SACERDOCE
Le sacerdoce est la magistrature c^es âmes. Combien plus noble, plus étendue, plus profonde et plus salutaire, que toutes les magistratures humaines ! — I^e magistrat applique la loi à notre vie extérieure ; le prêtre descend, avec la loi, jusqu'aux plus secrets réduits de la conscience et saisit les délits et les crimes cachés. — Le magistrat punit, mais il ne change pas l'âme toujours révoltée sous la pression du châtiment ; le prêtre absout, transforme et vivifie. — Le magistrat ne représente que la société irritée ; le prêtre représente un Dieu miséricordieux et une société indulgente pour les coupables qui s'humihent et avouent spontanément leurs fautes. — La magistrature humaine n'empêcherait pas une société de se décomposer et de se dissoudre, quand bien même, elle parviendrait à saisir tous les crimes qui sont de son ressort ; une société serait incorruptible, si tous les coupables recouraient au ministère sacerdotal.
Le pouvoir sacerdotal est une si grande chose, que ceux qui ont eu en main l'autorité temporelle, ont souvent tenté d'unir la tiare à la couronne. — Ne pouvoir régner sur les âmes, c'est la grande tristesse des ambitieux : quelque chose de semblable à la tristesse de Satan.
Le prêtre s'appelle sacerdos, parce qu'il donne