ACTE DEUXIEME
une grande, une énorme fortune... une énorme fortune dont tu auras ta part, Lien entendu.
GOURTKBEG.
Je t'en tiens quitte, tu sais.
J'ai lu dans le journal, à propos d*un mariage récent, le chiffre de ce que la jeune fiancée avait apporté à son mari... Je me suis juré à moi-même que tu en aurais autant.
GOUHTEBEG.
C'est trop...
SOPHIE
Si fait, je veux que toi aussi, tu aies un hôtel, un château, une chasse, une galerie de tableaux et les plus jolies cocottes de Paris.
GOURTEBEG.
Ça, je veux bien.
SOPHIE, vivement.
Mais moi je ne veux pas. (Riant.) Je ne sais plus ce que je dis... (D'un air entendu.) Mais...
GOURTEBEG.
Mais quoi ? Voyons, mais quoi ?
SOPHIE. '
Je sens que je n'en ai jamais été si prés de la forte somme... elle est là... je la sens...
GOURTEBEG, bon enfant.
Ma pauvre vieille...
SOPHIE
Tu m'en veux... dis?
76 GOTTE
Il n'y a pas moyen de t'en vouloir, mais c'est égal, si j'avais le sens commun, je te ferais enfermer.
SOPHIE
Le mot est dur... pour trois ou quatre cents francs que j'ai perdus...
GOURTEBEG.
Trois ou quatre cents francs .. et moi parce qu'hier je voulais m'offrir une bouteille de chambertin, tu t'es mise à crier.
SOPHIE
C'est vrai pourtant, nous sommes drôles, nous autres femmes... Va en acheter du chambertin.
GOURTEBEG.
Je ne dis pas ça pour...
SOPHIE
Va en acheter... Tu en trouveras chez l'épicier.
GOURTEBEG.
Tu crois ?
SOPHIE
J'en suis sûre, on trouve de tout chez l'épicier. (Le poussant.) Va donc, chacun son péché, moi c'est le jeu, toi c'est la gourmandise.
GOURTEBEG.
Bonne humeur quand même et autant que possible, bonne nourriture, voilà ma devise I
Bois du chambertin, puisque j'ai joué.