SCÈNE IX
LAHIREL. Il reprend la lettre que le facteur lui a
donnée.
Où avais-jeles yeux quand j'ai cru lire madame... ce n'est pàs madame qui est écrit là, c'est monsieur... évidemment il y a... il doit y avoir monsieur, (il ouvre la lettre et lit. ) « Délicieuse coquine... » C'est à ma femme que l'on écrit ça !... (il regarde l'enveloppe.) Oui, c'est bien à elle... Cette fois ça y est. Eh bien, ça fait quelque chose, on a beau s'y attendre. J'en prends à témoins tous ceux qui se sont trouvés dans une situation identique... N'est-ce pas, ça fait quelque chose?... (Relisant.) a Délicieuse
66 GOTTB
coquine » m, m, m, Il n'y a pas moyen de lire une seule des lignes qui suivent... Ah t si la signature... on peut lire la signature et c'est la chose importante... c'est signé : « Ton petit ron, ron, Verduron, verdurette » mais je connais ça, ron, ron, Verduron, mais c'est le notaire, ron, ron, verdurette... je le tuerai ce notaire... il a été l'amant de ma femme... Quand on écrit à une femme : « Délicieuse coquine. » Voyons, avant tout il faut être calme... en avoir l'air tout au moins. Là, c'est bien, je vais envoyer une dépêche au notaire pour le prier de m'expliquer ce que je n'ai pas pu lire et jusqu'à ce que le notaire m'ait répondu je ne parlerai de rien à Marceline .. Est-ce dit? Oui, c'est dit... (wec violence.) Maintenant, allons au télégraphe... non pas comme ça, doucement... sans faire un pas plus vite que l'autre. (Entrent les deux marins. Ils saluent Lahirel.) Bonjour, pouvez-vous m'indiquer le bureau du télégraphe ?
LE PREMIER MARIN
Là-bas, au bout de la rue.
LAHIREL.
Merci, mon ami,
LE PREMIER MARIN
A votre service.
Il passe.
LAHIREL.
Allons, il n'a pas eu l'air de s'en apercevoir.