G. n'en dit rien
5. Je renvoie à ce que j'ai dit de l'Assemblée provinciale d'Embrun fixée au 10 septembre i64a par Louis XIII, et de ce que Louis d'Hugues avait enduré.
Le ii juillet, l'archevêque d'Auch, Dominique de Vie, et Godeau furent nommés, avec les doyens de Rouen et d'Autun, pour entendre les plaintes des provinces. Le [\ septembre, notre évêque dit qu'il leur en était venu peu en mains. Bernage et lui furent chargés de remettre les mémoires aux commissaires. Il s'agissait notamment de surveiller les huguenots. Le i5 novembre, Godeau est un des commissaires chargés de dresser l'état des ministres qui s'étaient convertis. Le b décembre, une conférence eut lieu à ce sujet chez le duc d'Orléans, et le 19, Févêque de Séez, Camus de Pontcarré, dit à l'Assemblée qu'il était allé, avec Godeau et l'évêque de Chartres, Jacques Lescot, l'ancien confesseur de Richelieu, remercier Mazarin de ce que le cardinal-ministre faisait contre ceux de la R. P. R.
L'archevêque de Bordeaux, Henri d'Escoubleau de Sourdis, qui s'était signalé, en 1637, devant Lérins, mourut près de Paris, à Auteuil, le 18 juin l. A l'occasion du service pour le repos de son âme, qui fut célébré le 1/4 juillet, dans l'église des Grands-Augustins, devant les prélats de l'Assemblée, un incident surgit au sujet de la place qu'on assigna aux fauteuils des trois cardinaux présents à Paris, Mazarin2, Bichi 3 et Alph. de Richelieu4. L'Assemblée ne voulut pas qu'ils fussent sur une estrade, au milieu du chœur, en des places distinctes et leur fit sentir qu'elle désirait les voir,
1. Voir abbé L. Bertrand, Vie de Henri de Béthune, Paris, Picard, 1902, t. I, p. 238.
2. Jules Mazarin n'était pas prêtre. Son frère aîné Michel, dominicain, qui avait été général de son ordre et maître du Sacré Palais Apostolique, avait été nommé, en mai i645, archevêque d'Aix selon le désir de son frère qui écrivait, le 8 mai, au prince Henri de Gondé qu'il le proposait pour ce siège à cause des « traverses que les Espagnols lui donnèrent sans cesse » à Rome. Il séjourna peu à Aix, fut fait vice-roi de la Catalogne (alors française), devint cardinal-prêtre du titre de Sainte-Cécile le 28 mars 1647 e^ mourut à Rome le 4 septembre i648.
3. Evêque de Garpentras en septembre i63o, cardinal-prêtre de Sainte- Sabine en novembre i633, il mourut à Rome en mai 1657.
4. Archevêque de Lyon, cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts, chartreux .
selon l'usage, assis à la tête des députés. Mazarin et Bichi en furent froissés et ne parurent pas à la cérémonie. Richelieu ne semble pas s'être formalisé. L'évêque de Saint- Brieuc, Denis de La Barde, prononça l'oraison funèbre, puis le corps fut inhumé à Jouy-en-Josas, dans la chapelle du château qui appartenait au frère du prélat, le marquis de Sourdis '. Au sujet du froissement dont deux des cardinaux présents à Paris avaient donné la preuve, Godeau manifesta, dit M. l'abbé Cognet, « une opposition à peine dissimulée à l'endroit des pouvoirs et un violent dédain des prétentions des princes de l'Eglise ». — « Le clergé de France assiste en corps », écrivait-il à Balzac; « si MM. les Cardinaux n'y veulent point paraître membres en cette occasion, ils n'ont que faire de s'y trouver. Mais, je crois que leur pourpre ne perdra rien de son éclat en se mêlant à notre violet, et qu'il leur doit suffire de présider à ceux après lesquels autrefois ils signaient et étaient assis dans les conciles » 2.
C'était rappeler que les cardinaux sont, dans l'histoire de l'Eglise, d'une date plus récente que les évêques et que ceux-ci sont essentiellement les successeurs des Apôtres. L'évêque de Grasse déplorait « ce faux pas de la complaisance ». Les fauteuils avaient été d'abord placés à part ; on ne les avait pas enlevés immédiatement, on avait voulu cependant sauvegarder les usages : d'où l'idée de soumettre le cas aux trois cardinaux, le mécontentement de Mazarin et de Bichi, leur absence au reste des séances, et finalement la demi-mesure par laquelle les cardinaux avaient été priés d'assister au service et de s'y placer où ils voudraient.
Godeau entretenait, en outre, Balzac de la situation financière du royaume, des sommes énormes que le clergé versait toujours, du peu de profit que l'Etat en tirait, du gaspillage « en avances et remises qui ne sont pas nécessaires », des traitants.
Le 4 août, Godeau fut chargé, ainsi que l'évêque de Séez,
i. Bertrand, 1. c, p. a3g.