INTRODUCTION VII
immense personnalité de Gœthe, qui remplit jusqu'aux bords le xix^ siècle et bouche tous les horizons de la pensée moderne de son insupportable ubiquité. Insupportable, si elle l'est, en effet, cette ubiquité, elle n'est plus divine, et Gœthe, réputé l'Olympien, Gœthé divinisé par l'admiration universelle, n'est plus le Dieu, comme on l'a fait, de la philosophie et de la poésie de ces derniers temps. Telle est la question, et ce n'est ni plus ni moins qu'une question de critique et de justice littéraires. Ce n'est nullement (comme on Ta cru un jour) une question de ressentiment français contre l'Allemagne victorieuse. Publiée immédiatement après nos défaites, l'étude sur Gœthe fut regardée par les journaux allemands de ce temps-là comme une vengeance tardive de vaincu ; mais les opinions qui y étaient exprimées n'étaient pas de la veiUe à l'état fixe dans la tête de l'auteur, et pas n'était besoin de la guerre pour les en faire sortir. Il fallait qu'un jour ou l'autre elles fussent écrites. Il est vrai qu'il s'agissait encore d'une victoire de l'Allemagne sur la France, de