‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 74 sur 242 · Avenel, Lett. deRich., t. VII · texte numérisé non relu

Avenel, Lett. deRich., t. VII

aurait la lieutenance-générale du Canavesan *, Maurice celle du comté de Nice ; qu'ils entretiendraient quelques troupes : que la régente soumettrait ses actes à leur signature ; que le cardinal Maurice, qui n'était pas dans les ordres, déposerait la pourpre, qu'il avait reçue presque au sortir du berceau, etépouserait, dans le comté de Nice, sa nièce Louise, sœur du jeune duc Charles-Emmanuel II2. N'était-ce pas l'occasion de chasser « les marranes », comme disait Chapelain, du château de Nice que commandait alors un maréchal de camp de Philippe IV, Tutta villa ? Et notre évêque de Grasse, qui les craignait, allait-il jouir de quelque tranquillité ?

A la fin de 16^1, les Espagnols qui, même après la paix de Suse, conclue entre Louis XIII et le duc Victor-Amédée Ier, avaient maintenu des troupes à Nice et à Yillefranche, sont obligés par la régente Christine, sœur du roi et veuve de Viclor-Amédée, et surtout par son beau-frère, le prince Mau- «, rice, l'ancien cardinal, à évacuer ces deux villes 3.

Quelques jours après, le prince de Monaco, Honoré II 4, exécuta les stipulations du traité qu'il avait conclu à Péronne avec Louis XIII le i/i septembre i64i, chassa les Espagnols qui occupaient sa ville et y reçut les 5oo « soldats effectifs, tous Français naturels et non d'autre nation, en quatre compagnies » qu'il s'était engagé à y faire entrer. Godeau qui avait redouté les succès des « Marranes » depuis quatre ans, n'était plus exposé à voir « la redoutable armée » de Philippe IV — Rocroy n'en a pas abattu le prestige — menacer nos frontières de terre et de mer, inquiéter notre côte du Var jusqu'à la Siagne, et jeter l'effroi dans le diocèse de

i . Dans la région d'Ivrée et la vallée de la Dora Baltea. •2. Il déposa le chapeau rouge, épousa sa nièce le 6 septembre 16/42, et quitta la lieutenance-générale du comté de Nice le 27 juin i643.

3. Une ruse de Maurice les fît sortir du château de Nice. Alors les galères de Melchior Borgia conduisirent à Gênes les derniers Espagnols que les troupes savoyardes et la milice niçoise avaient, selon les ordres du prince Maurice, accompagnées du château de Nice à Villefranche.

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