LE BON ANGE
Canari, Pauvre ami.
Chante un peu moins fort, Dans cette chambre il est un mort.
Berlin 1846,
L'EMBIRRIS DES RICHESSES.
Nous te quittons, ô vieil abri de chaume, * Oui, mes en&nts, rendez gv&ce à genoux; La faim n'est plus, nous avons un royaume; Un ciel plein d'or vient de s'ouvrir sur nous. Nous, si joyeux quand jadis une obole Brillait un jour au foyer indigent, Nous hérilons ! la misère s'envole :
Merci, mon Dieu, merci, j'ai de l'argent!
— Ma fille, à toi des parfums, des dentelles, Comme au château des parures de fleurs ; Tous les plaisirs des heureuses mortelles ; Les bals, les ris, au lieu de nos douleurs !
— A toi, mon fiis, des coursiers et des fêtes !
— A nous, la paix loin de tout soin rongeant Et le satin pour reposer nos têtes :
L'argent ! l'argent ! Dieu, qu'il est beau, l'argent !
Quoi ! des palais c'est la toute la joie !
Vos yeux, enfants, perdent leurs doux éclairs. Bien vite, hélas! aux jours filés de soie.
Un dieu jaloux mêla des jours amers.
Malheur ! malheur ! aurais-je Mi méprise ?
Et, sur les flots, pilote négligent.
Pris pour le port le roc où Ton se brise?...
L'écueil ! mon Dieu, recueil, est-ce l'argent?
Reprends ton hôte, ô mon ancien asile, Où.des haillons m'ont protégé trente ans.
Des lits dorés le doux sommeil s'exile, Reviens, misère, et rends-nous le printemps ! Loin des cités, mes enfants, je l'espère.
Luira sur nous un bonheur moins changeant ; Oui, dans vos bras, serrez votre vieux père; Merci, mon Dieu, je ne veux plus d'argent.