ENFER
L'Enfer est la privation de Dieu. Est-ce donc une si grande perte que d'être privé de ce que l'on a dédaigné ? — ■ Le pécheur ment s'il dit cela. Il n'a pas dédaigné Dieu. Il l'a cherché partout où il ne se trouvait pas ; il le trouve maintenant là où il ne le cherchait pas. — Son âme, loin dé revenir sur le mouvement natif qui l'emporte vers le souverain bien, obéit éternellement à ce mouvement, et son supphce est de se sentir éternellement repoussée ........
Les païens divisaient les perfections divines.
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Jls avaient incarné la justice, et l'avaient mise aux enfers. Là, elle est inexorable :
Neaciaque humants precibus mansuescere corda.
(Geoeg. IV, 470).
Une foule de gens ne croient pas à l'Enfer, et s'imaginent que c'est un progrès de l'esprit moderne. C'est tout simplement un retour à la vieille corruption païenne qui ne demandait pas mieux que de se débarrasser des croyances gênantes.
En ce temps-là, les sages disaient aux honnêtes gens :
Esse aliquos Mânes, et siibterranea régna
Nec pueri credunt, nisi qui nondum œre lavantur,
Sed tu fera puta.
(JuvEN. Sat. II).
« Qu'il y ait des mânes et des royaumes sou- « terrains, c'est ce que ne croient plus même les « enfants, si ce n'est ceux qui ne paient pas « encore pour entrer aux bains. Mais toi, n'en « doute pas. »
Les châtiments supprimés, la vie est plus commode, mais aussi, le crime triomphe, le désordre est l'état normal de l'humanité, et ce désordre est, pom* un esprit sensé, une des preuves les plus frappantes de la vérité des pénalités d'outre-tombe
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