CLXI. — ' HISTOIRE DE FRANCE
La nature gauloise parait n'avoir pas sa loi en soi ; elle a donc besoin de la recevoir toute faite et imposée du dehors. De là, en religion, catholicisme ; en politique, manie gouvernementale ; dans la vie ordinaire la mode ; dans l'enseignement la routine ; dans la grammaire l'usage ; dans l'opinion le préjugé; dans la littérature l'école, partout enfin l'autorité au lieu de la liberté, ou, comme les contraires s'appellent, en haine de la règle le caprice, en haine du catholicisme l'incrédulité, du despotisme gouvernemental l'anarchie , du goût reçu la bizarrerie, de la routine l'extravagance, en haine de l'usage la folie, du préjugé l'absurdité et de la tradition la destruction. De là, également antipathie pour la réelle indépendance de la cons-
cience, de la pensée, de Tindividu, de la commune, etc., c'est-à-dire pour la liberté ; de là, peu de sérieux , incapacité de vivre en république , aversion pour l'Angleterre, effroi de la religion réformée, etc., et comme l'amour de la liberté survit même à son suicide, de là passion du changement lequel ressemble un peu à la liberté, et idolâtrie de toute révolution laquelle ressemble tant au progrès. Mais en somme, toujours l'apparence pour la réalité, le mot pour la chose et l'ombre pour la proie. — Tout ceci ne s'enchaîne-t-il pas? et ne correspond-il pas à l'ensemble des faits *? Plût au ciel !