AUTORITE
L'autorité peut être grandie ou rapetissée par celui qui en use.
On grandit l'autorité quand on la rapproche par la pensée, de sa source éternelle, et quand on ne perd jamais de vue, le divin contrôle qui la doit régler.
On la rapetisse, lorsqu'on s'imagine qu'il n'y a de maître que celui qui commande, et que son vouloir est la raison suprême qui justifie tous les commandements.
22 A UTORITE
On grandit l'autorité, quand on cache, sous les traits adoucis du père, la figure toujours un peu rude du maître.
On la rapetisse, lorsque, non content d'être le maître, et de se convaincre qu'on l'est, on veut le paraître en toutes choses, en toute occasion.
On grandit l'autorité, quand on sait se priver, pour ne pas multiplier les ordres ; quand on ne dit que ce qu'il faut ; car la dignité est concise.
On la rapetisse, lorsqu'on prodigue en minuties, ce qu'on pourrait appeler la verve du commandement, et qu'on étale devant ses inférieurs l'éloquence verbeuse de la colère et de la vanité.
On grandit l'autorité, quand, par une vigoureuse et charitable patience, on cherche à obtenir ce qu'on veut raisonnablement.
On la rapetisse, en mettant au service de ses capricieux désirs le brutal empressement de l'égoïsme.
On grandit l'autorité, quand on y fait voir Dieu.
On la rapetisse, lorsqu'on n'y montre que l'homme
Voulez-vous être traité en maître ? Mettez vos inférieurs à leur place, ni trop haut, ni