ENVOI
A M. Albert Richard, en lui adressant une chanson dans l'Arum Genevois, recneil littéraire, où il avait inséré une fable.
Je sais un enclos aimable :
L'aigle y souffre le pinson, L'arbre s'y mêle au buisson, Et l'hôte, à mine traitable, Est sans noise et bon garçon.
Une carte présentable.
Friande en toute saison.
Offre à tous chair et poisson, Et douceurs et venaison, Bref, plats de toute façon :
Le choix est fort délectable. — Mais nul diner n'est sortable Sans volaille ou sans boisson.
Maître, découpez à table.
Je serai, moi, l'échanson.
Pour acquitter ma rançon.
Quand mon doyen sert la FabUy Je dois verser la Chanson, En voici de mon caisson :
Petit vin, sois-tu potable !
LES ÊMIGRANTS SUISSES.
A M. Juste Olivier.
Debout, enfants, bâtons en main, Et vous, femmes, courage !
Nos pleurs sécheront en chemin ;
Mieux vaut aigourd'hui que demain ; Allons ! cœur au voyage !
Vallons, enclos, humbles maisons.
Clochers de nos villages.
Il fallait vivre, nous partons.
Mais, l'âme en deuil, nous vous quittons
Pour de lointains rivages.
Grands monts, pères des eaux, adieu !
Nous descendrons vos fleuves.
Salut, immense Océan bleu !
Salut verte Amérique, où Dieu
Fait des nations neuves !
Nouveaux là-bas sont terre et deux!
Le cœur y bat au large.
Trop plein, notre monde trop vieux S'effondre ; enfants, nous serons mieux
Plus de pain, moins de charge !
Souvent, nous penserons à vous, Clochers, vallons, prairies ;
Espoir et souvenir sont doux ;
Enfants et femmes, à genoux !
Prions pour deux patries !