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3C,i GOUVERNEUR MORRIS
tow. li ne prit pas la route de Pctersbourg, parce qu'avant l'ennemi sur ses dcrritrea, il aurait été privé de ses subsistances. Lorsqu'il fut entré à Moscou, la position prise par l'ennemi, au Sud-Ouest de cette ville, le mît dans l'impossiiiilité d'opérer sa reti'aile en Bohême par Cracovic. J'avais songé il cette route pour lui el j'avais Hxé son départ au ^o octobre, mais il fut, scmble-t-il, assez prompt pour pouvoir partir le 19. S'il avait été viclorieun dans la bataille ■ devant laquelle il a fui, cela eût grandement facilité sa retraite et sauvé une partie de son armée. Mais les mesures de K.outouzow semblent avoir été si bien prises que la déroute aurait été simplement retardée : et qu'on remarque en passant que, dans la retraite des Russes de la Pologne sur Moscou, aucun i-orps de quelque importance n'a été matériellement entamé. ce qui est presque incroyable snr une ligne aussi longue que celle qu'ils occupaient. La conduite ultérieure de la guerre est comparativement une afTaire d'A, B, C, mais si elle est dirigée par le même général, cette campagne peut être décisive. Dieu veuille que de timides ministres ne gâtent pas la besogne qui est en si bon train. Les troupes françaises abandonneront l'Espagne aussitôt qu'elles pourront passer les Pyrénées. Les Espagnols et les Portugais porteront-ils leurs armes en France, cela'est douteux, car, bien qu'une politique sage suivrait cette ligne, cette faiblesse qu'on appelle, la prudence peut dicter une idée différente. Les amis de Bonaparte en Amérique envisagent l'avenir avec terreur. Puisse-til, comme cette campagne de Russie, tourner à leur confu-
Le la février i8i4i lorsque ie drame est presque terminé : " La chute de Bonaparte ne m'a point surpris, écrit Morris. Parlant au Sénat sur les motions de Ross*, j'ai salué Bonaparte comme le premier des Césars Gaulois (en préooyait-'d d'autres?) et j'ai dit : e Des qu'il échouera, il tombera, n
a. Noie de l'Éditeur (!, 11, p. 5Go) : « Morris fait ici allusion !, la réso-
J'étais seul d*avis que les patriotes d'Espagne et de Portugal réussiraient. J*ai fixé le 30 octobre comme date de la retraite de Moscou et comme le commencement de la ruine de Bonaparte. Il partit deux jours plus tôt. Je n*eus aucune difficulté à prédire non seulement le résultat de cette campagne, mais encore la manière dont il s'efiFectuerait. En même temps je rends cette justice à Napoléon qu'il la conduisit bien et comme liomme d'Etat et comme soldat. En prenant position sur l'Elbe de bonne heure et en force, il n'avait pas en novembre reculé plus loin qu'autrement il ne l'eût fait en juin. Il avait de plus la chance d'une victoire, et il fit pour cela des efforts habiles et répétés. Il voyait bien le parti qu'allait prendre l'Autriche et auquel ne voulait pas croire mon pauvre ami Moreau, lorsque j'insistais sur ce point dans une conversation avec lui et M. Parish, peu avant qu'il fît voile pour l'Europe. Etre en force près de la Bohême était le seul moyen qui fût au pouvoir de Napoléon, pour faire tenir son beau-père tranquille, et il eût produit effet si la chose eût été praticable. La vérité est qu'en combattant si loin de ses foyers il risquait une ruine plus complète. Mais même maintenant et malgré sa déconfiture il sera, je crois, sauvé, non par sa propre force, mais par l'intérêt qu'ont ses ennemis, ou la plus grande partic d'entre eux, à sa conservation. Il comprend cet intérêt aussi bien qu'eux-mêmes et, par suite, son jeu paraissait plus désespéré qu'il ne l'était en réalité. Je ne répéterai pas ici, ce que je disais il y a quelque temps dans une lettre à mon ami M. King, parce que je n'aime pas à me répéter. Je n'ai pas non plus insisté sur mon opinion antérieure, pour i^agncr du crédit comme prophète, mais pour montrer ma confiance dans le Tout-Puissant^. » Gela était écrit au moment où allait s'ouvrir le congrès de Ghàtillon.
Cette fois il s'était trompé. La diplomatie et la fortune des armes devaient trahir Napoléon et le 9 juin 181/1, sur l'invitation du général Glarkson, le vieil homme d'État, fidèle à SCS convictions, prononçait un discours pour célébrer la Restauration : « Entre onze heures et midi je vais à une église,