deux textes de l'Ecriture, trahit-il la main d'un ecclésiastique ? Je ne l'affirme point. La gaucherie du français autorise à penser que l'auteur de ce petit poème « héroïque » parlait plutôt le dialecte de son pays. Faut-il le dater du séjour que Godeau aurait fait à Vence en février i645 ? Je ne sais.

M. Cognet, qui dit que Godeau a dû rencontrer Mlle de Scudéry, en i64o, dans le salon de Mme de Rambouillet, et que, dès 1 64 1 , nous les trouvons en correspondance régulière ', a omis de citer un curieux détail 2 qui prouve qu'en mars i645, on croyait voir arriver l'évêque à Paris. Les Scudéry l'attendaient « avec impatience » 3 ; un homme de qualité de Marseille4 les avertit qu'il est chez M. d'Aiglun ; ils y vont, trouvent un homme qui ne se lève pas pour les saluer, qui a « des bottes relevées, un justaucorps de chamois, un manteau d'écarlate, une épée d'argent, un chapeau gris et des plumes jaunes ; c'était un gentilhomme du pays de Grasse qui, de son propre nom. s'appelle M. de Grasse5. » Ce n'était pas notre évêque.

Le 20 mars i645, Godeau présida, dans la salle de l'évêché, la treizième assemblée du clergé de son diocèse de Grasse 6. Il dit qu'il avait reçu une lettre de l'archevêque

1. Témoin les lettres qu'il envoie à elle et à son frère Georges, le 16 août 164 1 .

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