BE L'ADJECTIF RELATIF
768. L'adjectif nommé par les Arabes .j»-~.i^t — .bîî nom relatif ou i w-.j relation est celui qui indique les relations d'origine, de qualité, de pays, de famille, de secte, de clientèle, etc. Il dérive d'un nom ou d'un adjectif et se forme en ajoutant ^ à la fln du primitif, dont on supprime la dernière voyelle ou la voyelle nasale, comme "c—*.' terrestre, de jo] terre; ^jL^ céleste, de *>-»—. ciel; ^— .«i. solaire, de ^j"-*-^ soleil; ^j^f Egyptien, de y^f Egypte; ^^...^ descendant de la famille de Hasan, de ^j — •♦^ ! Hasan ; ^ L-iJ-c un homme de la race
de lUic Othm.an, ou une chose relative à la maison Othomane (c'est aussi le nom d'une pièce de monnaie que nous appelons
en Irançaisosmatii); ^jju^ affratichi de Saâd; ,»ic théorique,
de J* science, opposé à ^-^ pratique, de J*c action.
769. Quand le nom duquel on veut former un adjectif relatif se termine pars' ou par Lj, on retranche cette terminaison pour former l'adjectif relatif; ainsi, de l — ^ — * La Mecque, on forme SS Mecquois; de ï*^ nature, se iQXïa.e'j^~X naturel ; de ÎLJL;^! Afrique, se forme "Jb^! Africain.
770. Si le primitif trilitère a un kesra pour voyelle de la pénultième radicale, il se change, dans l'adjectif relatif, en fatha;
ainsi, de J^ foie, se forme ^^\ de jJ-L/ roi et i 5lLj> reine,
^^^-L*; de Jji Dhotl, nom d'une tribu, ^J^. J.
Cependant, si les deux premières radicales ont pour voyelles des kesra, on peut, dans l'adjectif relatif, conserver les deux /cesra, ou substituer au second un fatha; ainsi, l'on peut dire "cLil et mieux X^^-, de J-j! chameau.
Si, dans le primitif, la première radicale a un kesra et la seconde un fatha, comme dans v,;i raisin, on forme aussi l'adjectif relatif comme dans le cas précédent; on dit donc ^^ et mieux ^~^.
Dans les racines de quatre lettres au plus, si le nom primitif a un kesra pour voyelle de l'avant-dernière radicale, il se conserve ordinairement dans l'adjectif relatif. Exemple : ^-^rf, dérivé de ir=M= Ardjis, nom propre de lieu.
Si, dans le primitif, il y a une lettre de prolongation avant la consonne qui a pour voyelle un kesra, ou si le mot a plus de quatre lettres, on conserve le kesra dans l'adjectif relatif.
Exemples rUoUJ \ Nasir, j-^^xl^ ! Mousiansir, ï-UsLi Fatima; adjectifs relatifs, J^^l), j^^j-^»iï*-^ et ^Lli.
771. Dans les adjectifs relatifs dont les primitifs sont de la forme J-^ ou xLxi.on change ordinairement le kesra en fatha, en supprimant le ^ quiescent du primitif. On dit ainsi J^t^?-' 'y^i- et 'VL,, adjectifs relatifs de 'if..f^ Djéxirèh,'isj^j- Médine
et L^-Jt-^ vaisseau. Quelquefois on peut conserver la forme du primitif ou la changer à volonté; ainsi, de ^--.w Messie, .-^-^
croix, on dit -s-yJ et "^g-^-^-Ls, ou ^s^^^^-~Ls.
Si cependant le primitif appartient à une racine sourde ou concave, on con.serve dans l'adjectif relatif le kesra et le ^ quiescent entre les deux dernières radicales. Exemples : ^^:/^
rèelydiQ l ë ■ 'i^ réalité; ^J-jji k de Jj-i^ fer; ^i-jj-» de J-;>-i' long.
772. t Les noms propres qui ont la forme des diminutifs J~*i et A-i~«i forment leurs adjectifs relatifs en perdant le ^.
/Cx' -^t'^ ■'xC^/
Ainsi, de i/^. »' Koréisch, JjJj> Hodhéil, l~^ ûjohéina, noms de tribus arabes, se forment les adjectifs ^^y, /V-^ et ^4?-; on dit aussi quelquefois ^J^j-i. On forme de même de ï-l^î Omayya, ^y^ ou ^~^!, et de ^^ Kosat, ^^^^ ou ^jj^-
773. f Lorsque, devant la dernière radicale, il se trouve deux ^ réunis par un teschdid, avec un kesra pour voyelle,
comme dans w^ ôon^ Sij^ petite gazelle, on supprime un des
deux ^ et l'on substitue un djexma au kesra; on dit donc à
l'adjectif relatif r^J» et J^.y-- Def '^ ï^a^i/^ nom d'une tribu
arabe, on forme irrégulièrement ^LL pour Ji ou jJo .
774. Les primitifs des formes J y-*J, aJj-*-*» J^-^ e*' *-■ ^rr*-*»
qui appartiennent à des racines défectueuses, comme jJ — c
ennemi, ^^ riche, o pour* ^Prophète, Je A/i, perdent,
dans la formation de l'adjectif relatif auquel ils donnent naissance, un des deux ^ ou des deux ^ par lesquels ils se terminent; leur seconde radicale prend pour voyelle un fatha; et si la lettre qui la suit est un ^, elle se change en j. On dit donc,
suivant cette règle, ^y^, ^j^,^^ et ^^jJ-=. Plusieurs
grammairiens n'admettent pas cette règle pour jji et les mots semblables, et disent ^«J^, comme*,' j)u de Jj-L~ Séloul. De B y Lj. ou 5 y U;. Scliénoua, surnom d'une tribu arabe, on forme
^y-^ ou ^ LLi.
775. Lorsque le primitif se termine par un ! brel ou ^ muet après un fatha (n» 73), si le mot n'a que trois lettres et que
â34 DES DIFFERENTES PARTIES
Yélif bref tienne la place d'un j ou d'un ^, on lui substitue un j dans l'adjectif relatif. Ainsi, de I — -^ bâton, ^ii enfant, pour y,^3i et ^-^.se forment les adjectifs relatifs St°^ ^^ Sy^-
Quand Vélifhml est la quatrième et dernière lettre du nom primitif, il faut voir si la seconde lettre est quiescente ou djezmée; dans ce cas, on supprime l'é/t/bref dans l'adjectif relatif, ou bien on le convertit en j précédé d'un ! quiescent. Par exempie, de ^,f parenté, ^^ bonheur, on peut former les adjectifs relatifs [ct^ et "5-^^, ou bien ^^3 et Jg'j'^^; de Lljo pour ,cf •5, on forme ^ jUo, ^yj^ et ^^- Si le ^ est radical, comme dans gi*f sens, il vaut mieux dire ^>*^ que '^. Si la
seconde lettre a une voyelle, comme dans ^jJt-^ femelle de chameau légère à la course, l'adjectif relatif se forme uniquement en retranchant VélifhrGl; on dit donc ^}*^-
Si le mot primitif a plus de quatre lettres, on supprime Vélif bref dans l'adjectif relatif. Ainsi, de ^-iJaJa.» Mostafa, j'— ^:" Bokhara, on forme les adjectifs relatifs ^i^^* et ^ .Ijfcf .
776. Si le mot primitif se termine par un hamza précédé d'un merfrfa^ et tenant la place d'uuj ou d'un ^radical (no232), on le conserve ou bien on le change en j, à volonté. Exemple :
• U— pourvu— ciel, ^5'U-. ou ^jU— céleste.
Si cette terminaison est la marque du genre féminin, le hamza se change nécessairement en .. Exemples : ^1 .3-c vierge, ^^.-^s. virginal, £i-<a~j blanche, s)k*=w rouge, et comme noms propres de lieu Béidha et Hamra; adjectifs relatifs, J^jti^-ii et ^^\J^,=>.,
777. f Le primitif se terminant par un j l'adical sans teschdid et précédé d'un djezma, si le nom est masculin, l'adjectif
relatif se forme sans aucun changement, comme ^£j=^ gram-
mairien, de ys:' grammaire, ou bien en donnant un fatha à la seconde radicale, comme ^;->j Bédouin, de}J-j désert. Si le nom est féminin, ou donne ordinairement un fatha à la seconde radicale. Si le primitif appartient à une racine doublement imparfaite et que le j soit redoublé et suive immédiatement la première radicale, on forme l'adjectif relatif sans aucun changement, comme^^^'' ^t 's'^' de Ja. air et 'i'^ fenêtre.
778. f Lorsqu'il y a dans le primitif un ^ pour troisième radicale, si le mot n'a que trois lettres et que le ^ soit précédé d'un kesra, on change le kesra en fatha et le ^ en j, comme dans ^^c, formé de ^*c ou *c, pour ç*^ insensé.
Si le mot a quatre lettres, le ^ étant précédé d'un kesra, on forme l'adjectif relatif comme il vient d'être dit, ou bien on supprime totalement le ^ radical; cette seconde manière est
préférable; ainsi, de jslj pour ^^'^ juge, on forme l'adjectif
relatif ^j^li ou mieux '^li.
Si le primitif a plus de quatre lettres, on supprime absolument dans l'adjectif relatif le^ du primitif, comme ~-àSjL^^, dérivé de ^i->wU».J ! Mostacfi.
779. f Le ^ étant précédé d'une lettre djezmée dans le primitif, on forme l'adjectif relatif sans aucun changement, comme de ^ gazelle, ^^, ou en convertissant le ^ en j précédé
d'un fatha, comme de ^; r-^ bourgade, J^^j-î. Cette dernière
forme est la plus usitée, surtout quand le primitif se termine par un s.
Si la seconde et la troisième radicale sont réunies en un ^ marqué d'un teschdid, elles reparaissent sous leur forme naturelle dans l'adjectif relatif, et le second ^ se change en j, comme dans ^j^,à>i ^i. vivant. Si le premier ^ vient d'un j radical (n" 231), on le convertit de nouveau eu^; ainsi, l'on dit fc 5 IL, de Jo, nouv ^Js pli.
780. f Si le primitif se termine par un ^ avec un ieschdid ajouté après toutes les radicales, il n'y a aucune différence entre le primitif et l'adjectif relatif; ainsi, de ' x-àli. Schaféi, surnom d'un docteur célèbre, on forme "-jcJlJi. disciple de Schaféi.
781. Les noms qui perdent une de leurs radicales la reprennent quelquefois pour former l'adjectif relatif ; quelquefois elle demeure supprimée dans cet adjectif.
782. On la supprime toujours dans les dérivés des racines assimilées (no 650); ainsi, de ïJjs.non d'action de J — cj promettre, se forme l'adjectif relatif ^J-c.
783. Lorsque c'est la troisième radicale qui est supprimée dans le primitif, si elle n'est point compensée par quelque autre lettre ajoutée au commencement du mot, on la rétablit pour former l'adjectif relatif, en changeant, s'il y a lieu, le ^ euj.
-Exemples : ^joéj'e^ o sang, pour^! etyi; adjectifs relatifs
^JÀ et ^^i. Si la lettre supprimée est compensée par une
autre lettre, comme dans ^\ nom, ^l fils, pour j^-- 6t j-~> , on
peut former l'adjectif relatif de deux manières, soit ainsi qu'il
vient d'être dit, comme ^j^-» et ^»^, ou bien en conservant
la forme du primitif, comme ,-»—' et <— ^i- De %j:,<i.) sœur et
C^ fille, on peut former les adjectifs relatifs ^>à-' et ^y-^ ,
ou bien ",xà.l et "<^> en conservant la forme du primitif.
784. Quand la troisième radicale est supprimée dans le primitif, mais remplacée par un i, on la rétablit dans l'adjectif relatif; ainsi, de ï-*) langue, dialecte, on forme l'adjectif relatif
^yj lexicologue; de i-D pour^ gencive, on forme ^j^-
785. t L'adjectif relatif ne se forme communément que des noms singuliers; ainsi, pour former un adjectif relatif d'un duel ou d'un pluriel, soit sain, soit rompu, il faut d'abord ramener le primitif à la forme du singulier. On dit, par exemple,
d'un homme qui connaît bien les lois ^y^, et d'un homme qui pâlit sur les livres '-1^^^, adjectifs formés non des pluriels «Jt^l lois, ^Jlst^ livres, mais des singuliers Â-«-Jj^ loi, ï-à~sc^ livre (n° 771). Cependant, beaucoup d'adjectifs relatifs qui servent à désigner la profession, l'état ou la secte à laquelle un homme est attaché, et qui font en quelque sorte fonction de surnom, se forment des pluriels rompus et même de ceux qui ressemblent aux pluriels sains du genre féminin (n» 826). Ainsi, de ï-i.so, pluriel ^Zj^j^^ attributs, et ■.-j-^i-S, pluriel ^^^-uS livres, se forment les adjectifs J\su^ un homme de la secte qui reconnalt en Dieu des attributs distincts de l'essence, ^cr-^ libraire.
Tels sont encore ^^y^ marchand de feutres, de^^, pluriel de
.X-4J feutre; "P^' — ^ horloger, de c^LsLJ,, pluriel de ï-rl — 1 horloge. Des noms propres ou surnoms qui ont une forme plurielle, comme m;-''-^ Médaïn, nom de ville, et .1 — ~i J! Défenseurs, surnom des habitants de Médine, on dit de même
^!Jv> et ^,Uy).
786. f II n'y a rien de surprenant que de tous les noms on puisse former des adjectifs relatifs, mais on peut être surpris que tous les adjectifs verbaux puissent donner naissance pareillement à des adjectifs relatifs. On sent bien elTectivement que des noms Augustin , Thomas, roi, vierge, zodiaque on peut former les adjectifs Augustinien, Thomiste, royal, virginal, zodiacal; mais on ne sent pas également que des adjectifs grand, long, etc., on puisse former de nouveaux adjectifs qui expriment l'idée d'une relation aux premiers, puisque ceux-ci ne désignent par eux-mêmes aucun être, aucune substance, soit réelle, soit envisagée comme telle par une abstraction de l'esprit. Il faut observer cependant qu'en arabe la plupart des adjectifs verbaux peuvent devenir et deviennent souvent des noms propres ou des surnoms considérés comme faisant partie
du nom de l'individu auquel ils s'appliquent. Les exemples en sont très fréquents dans les auteurs du moyen âge de la littérature arabe, et il suffira d'en donner un seul, tiré d'une inscription arabe gravée sur un vase de bronze. L'inscription devant désigner que le propriétaire du vase était attaché au service d'un sultan d'Egypte nommé Almélic Alnasir, dont les
titres et les surnoms étaient Ji'-jJt JLjJI j^^ ^'^^ Sj-^^
JiijT j^LoT pS^ r ijp' rjiid T L !pT U4^J ^jUJT
j— ~oL U I , c'est-à-dire le seigneur, l'émir grand, savant, juste, guerrier, combattant, défenseur des frontières, protecteur des limites, secouru [de Dieu], obéi, parfait, Almélic Alnasir, elle
est conçue en ces termes : ^j^'^ ' v 5^i*-^ ' s?^ ' r'v/^ ' J^ '
ne peut rendre qu'ainsi : Le personnage noble, élevé (Omar, fils de Mahmoud), client du seigneur, de l'émir grand, savant, juste Almélic Abiasir.
1&1. t Quelques adjectifs relatifs sont formés d'une manière irrégulière, comme Jjj t. de ^, , natif ou habitant de la ville
de Rey; Jc»4-^ de ^LL-^JJs, natif on habitant de la province de Tabaristan; ,Ck-J i> de ^y^u^, natif ovi habitant de la ville de Kinnesrin; ' -,~^^ de ^;-.;-~^, natif de Nisibe; on peut cependant dire aussi j-j i-lli et (j—.-^^.
788. 7 On forme aussi assez souvent l'adjectif relatif par l'addition des syllabes ^' , comme ^L»~^ corporel, de *~ol
corps; '^Ky lumineux, de ,y-J lumière; ^L^j , spirituel, de Ijj esjortV. Mais ces adjectifs relatifs sont presque toujours employés dans un sens métaphorique ou spirituel; au sens propre.
on dirait, suivant la forme ordinaire, ^a-^, ^j jj et ^fji-
780. f On peut aussi former des adjectifs relatifs, des noms propres ou surnoms composés de plusieurs mots, comme
iîJt x^ Obéicl Allah, i^^^ ! t^r' Fakhr Eddin. Les noms composés de cette espèce sont nommés ' ^^jJ^. (n» 595), parce qu'ils sont formés de deux noms dont le second sert de régime ou de complément au premier, comme on le verra dans la syntaxe. Dans ce cas, on peut former l'adjectif relatif de trois manières: soit du premier mot, en supprimant tout à fait le second; soit du second, en supprimant tout à fait le premier; soit des deux réunis, en prenant seulement deux lettres du premier et deux lettres du second et en en formant un quadrilitère. W Ainsi, de
-.*i- J^ Ahd Schems, on fait ^X^ ou <-.~*i ou enfin ^*^;
de. -liJI J^ Abd Almotalleb, on fait ^--Ua» ; de, ^.Ji.M i.^
Abd Al/caïs, ^^S—^; de^j)L:^ j ss Abd Ménaf, ^L;—^; de
.!!.'! x^ Ahd Aldar,'^.i^;^& ii:ii\ j.^ Ohèid Alldh,lc,xS^\
de ^U I Ji:* Fakhr Eddin, iSj^^-
Si le composé a pour première partie les mots y-ji père, ^1 fils, ou. quelque autre semblable, l'adjectif relatif se forme du
second mot, comme '^j^\, de^ JJ \ ^\ Ebn Alzobéir, Is^.i
de 1-^ y\ Abou Becr. (2)
{l) Voyez Djewhari, an mot ^/^-i-- '^•^ , racine ^j~*-^ — Ces diverses formations ne sont admises que pour éviter la confusion que pourrait produire quelquefois la première méthode.
(2) Je dois observer ici une autre manière d'obvier à la confusion que pourrait occasionner un adjectif relatif que l'on peut rapporter à plusieurs primitifs.
L'adjectif ^j-^'j, par exemple, pouvant indiquer la relation à Almélic Alnasir
Mohammed, fils de Kélaoun,o\i à Almélic Alnasir Faradj , fils de Barkouk,iiar krizi, pour dire : du temps d' Almélic Alnasir Mohammed, fils de Kélaoun, s'ex-
prime ainsi : jjj-*-^ ^ "^*^ Jo^uJ 1 j»'-j-'! C-^o UJ ; et pour dire :
790. t Dans les composés de l'espèce nommée 'c^y •-^y, c'est-à-dire intimement combinés (n° 595), parce que les deux mots n'en font plus réellement qu'un seul, comme di-S J-x-j Baal Bec,yy-i, >t. Ram Hormuz, Oj*j ia^ HadraMaut, on forme régulièrement l'adjectif relatif du premier mol seulement, comme V— «-J ; mais on peut le former aussi du second seulement ou des deux réunis en un seul mot, ou bien en donnant à chacune des deux parties la forme de l'adjectif relatif, ou enfin en formant des deux mots un seul quadrilitère. Exemples : |%^' , " CliiJ , ' ^ Jç^^. > ''Syy /V 'j > 7/ r^ o"
791. t Les grammairiens arabes admettent aussi des adjectifs relatifs dérivés d'une proposition complète telle que celleci : J..JJ ^yo Zéid a /"rappé.lls appellent cette sorte de composés ^:i\L.] w^j» (no 595), du mot ^LL.1, qui signifie la connexion du verbe avec son sujet. Pour former d'une pareille proposition un adjectif relatif, il faut prendre seulement le premier mot, lui donner la forme de cet adjectif et supprimer entièrement le second ; ainsi, dans l'exemple donné, l'adjectif relatif sera 'çiy^- De tels adjectifs ne peuvent avoir lieu qu'en considérant certaines propositions comme les noms techniques de quelques formules de grammaire , de rhétorique ou de quelque autre science. Ils peuvent aussi se former de certains noms propres ou sobriquets qui présentent réellement une proposition complète. Par exemple, de |Ji iJb', surnom donné au poète Thabit,
au commencement du règne d'Almélic Alnasir Far adj, il dit : J Stj' ^
r^ i— >^^L J I A-Jj.ïJ 1 . Je pourrais citer beaucoup d'exemples pareils à ceux-ci. — Je reviendrai là-dessus lorsque je traiterai de la syntaxe.
(1) 11 faut voir à ce sujet ce que dit Hariri, dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 100 et 101. 11 condamne tout à fait l'adjectif ethnique ^y^j-^ efu , dérivé dej — ^-» ^'j Ram Hormuz, maigre l'autorité d'un grammairien et l'exemple d'un poète qui en a fait usage.
fils de Djaber, et qui signifie proprement il a porté une infortune (c'est-à-dire une épée) sous son aisselle, on forme l'adjectif
relatif , h 'I > client ou affranchi de Taabbata Scharran; de
spr» (JJ, surnom d'un autre Arabe, qui signifie proprement sa gorge a été fendue, on forme l'adjectif J^j^- On a fait aussi de <::^-l-^j'ai été, l'adjectif "-ï-JLT, pour signifier un vieillard décrépit, qui peut dire : j'ai été.
792. Des adjectifs relatifs peuvent aussi être formés des particules et des noms indéclinables qui en font la fonction, comme ^pourquoi, ^i^~3. où, ..' car, ^ si. Dans ce cas, si la particule n'a pas plus de deux lettres, on redouble la seconde lettre; 3i\x\s\,Ae ^ pourquoi? on forme l'adjectif -âJ; de -S et
jJ, on forme ^-^LJ'et ^^- Si la seconde lettre est un élif, on ajoute pour troisième lettre un hamza et l'on donne à Vélif un medda, comme J^.t», de L».Ges sortes d'adjectifs ne sont guère usités qu'en traitant des sciences spéculatives.
703. f Les grammairiens arabes, en général, assimilent à l'adjectif relatif les deux formes d'adjectifs verbaux J-^Li et jL*3, qui servent à exprimer soit la possession, soit l'état ou le métier que quelqu'un exerce.
Quelques mots de ces deux formes peuvent effectivement être envisagés plutôt comme des adjectifs relatifs que comme des adjectifs verbaux, parce qu'ils ont pour primitifs immédiats des noms et non des verbes. Tels sont, par exemple, ^^i^ possesseur de lait, y>^ possesseur de dattes, .-oUs qui a des vivres, ,J{ qui a des habits, et aussi ; Ij-J marchand d'étoffes, C-»' — j ; marchand d'huile. La même observation s'étend à quelques mots des formes J*3, Jl*i» et J-»à^.(')
(1) Voyez la Grammaire d'Ebn Farhâtet le Commentaire sur VAl^yyaA'Ehn Malec (man. ar. de la Bibl. du Roi, \x" 1295 A, fol. 66, et 1234, fol. 160 verso).
794. t On aj oute que la première forme Jj^ili, employée dans le sens de l'adjectif relatif, se dit sans aucune variation pour le féminin comme pour le masculin, ce qui la distingue de l'adjeclif verbal de la même forme; mais cette observation ainsi généralisée est sujette à plusieurs objections dont l'exposé aurait peu d'utilité; il suffit de l'avoir indiquée. Ce qu'il
y a de certain, c'est que la forme Jlii prend quelquefois la 1er-
miaaison féminine pour indiquer le sexe, comme ïJLlJ» timbalière.
795. On nomme ces formes d'adjectifs verbaux ^-^ >>ULi s i»...^ ! »^S* ! mots qui ressemblent à l'adjectif relatif .
796. Tous les adjectifs relatifs peuvent donner naissance à de nouveaux noms abstraits qui indiquent la qualité contenue dans l'adjectif, mais considérée abstraction faite de tout sujet et comme si elle avait une existence réelle par elle-même.
Ainsi, de »*=>., qui signifie réunion, collection, tiombre pluriel, on forme l'adjectif relatif ^a^- appartenant ou relatif au pluriel; et de cet adjectif se forme ensuite le nom abstrait '^^*o^ la qualité par laquelle un mot est du nombre pluriel , ce qui constitue son essence comme pluriel. On dit de même ÏJùL la qualité ou l'état de ce qui devance, 'Lî^^ la qualité ou l'état de ce qui est devancé. Ces noms ne sont autre chose que le féminin de l'adjecfit relatif. Quelquefois ils s'éloignent un peu de la significalion précise que nous venons de déterminer. Ainsi, de ^5-^^, pluriel de ^^^XJi-^ livre, se forme ' ,-^1-^ libraire, et de celui-ci ï--»i> -magasin de livres, bibliothèque.
Tels sont encore : LJL;» l'essence d'une chose, sa quiddiié, de
1' ^ '• '- < ' '-^ ^ u> ce qui, ce que; ï ■ k ■,■> le comment, la quomodéité, de * s^
comment; 'L^ le combien, la quotité, de «S combien. J'ai déjà dit un mot de cette espèce de noms abstraits (no 694).