‹ Grains de mil: poesies et penseesChapitre 73 sur 128 · LVI. ^-UlfE PUISSANCE DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

LVI. ^-UlfE PUISSANCE DE L'ESPRIT

U est une faculté que très-peu d'hommes connaissent et que presque personne n'exerce; je l'appellerai la faculté de réimpliceUion. — Pouvoir se simplifier graduellement et sans limites ; pouvoir revivre réellement les formes évanouies de la conscience et de l'existence; — par exemple, se dépouiller de son époque et rebrousser en soi sa race jusqu'à redevenir son ancêtre ; — bien plus, se dégager de son individualité jusqu'à se sentir positivement un autre ; — bien mieux, se défaire de son organisation actuelle en oubliant et éteignant de proche en proche ses divers sens et rentrant sympathiquement, par une sorte de résorption merveilleuse, dans l'état psychique antérieur à la vue et à l'ouïe ; — plus encore, redescendre dans cet enveloppement jusqu'à l'état élémentaire d'animal et même de plante, -~ et plus profondé-

ment encore, par une simplification croissante, se réduire à l'état de germe, de point, d'existence la-' tente; c'est-à-dire, s'affranchir de l'espace, du temps, du corps et de la vie, en replongeant de cercle en cercle jusqu'aux ténèbres de son être primitif, en rééprouvant, par d'indéfinies métamorphoses, rémotion de sa propre genèse et en se retirant et se condensant en soi jusqu'à la virtualité des limbes : — &cuUé précieuse et trop rare, privilège suprême de l'intelligence, jeunesse spirituelle à volonté !

LVn. — LA BOUSSOLE.

Le devoir a la double vertu de nous faire sentir la réalité du monde positif, tout en nous en détachant : c'est donc bien la vraie boussole de l'homme et son palladium.

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