SCENE PREMIÈRE
GOURTEBEG, SOPHIE.
GOURTEBEG, à son secrétaire.
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SOPHIE, assise à la table et préparant des paquets. Douze francs I
GOURTEBEG.
Gomment ! nous n'avons que douze francs à la maison...
SOPHIE
Hier nous en avions 415. Mais je suis allée en soirée chez madame Ghantoîseau et j'ai perdu 403 francs au pocker.
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2 GOTTE
GOURTEBEG.
Tu nous ruineras avec cette manie de jouer.
SOPHIE
Que veux-tu? Je me suis mis dans la tête que nous arriverions à avoir une fortune énorme.
GOURTEBEG.
Et c'est en jouant que tu espères ?
SOPHIE, se levant.
Sans doute, c'est en jouant... puisque jouer est la seule façon que nous ayons de gagner de l'argent, nous autres honnêtes femmes.
Nous partons dans deux heures et nous avons douze francs en caisse.
sur le canapé.
SOPHIE
Est-ce que M. Verduron, ton notaire, ne t'a pas écrit qu'il avait vendu notre ferme des Baliveaux? Est-ce qu'il ne doit pas nous apporter l'argent une heure au moins avant notre départ ?
GOURTEBEG.
Il me l'a promis.
SOPHIE
Eh bien alors, qu'est-ce que cela fait que j'aie perdu?
GOURTEBEG.
Ce que cela fait?... Gela nous fait une ferme de moins.
SOPHIE
Le beau malheur I... un fermier qui ne payait pas et qui demandait toujours des réparations.