‹ Grains de mil: poesies et penseesChapitre 38 sur 128 · V. — LA CHAYSALIUE · texte numérisé non relu

V. — LA CHAYSALIUE

Le ton badin, léger, railleur, même à doses tempérées et sans aller jusqu'à l'ironie, est pénible quand il dure longtemps , dangereux s'il devient habitude. Astrigent subtil , il contracte l'épiderme du cœur, empêche toute ouverture , arrête tout

abandon. Sans bonhomie , pas d'abandon ; sans abandon pas de bien-être ; sans bien-être, pas dlntimité. Le papillon du sentiment n'éclôt que sous le rayon de la bienveillance et dans l'atmosphère viviOante de la sympathie. SoycAis plutôt naïfs qu'ironiques dans l'intérêt de notre bonheur et du bonheur des autres , et ne tuons pas, sous la froideur piquante de la moquerie, la chrysalide qui demande à s'ouvrir.

Page 1