Raconis est un château dans le diocèse de Chartres
4. Voir V. Oblet art. Abra dans le Dict. de théol. cath. de Vacant et Mangenot.
5. Emile Magne, Ninon de Lanclos, Paris, librairie Nilsson, 1912, p. 57.
Le 6 février. Godeau dit qu'il courait à Paris, sous le nom de Tévêque de Lavaur, une lettre au Pape relative à l'approbation de la Fréquente communion. Le coadjuteur de Sens, Mgr Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin ', et lui furent chargés de se plaindre au nonce de ce que la lettre disait et décrire au Saint Père. Elle était hostile au livre. Godeau signale les insinuations que cette lettre contenait à l'endroit des évêques français. Quelques-uns, avait dit Raconis, « souffrent qu'on prêche des doctrines impies, qu'on attaque l'autorité du Saint-Siège, qu'on répande le venin de l'hérésie de Calvin ». Godeau fut chargé de signaler au Saint-Père, de la part de l' Assemblée, qu'elle s'inscrivait en faux contre cette peinture, qu'il n'y avait point de divisions dans l'Eglise de France, que chacun attendait respectueusement la sentence de Rome sur les matières discutées. Il tut envoyé, ainsi que le coadjuteur de Sens-, auprès du nonce et protesta verbalement contre les insinuations de schisme qui venaient de Raconis 3.
, Selon l'évêque de Lavaur, des évoques français toléraient ou approuvaient les doctrines d'Arnauld ; d'autres avaient publiquement recommandé son livre. Le io février, le coadjuteur de Sens dit à l'Assemblée qu'ils avaient vu le représentant du Pape et s'étaient plaints de l'attitude de Raconis. Celui-ci déclara qu'il n'avait rien écrit à Rome ; néanmoins, les prélats décidèrent de protester en commun, auprès d'In-
i. Sur ce personnage, voir la thèse de Georges Dubois (Àlençon, Guy, 1902). Gondrin avait été sacré le 16 mai i645, dans l'abbaye du Lys, près de Melun, comme coadjuteur de l'archevêque de Sens, Octave de Saint- Lary de Bellegarde, puis député par la province de Sens à l'Assemblée générale de i645
2. G , renvoyant à la p. 670 du Proc. verb., dit que ce fut avec l'archevêque même. C'est une erreur. L'archevêque O. de Bellegarde mourut le 26 juillet i646 à Montreuil, près Paris. Il avait approuvé avec chaleur la Fréquente communion d'Arnauld et défendu ardemment les droits et immunités du clergé.
3. C'était le premier évêque qui eût pris la défense des Jésuites, en écrivant, en i644, ce « long et vaste ouvrage » qu'il dédia à la Régente (Hermant, 1, p. 289).
nocent X, contre les accusations dont ils étaient l'objet. Le 10 avril, le coadjuteur de Sens et Godeau lurent une lettre qui devait être envoyée au Saint-Père à ce sujet '. Je pense que c'est celle que M. l'abbé Glergeac a signalée en 1906 -.
En 1647. semble-t-il, Godeau, « évêque de Vence » — dit l'analyse de M. Clergeac — écrit au Pape au sujet du Jansé nisme. La lettre n'a ni date ni nom de lieu En voici quelques mots importants :
« Ne quid igitur mali, harum Propositionum ancipitibus verbis conceptarum obtentu, tanto doctori creetur, id efflagitamus summopere uti placeat Sanctitati Vestrae facere dicendi potestatem utriusque sententise patronis et vindicibus, quemadmodum eadem facta est in re eadem a Clémente VIII et Paulo V, bo. me. pontifîcibus, ne quis in causa hac, qua non alia gravior, damnatus esse putetur inauditus, latoque judicio omnium animi facilius et libentius acquiesçant ».
Le 12 mars, Godeau fut chargé par l'Assemblée d'aller visiter l'évêque de Marseille, Msr Etienne de Puget, qui venait de perdre sa mère3. Le 20, il dit, d'accord avec l'Evêque de Riez, Mgr Louis Doni d'Attichy, que la vérification du cahier de i635, qu'on espérait avoir promptement du Parlement, n'aurait aucun effet dans leur province. Le 9 juin, ils furent nommés pour demander au chancelier d'accorder au clergé « des lettres d'adresse pour faire vérifier la déclaration sur le cahier au Grand Conseil », ou d'évoquer au Conseil du Roi tous les cas qui en concernaient l'exécution 4.
Nous avons vu que Godeau avait été chargé, le 2 décem bre i645, d'écrire en latin l'éloge de « Petrus Aurelius », le panégyrique de « l'illustre invisible » qu'il avait, le 24 novembre, loué dans l'oraison funèbre de l'évêque de Razas.