Voir Saige, Monaco, Hachette, 1897, p. 181 et suiv
2. Don Pedro Enriquez de Aze\edo, comte de Fuentes, mourut à Milan en 1610. Ne pas le confondre avec Paul Bernard, comte de Fontaines, qui commanda à Rocroy les Tercios viejos et y fut tué dans la chaise où, perclus de goutte, il se faisait porter. Ni avec un autre comte de Fuentes, don (Carlos de Heredia.
3. Issue dune des premières familles du Milanais (que l'Espagne a possédé). La sœur d'Honoré II, Jeanne, s'était mariée en i6i5 avec le comte J. J. Th Trivulce qui, veuf en 1620, reçut le chapeau rouge en 1629 et fut un des hommes d'Etat les plus considérables de l'Espagne.
française à la solde du roi occupât Monaco et que des galères fussent entretenues aux frais du roi dans le port. En 163/4 eti635, il a repris les négociations par l'intermédiaire d'un de ses cousins, Jean-Henri Grimaldi, marquis de Gagnes et Corbons, et du gouverneur de Provence, le maréchal de Vitry ; Louis XIII a signé, le ih février i635, un traité que le fameux P. Joseph avait rédigé; au printemps, diverses circonstances ont empêché d'expulser les Espagnols ; à l'automne, ceux-ci ont pris les îles de Lérins, et, en septembre i636, l'escadre espagnole, battue devant Monaco, se retire sur Final. Mais les Français n'ont pas le moyen d'attaquer Monaco. Corbons vit dès lors dans son château de Cagnes, dit qu'il n'est pas content de la cour de France et qu'il est tombé en disgrâce, et joue de plus en plus cette comédie quand le duc de Savoie, Victor-AmédéeIer, allié de la France, est mort, quand c le cardinal de Savoie » occupe Nice et s'y soutient avec l'appui de l'Espagne contre sa belle-sœur, la régente Christine de France. Nous reparlerons en temps voulu des affaires monégasques.
M. Cognet omet de parler de l'intérêt que Godeau prit aux événements qui se passèrent, durant cette période, dans la principauté de Monaco {. Qu'il se soitloccupé de ceux du Piémont et de ce qu'ils causèrent de préjudice à l'ambition des Espagnols, on ne l'ignore pas. Mais l'influence des « Marranes », si elle s'affaiblit dans la haute vallée du Pô, succombe dans le petit état qui, ne l'oublions pas, ne relevait point du duché de Savoie. Le diocèse de Grasse et celui de Vence n'avaient sans doute aucun point de contact avec la principauté où il s'accomplit alors tant d'événements considérables : mais, jusqu'au moment où Godeau devint évêque, elle était à la dévotion de l'Espagne.
Nous pouvons imaginer qu'à Grasse il dut enlendre parler des agrandissements successifs du palais de Monaco, des
1. « Le port de la mer Ligustique » de la curieuse pièce de Scudéry, Europe. La duchesse de Savoie, sœur de Louis XIII, y est appelée « Alpine», nous l'avons dit.
difficultés que Philippe IV créa à Honoré II1, à qui d'ailleurs il avait envoyé la Toison d'Or en i635, et accordé le titre de prince en i633, des pourparlers que ce personnage avait ouverts avec la France dès i63o 2. L'objet en était que le petit état revînt sous notre protectorat :i. Les embarras finan ciers avec l'Espagne avaient continué, une situation intolérable avait été faite au souverain monégasque, et son fils Hercule, marquis de Gampagna, avait épousé, le 7 juillet 1 64 1 , Aurélia Spinola, de Gênes, ce qui semblait devoir enchaîner davantage le prince à la politique espagnole. Mais dès le 25 février i635, quand la guerre éclata entre la France et l'Espagne, avait été conclu un acte secret, œuvre du P. Joseph et de ses intermédiaires, J.-H. Grimaldi d'Antibes, marquis de Corbons et seigneur de Gagnes, et ses beaux- frères, Honoré et Gaspard de Grasse4. Le traité définitif fut signé le 8 juillet 1 64 1 5, à Péronne, où Louis XIII accepta certaines conditions auxquelles Honoré II souscrivit le 12 août ; le i4 septembre, le roi conclut à Péronne l'arrangement qui devait régler pendant un siècle et demi les rapports de la principauté et du royaume, et le texte définitif du traité du 8 juillet fut dressé
1 . Seigneur de Monaco depuis 1604, il fut reconnu comme prince en i(533 par l'Espagne et régna jusqu'en 1662.
2. Par l'intermédiaire du commandant d'Antibes, puis du résident de France à Gênes.
3. Voir Abrégé de IHist. de Monaco à Vusage des écoles de la principauté, Monaco, \8gl\, et surtout Saige, Monaco, Paris, Hachette, 1897, p. 202.
k. Une note que M. le comte G. de Grasse veut bien m'envoyer, permet de rectifier ce que, après Saige, j'ai dit dans ma première partie (p. 89, note 3). Gaspard n'a pas été mêlé au traité de Péronne. Un acte reçu par Pons, notaire au Bar, montre que trois sœurs d'Honoré donnèrent à lui et à leur frère Pierre, le 2 juin i638, procuration pour les droits à prendre sur les biens de leur père (Annibal qui a dû mourir en i£32), de leur mère (Glaire d'Allagonia), et de leur frère Gaspard. Ce dernier avait aidé son beau-frère, le seigneur de Corbons (marié en il>25 à Anne de Grasse) dans les négociations et reçu le projet de traité dicté par le P. Joseph le 24 février i635. Mais Gaspard n'a pas vécu jusqu'à l'acte définitif qui .valut à Corbons le titre de marquis et à Pierre le titre de lieutenant de la compagnie des gens d'armes du prince de Monaco. 5. Le 6, dit Bouche, p. 926.
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Le roi accordait sa protection au prince sur l'appel de celui-ci, mettait à Monaco une garnison de 5oo hommes et des galères entretenues aux frais du trésor royal et commandées par le prince, donnait ses ordres à celui-ci et à ses fils en échange de la Toison d'Or et de Calatrava, accordait, jusqu'à concurrence de 26.000 écus de revenus, des fiefs dont une partie serait érigée en duché-pairie ', une en marquisat pour le fils du prince, une en comté. Le 17 novembre 16^1, un coup de main chassa les Espagnols ; le 2l\, la garnison française2 les remplaçait ; le \[\ décembre, Louis X11I enjoignait aux Génois, qui avaient mis à prix la tête du prince de Monaco, de le traiter comme son protégé ; le 22 mai 16^2, Louis XIII recevait Honoré II3 au camp devant Perpignan et le créait chevalier du Saint- Esprit, en échange de la Toison d'Or, que le prince de Monaco4 avait renvoyée à la fin de 16/ii ; celui-ci alla ensuite à Paris où le Parlement le reçut le 19 février i643, en qualité de duc de Valentinois et de pair5 ; son petit-fils, Louis, eut, en i643, le i3 novembre pour parrain et marraine, Louis XIV et la régente Anne, représentés par le comte d'Alais et sa femme6.
Honoré II avait créé un atelier de monnaies à Monaco en 16/io et frappé des pièces au droit desquelles il était repré-
1 . Seigneurie de Saint-Remy ; en Dauphiné, le duché de Valentinois et la baronnie du Buis ; en Auvergne, le comté de Carladez et la baronnie de Calvinet La terre des Baux, en Provence, fut érigée en marquisat pour Hercule, fils de Honoré II.
2. Préparée à Antibespar le comte d'Alais et Grimaldi de Gorbons que le coup de main du 17 surprit par son imprévu. « L'affaire de Monaco doit donner courage », écrit Richelieu au prince Henri de Gondé le 29, et entre le 17 et le 24, Honoré II avait répondu aux émissaires du cardinal Maurice de Savoie : « Le Rubicon est passé ».