‹ Goniométrie Articulaire: Contribution à l'étude et à l'évaluation des ankyloses et des raideurs articulaires par les mesures goniométriquesChapitre 33 sur 36 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

EXPERTISES EN RÉVISION (D’après rapports de M. le professeur Balthazard).

Rapport I

Mne G..., âgée de 30 ans.

Le 3 août 1925 elle fut atteinte de plaies profondes de l’index et du médius gauches par éclats de verre, et il lui fut alloué en septembre 1928 une rente calculée d’après une réduction de capacité professionnelle de 38 %.

A l’index il existait une flexion permanente des trois segments à 450, La flexion pouvait être exagérée passivement au point d'amener la pulpe du doigt au contact de la paume.

Le 2 janvier 1930 on observe une amélioration, la méta-carpophalangienne atteignant 1100, les deux autres articulations arrivant à 1550.

Il est donc survenu une amélioration manifeste que la blessée ne conteste pas et qui permet de ramener de 38 % à 25 % le taux définitif de la réduction de capacité professionnelle.

Rapport II

M. C..., âgé de 52 ans, exerçant la profession de toupilleur.

Le 8 février 1928, C... eut la main gauche prise par la toupie, il subsistait à la date de consolidation de la blessure une flexion de la troisième phalange sur la seconde du médius gauche. L'extension passive était diminuée et l’extension active de la phalangette était impossible par suite de la section du tendon extenseur,

La réduction de capacité professionnelle est fixée à 8 %.

Le 30 décembre 1929, on constate que la phalangette est restée

en flexion permanente à 1429, L'extension de la phalangette est également incomplète et limitée à 1600.

Aucune modification n’étant survenue dans l’état de C..., le taux d'incapacité permanente est maintenu à 8 %.

RapporT III

M. L. M., âgé de 25 ans, exerçant la profession de chaudronnier.

Le 2 mai 1928 il eut le pouce gauche pris entre une tôle et la meule émeri. Il fut alloué au blessé une rente calculée sur une réduction de capacité professionnelle de 8 %.

La phalangette était ankylosée en extension. Il existait une raideur de la phalange dont la flexion était diminuée de vingt degrés.

Au 20 mai 1930, il n’y a pas de modification de l’ankylose de la phalangette. La flexion de la phalange est un peu améliorée donnant 1250 au lieu de 1200 à droite.

En raison de la légère amélioration par suite de la récupération des mouvements de flexion de la phalange, le taux de l’incapacité permanente et partielle de travail peut être ramené à 7 %,.

Rapport IV

M. T..., victime le 2 août 1928 d’une piqüre septique de l’index droit. Il lui fut alloué une rente calculée d’après une réduction de capacité professionnelle de 8 %.

Il existait une cicatrice palmaire sur la pulpe, étoilée et irrégulière. La première articulation interphalangienne avait sa flexion limitée à 159 à partir de l’extension.

Pour l’articulation de la phalangette il existait une ankylose complète en extension. Dans l’enroulement du doigt en flexion, la pulpe restait à deux centimètres de la paume de la main, dans les mouvements spontanés, à un centimètre dans les mouvements passifs.

Au 17 octobre 1931, lors de l'expertise en révision, la flexion de la phalangine atteint 900, l’ankylose complète en extension de la phalangette n’est pas modifiée et dans l’enroulement des doigts en flexion la pulpe arrive à un centimètre de la paume dans la flexion active et la flexion passive conduit la pulpe au contact de la paume.

KT 04 Eu

En raison de cette légère amélioration, le taux de l'incapacité permanente et partielle de travail peut être ramené de 8 %, à

Rapport V

M. V..., 52 ans, exerce la profession d’ajusteur-outilleur.

Le 23 août 1928, il fut piqué par une tôle d'aluminium, à la face palmaire de la phalangine de l’annulaire droit.

Des accidents phlegmoneux succédèrent à la piqûre de la face palmaire de annulaire droit. Il subsista une cicatrice de toute la face palmaire de la phalange, adhérente, non douloureuse; une faible limitation de l’extension, et une forte limitation de la flexion, la pulpe restant distante de cinq à six centimètres de la paume de la main.

Une rente calculée d’après une réduction de capacité professionnelle de 10 % lui fut allouée.

Au 17 octobre 1931, on trouve la même cicatrice de dix centimètres de longueur, l'extension de la première articulation interphalangienne est limitée à 1609 et l’articulation de la phalangette est ankylosée totalement à 1459. Dans la flexion, l’amélioration est importante, car le doigt touche la paume.

Il subsiste donc une ankylose complète de la phalange en légère flexion et une gêne de l’extension de la phalangine, dont les mouvements vont de 900 à 1600, alors qu’à gauche la phalangine se meut de 300 à 1800.

On peut donc ramener de 10 % à 6 % le taux de l’incapacité permanente et partielle de travail.

Rapport VI

M. R.., fut atteint le 6 décembre 1927 d’un écrasement des quatre derniers doigts de la main gauche et il lui fut alloué une rente calculée sur une réduction de capacité professionnelle de 12096;

Expertise en revision le 16 octobre 1931.

Ïl existait au moment de la consolidation au niveau de l’index gauche üne cicatrice de deux centimètres à la face palmaire de la première phalange. Cette cicatrice subsiste; on voit qu’elle a été le siège d’abcès, qui ont laissé une ampoule ouverte, en voie de

déssication.

La première articulation interphalangienne de l'index gauche était tuméfiée; la tuméfaction a disparu à l'heure actuelle.

Au médius la flexion de la phalangine ne dépassait pas 1500, elle atteint à présent 1400, amélioration minime,

La déformation de l’annulaire à sommet externe subsiste, sans causer de gêne. Par contre la laxité de la première articulation interphalangienne à disparu.

Dans la flexion active, la pulpe du médius reste à deux centimètres de la paume de la main, la pulpe de l’index reste à un centimètre et celle de l’annulaire arrive à toucher la paume.

Il est done survenu une légère amélioration qui permet de ramener à 8 % le taux de l'incapacité permanente et partielle de travail.

Rapport VII

Mme $S..., âgée de 47 ans, exerçant la profession de manœuvre.

Le 30 mai 1929, elle fut blessée à l'index gauche et il lui fut alloué une rente calculée sur une réduction de capacité professionnelle de 4 %. La phalangette de l'index était très atrophiée surtout au niveau de la pulpe. La radiographie montrait une fracture de la phalangette, dont le bout distal était déjeté en dehors.

Le 22 décembre 1931, l’atrophie est moindre, mais il existe une cicatrice à la face dorsale de la phalangette, qui se prolonge sur Pongle qui est aplati au lieu de présenter la convexité habituelle. I subsiste également une limitation de la flexion de la phalangette à 459 au lieu de 90 ou 95. Par contre tous les autres troubles ont disparu. Cette légère amélioration permet de ramener à 2% le taux de l’incapacité permanente et partielle de travail.

Rapport VIII

Mme D..., fut victime d’un accident le 25 septembre 1928 pour lequel il lui fut alloué une réduction de capacité professionnelle de

À la suite d’un panaris de l'index droit, 1l survint un phlegmon de la main droite. La blessée perdit les deux dernières phalanges de l’index droit sauf un centimètre de la phalangine.

Une expertise en révision eut lieu le 9 décembre 1934.

Il existait au moment de la consolidation une ankylose totale de l’interphalangienne, non modifiée. La métacarpophalangienne avait des mouvements actifs à peu près nuls, des mouvements passifs limités de 1800 à 1500, Actuellement la flexion va jusqu’à

Au médius l’ongle n’est plus anormal; la cicatrice de la pulpe n’est plus déprimée et la flexion de la métacarpo-phalangienne va jusqu’à 1209 alors qu’elle atteignait seulement 1600.

La flexion de la phalangine atteint 1150; la phalangette est encore raide. Au pouce, l’adduction est meilleure et l’interphalangienne a des mouvements de 300 d’amplitude.

La longue cicatrice palmaire est moins sensible.

A l’avant-bras droit le périmètre est de 25 centimètres contre 26 centimètres à gauche; l’atrophie est donc encore nette.

Les doigts s'étendent normalement mais dans la flexion, la pulpe reste encore à 3 centimètres de la paume.

L'amélioration survenue par suite de la récupération des mouvements de flexion de tous les doigts de la main droite permet de ramener à 30 % le taux de réduction de la capacité professionnelle.

Rapponr IX.

Mne G..., fut atteinte au 17 avril 1929 de désarticulation traumatique complète de l’index gauche, pour lequel il lui fut alloué une rente calculée sur une incapacité permanente et partielle de 30 %.

Le 9 décembre 1931 l’état des moignons du pouce et de l’index gauche a peu varié. La flexion de la métacarpo-phalangienne du pouce gauche est de 1359 contre 1259 à droite.

Le moignon du pouce est resté peu étoffé et très adhérent à l'extrémité osseuse. Il est moins sensible.

L’atrophie de l’éminence thénar subsiste mais peu considérable.

L'opposition du pouce est plutôt faible.

Le moignon du deuxième métarcapien est peu étoilé et adhé. rent, très sensible à la pression.

La sensibilité moindre des moignons et l’augmentation des mouvements de la phalange restante du pouce gauche permet de ramener le taux d'incapacité permanente et partielle de travail

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RapportT X

M. A... Ben S... eut la main droite blessée le 26 janvier 1926.

Par procès-verbal de conciliation il lui fut alloué une rente calculée sur un taux de 17 % de réduction de la capacité professionnelle. Il n’a pas été fait d'expertise.

Le 7 janvier 1930 nous sommes dans l’obligation d’apprécier l’état du blessé non pas par comparaison avec celui de 1926 mais en grandeur absolue. À

L'index droit a subi l’amputation à la partie moyenne de la phalange. Le moiïgnon est en bon état, bien étoffé, non sensible à la pression; la cicatrice n’est pas adhérente. Les mouvements de la phalange atteignent l’angle droit passivement; activement ils ne dépassent pas 135 degrés.

Le fragment de la phalange qui reste est de bien faible utilité. L'index droit étant coté 15 % on peut évaluer à 14 % le taux d'incapacité permanente et partielle.

Au médius la phalangine est en flexion permanente à 1400 et l'extension est impossible. La flexion de la phalangine est également limitée pour les mouvements actifs à 1109 au lieu de 90° passivement. Le taux à allouer pour la limitation des mouvements de la phalangine entre 140 et 110 au lieu de 180-90, est de 3%.

On revient donc au taux de 17 %, fixé en 1926 et l’on peut dire qu’il n’est survenu aucune modification dans l’état du blessé. On devait s’y attendre la plus grosse partie de l'incapacité résultant d’une mutilation irréductible.

Rapport XI

M. G..., a été atteint le 13 septembre 1927 d’une plaie profonde de la face dorsale de la main droite avec lésion des tendons extenseurs qui ont été réparés avec des lanières prélevées sur l’aponévrose de la cuisse. De même des greffes ont été nécessaires pour obtenir la cicatrisation du derme. L’incapacité permanente et partielle du travail avait été fixée à 25%.

Le 23 décembre 1931 il subsiste une masse arrondie de six cen-

timètres de diamètre, saillante au milieu de.la face dorsale de la main droite.

Cette greffe n’a subi aucune modification. Par contre la cicatrice longitudinale, qui en part. pour se diriger vers le poignet, était chéloïde et indurée; elle est à présent souple, sans chéloïdes, sans adhérences profondes. Elle reste sensible à la pression.

C'est là la seule modification appréciable que l’on puisse observer dans l’état du blessé. Elle a pour conséquence de faciliter très légèrement l’action-des tendons extenseurs des trois doigts médians de la main droite. L'extension des phalanges de ces trois doigts était limitée à 1500; elle arrive à présent à 1550 ou

Par contre les mouvements du poignet restent limités à 1500 dans la flexion.

L'amélioration est donc très minime et la préhension reste gênée par l’impossibilité d'extension complète des trois doigts médians et surtout par la faiblesse des extenseurs. Seul l’assouplissement de la cicatrice dorsale de la main constitue un léger progrès, qui ne permet d’ailleurs pas d’abaisser au-dessous de 22 % le taux de l’incapacité permanente et partielle de travail.

Rarporr XII

M. T...,fit le 17 mars 1927 une chute au cours de laquelle il fut atteint d’une fracture du troisième métacarpien droit et d’une entorse du poignet droit qui laissèrent subsister un certain degré d’arthrite et une raideur du poignet pour lesquels il lui fut alloué une rente basée sur une incapacité permanente et partielle de 12:9%:

Le 13 octobre 1931 le pourtour du poignet droit ne mesure plus qu’un demi-centimètre de plus que le poignet gauche alors que la différence était de 1 centimètre en 1927.

Le cal de la fracture consolidée du troisième métacarpien n’est plus sensible à la pression.

La flexion du poignet reste limitée à 1309. Par contre l’hyperextension qui était limitée des 2/3 n’est plus limitée que de moitié.

L'extension de la phalange du médius était légèrement limitée; elle est à présent normale.

Le blessé accuse encore une douleur spontanée au niveau de la partie interne et inférieure de l’apophyse styloïde du eubitus droit.

Le] 06e

L'amélioration, qui consiste dans la diminution de la raideur du poignet droit, conduit à ramener à 9 % le taux de l’incapa-

cité permanente.

Rapport XIII

M. R... a été atteint le 27 juillet 1928 d’une fracture de l’extrémité inférieure du radius gauche.

Il a été alloué au blessé une rente calculée sur une incapacité permanente et partielle de 5 %.

La flexion du poignet était limitée à 1300; une légère amélioration l’amène à 1230, encore inférieure à celle du poignet droit qui est de 1150.

L’hyperextension reste limitée d’un tiers.

Légère amélioration de la supination, qui n’est plus limitée que d’un quart au lieu d’un tiers.

Pas de modifications des muscles de l’avant-bras gauche, qui n'étaient déjà pas atrophiés lors de notre premier examen.

L'augmentation d'amplitude de la flexion du poignet et de la supination permet de ramener à 3 % le taux de l'incapacité permanente et partielle de travail.

Rapport XIV

M. C.., exerçant la profession de garçon charcutier se coupa au poignet gauche le 11 octobre 1926. Il lui fut alloué une rente caleulée sur la réduction de capacité professionnelle de 10 %,.

Le 12 avril 1930 la cicatrice qui siège au niveau du poignet gauche, face palmaire est devenue très peu visible elle est souple et indolore.

Le périmètre du poignet gauche est le même que celui du poignet droit; toute tuméfaction a donc disparu.

La flexion donne 1310 à gauche et 1280 à droite. Elle est donc devenue normale. |

L'extension est légèrement limitée. La supination et la pronation sont satisfaisantes et fort peu limitées.

I ne subsiste plus qu’une légère limitation de l’hyperexten: sion du poignet, de la pronation et de la supination. On peut ramener à 2 % le taux de l’incapacité permanente et partielle de travail.

SAC 7e

Rapport XV

Mme S..., fut victime d’un accident le 48 novembre 1926 pour lequel il lui fut alloué le 24 mars 1927 une rente calculée sur une réduction de capacité professionnelle de 18 %,.

Elle présentait une fracture de l’extrémité inférieure du radius gauche consolidée avec légère déformation en dos de fourchette. La main était déjetée en dehors et il subsistait une tuméfaction du poignet. Le mouvement de l’épaule était enraiïdi et le bras ne pouvait atteindre l’horizontale.

Le 6 avril 1930 la déformation du poignet subsiste et l’on constate une main bote avec déviation externe prononcée. L’apophyse styloïde du radius a subi une ascension d’un centimètre; l'extrémité inférieure du eubitus fait une forte saillie et il existe de ce fait une encoche sous-cubitale sur le bord interne de la main.

Le bras atteint assez facilement la verticale et l’on peut considérer l’épaule gauche comme normale.

On ne trouve plus d'augmentation de volume du poignet. Les mouvements de flexion sont encore légèrement réduits 1400 au lieu de 1309 à droite. Par contre les mouvements de supination et de pronation ne sont plus limités de même que les mouvements d’hyperextension.

Les douleurs sont manifestement moindres.

Dans ces conditions on peut évaluer à 8 % le taux actuel de l'incapacité permanente et partielle de travail.

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