C'est sans doute de la loi sur le tabac, qu'il s'agit
LA LÉGISLATIVE. — LE lo AOUT 287
opinion sur ce sujet s'accordait avec la mienne, mais que rien ne pouvait être fait tant qu'ils n'auraient pas ramené TAssemblée à une plus grande consistance, de manière à ce qu'ils puissent disposer d'une majorité ; qu'ils ne pouvaient obtenir de cette majorité que les mesures du moment*. » Enfin on se rappelle que lorsqu'il offrit sa démission et qu'elle fut acceptée par le roi, Dumouriez parut fort étonné^.
On a vu que de tous côtés, en 1792, on songeait à un coup d'État. Dans l'entourage du roi cela prenait deux formes : ou yne simple évasion qui permettrait à la famille royale de passer à l'étranger, ou le coup d'Etat proprement dit, qui mettrait le roi à la tête d'une armée. »
hes sauveurs s'offraient à Louis XVI nombreux et inattendus. Malouet raconte d'une façon précise comment Mme de Staël, dans un plan simple et ingénieux, proposa d'emmener à Dieppe le roi, la reine et le Dauphin ^. Lui-même transmit la proposition par M. de La Porte qui « me dit que le roi et la reine n'accepteraient jamais aucun service de Mme de Staël ; qu'ils me chargeaient pourtant de lui dire qu'ils étaient très sensibles à ce qu'elle voulait faire pour eux ; qu'ils ne l'oublieraient jamais ».
Voici maintenant ce qu'il raconte sur La Fayette : « Il était sûr de son armée et de celle de son collègue Luckner, si le roi consentait à se mettre à leur tête ; il était venu à Paris au mois de mai pour lui en faire la proposition, et comme il savait que S. M. avait confiance en moi, il me fit demander un rendez-vous ^\ » « Le roi répondit dans la soirée qu'il ne voulait pas quitter Paris pour aller à Tarmée ; que cela était inutile et dangereux ; mais qu'il savait le meilleur gré à M. de La Fayette de ses dispositions ; qu'il le verrait avec plaisir ; qu'il l'engageait à maintenir son armée dans ce bon esprit, et