‹ Gouttes de véritéChapitre 43 sur 130 · GUERRE · texte numérisé non relu

GUERRE

Les anciens avaient associé Mars et Minerve, dans le patronage des armées. Ingénieuse union qui donnait à la force brutale la sagesse pour guide.

Sans la sagesse, en effet, la guerre n'est qu'un brigandage. Mais la sagesse antique n'était qu'une toute petite vertu, en regard de l'esprit chrétien, qui a pris, peu à peu, la direction des forces militaires. Pour les païens, l'ennemi vaincu n'était qu'une victime vouée au suppUce ou à l'esclavage. La sagesse chrétienne l'a transformé, et ne voit plus en lui qu'un malheureux dont il faut honorer le courage, et respecter l'infortune. Si la passion a souillé de quelques excès les armes chrétiennes, ces excès ont souvent été réparés par d'augustes repentirs. Après la victoire, le païen ne connaissait que le triomphe, le chrétien y a joint l'expiation

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