‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 165 sur 188 · L'article déterminatif J t est nommé par les Arabes · texte numérisé non relu

L'article déterminatif J t est nommé par les Arabes

ijJLL) ] Sb! L'instrument de détermination, ^-îJ' j * àJj! Télif

et /e lara, ,ijf»;J| >S* le lam de détermination; cette dernière dénomination est fondée principalement sur l'opinion de certains grammairiens qui pensent que l'article ne consiste essentiellement que dans le lam seul et que Vélif d'union qui y est ajouté est une lettre purement accessoire et destinée à faciliter la prononciation de l'article lorsqu'il se trouve au commencement d'un discours. (*)

962. t L'article déterminatil s'emploie dans deux vues différentes : 1" pour indiquer l'espèce tout entière comprise sous le nom appeilatif, ce qui s'appelle ~:s-' J /}oi<r l'espèce; 2° pour indiquer que l'individu dont on parle est déjà connu et le rappeler à l'esprit de ceux qui écoutent, ce que l'on appelle -^iU pour le souvenir, ou Jj-.^ji*LJ pour la chose dont on a déjà fait mention.

963. f Ces deux usages de l'article déterminatif se subdivisent encore. Lorsqu'on emploie l'article déterminatif pour indiquer l'espèce entière comprise sous le nom appeilatif, on peut avoir en vue : l» d'indiquer seulement l'idée de la nature commune à tous les individus de l'espèce, comme lorsque je dis : L'homme est plus robuste que la femme; 2° d'indiquer réellement et sans métaphore la totalité des individus compris dans l'espèce, comme dans cet exemple : L'homme est sujet à se tromper, cas dans lequel l'article renferme la valeur du mot

^ tout; 3» d'indiquer pareillement la totalité des individus,

(1) Voyez ci-devant, n'»93 et 131, ce que j'ai observé relativement à la suppression de Vélif de l'article J ' dans certains cas.

mais d'une manière métaphorique et en considérant plutôt leurs qualités que leurs personnes, comme si l'on disait de quelqu'un : Il est à lui seul l'homme en fait de vertus et de talents, c'est-à-dire il réunit les vertus et les talents de tous les hommes; l'article renferme, en ce cas, la valeur du mot JT tout, mais d'une manière métaphorique. De ces trois emplois de l'article déterminatif destiné à indiquer l'espèce entière, le premier se

nomme à-^U 1 ^^-^^yû' la détermination de la nature; le second

iJLJLa. i>-i4-' -^ V' (Jjy^i^i la réunion de tous les individus de l'espèce, dans le sens naturel, et le troisième ijaJ lls.i>. ^ LjU-.! tjLaEJ' ij''.'.:f I la réunion des propriétés de l'espèce, dans le sens tnétaphorique.

L'article déterminatif, employé pour rappeler le souvenir d'un individu, s'applique : l" à un individu dont on a réellement parlé et qui par là est présent à l'esprit de celui qui parle et de celui qui écoute, comme dans cet exemple : J'ai vu un homme et une femme : l'homme maltraitait la femme; 2° à un individu dont le nom n'a point encore été prononcé, mais qui est, en quelque sorte, présent à l'esprit de celui qui parle, comme si je dis : Rentrez vos brebis avant la nuit, de peur que le loup n'en man^e5'Me/2'M'^/we. C'est ainsi qu'au lieu d'intituler une fable : Un loup et un agneau, nous disons Le loup et l'agneau. Dans le premier cas l'emploi de l'article se nomme ^s — Ij-*-^ ^X-£. \ J^*) ! la détermination d'un souvenir extérieur ou

sensible, et dans le second cas il s'appelle "ç^J-î ! •^v^ ' ^-^.f^ la détermination d'un souvenir renfermé dans l'esprit. W

(1) Il me semble que, dans ce cas, l'article désignant un individu quelconque de l'espèce, comme s'il était connu d'avance de celui à qui l'on parle, renferme précisément l'idée exprimée précédemment sous le terme technique de

h'— ^ (f**-^' / v=jL^ï^ ij'tJi^^'. Un grammairien divise io dp'tfrminotion de l'espèce ^/^ ' ^ — ^.j*~' en deux subdivisions, dont la première comprend

064. f Les noms propres, étant de leur nature déterminés, sembleraient ne devoir point admettre l'article déterminatif ; et, en efïet, cet article ne doit point s'employer avec les noms propres distingués par la dénomination de .j^y improvisés, c'est-à-dire qui ont été primitivement employés comme noms propres, sans avoir servi à aucun autre usage (n» 595), comme j'otw Soâd, nom de femme; mais, pour les noms propres dési-

gnés sous la dénomination de J»ï^ transportés, parce que ce sont primitivement des adjectifs verbaux ou des noms d'action dont on a fait ensuite des noms propres, ils peuvent recevoir l'article qui sert à indiquer leur restriction à un seul individu; ainsi, de c:.'.'^ laboureur, , ;Li trésorier, Jy^o bon, j^ vertu,

J^-s- justice, on dit en employant ces mots comme noms propres : S'j^ ' , jj ^' ' . ^^" , J-^iJ ' et Jl-iJ ', Alharith,

Alkhazin, Alsalih, Alfadhl et Aladl.

On peut cependant employer tous ces noms sans y joindre

l'article, et l'on dit indifféremment ,^.-0. ! et (^;-r~^ ' ou ivr*""^ et ^jyji,^ Hasan et Hoséin.

965. Il est encore quelques autres usages de l'article déterminatif que je ne dois point passer sous silence. On fait usage de cet article :

1° Pour remplacer un complément d'un rapport d'annexion

aJJ! v^LJsJ ! y> J-J-J, complément dont on fait l'ellipse pour donner plus d'énergie à l'expression. Exemples :

effectivement tous les individus de l'espèce; il appelle celle-ci ;/»-^- ' ^—^.j*^ Jj-^ ', et la seconde comprend seulement ce qui appartient à cette espèce, ^*-^ I iJj' ^^^ ^> soit qu'il ne s'agisse que d'un individu ou de plusieurs

■^^ y 1^^ b^. 11 appelle ce genre de détermination j,^ ' \jy-4' > ^ — ^.j*^

et en donne pour exemple cette phrase : V J-v 1 iLTIJ .' ^ i<^i je crains

que le loup ne lemange.

O toi dont l'âme est exempte de tout souci, tu as livré mon cœur au trouble et aux angoisses; par ton éloignement tu m'as causé un tremblement, et, dans ce tremblement, ma raison m'a abandonné.

Les articles, dans les mots ^c»Jj I l'éloignement et JJL*J 1 la raison, tiennent lieu des pronoms affixes, que j'ai exprimés dans ma traduction en disant -.par ton éloignement et ma raison.

(Horéiréh) n'est point de ces femmes dont l'aspect déplaît à

leurs voisins; jamais tu ne la verras épier le secret de son voisin.

On voit aisément que ^j^ ' les voisins et ^^ ! le voisin sont

pour ^4^';;:?- ^^s voisins et ^,^ son voisin.

C'est ainsi qu'on dit JiU I , j^ !, L*^ ! au lieu de ]J^i ^, ^•¥°^.> i:r**r^) etc.

L'article déterminatif s'emploie encore par antonomase t)^, comme quand on dit^LlSU! /e Lirre, pour indiquer r^/cora« ou le traité de grammaire de Sibawaïhi;(')

2° Pour indiquer tme qualité dominante chez quelqu'un :

*-^— f" ;^7*-^> en sorte que cette qualité devient un sobriquet

et tient lieu de nom propre. Exemples : dJI ï^^l le rieur,

>__)i-x xJ t le menteur; 3° Enfin, suivant les grammairiens arabes, l'article détermi-

(1) Voyez ce que j'ai dit dans mon Anthologie grammaticale arabe, ^. 381, au sujet des divers ouvrages qu'on appelle, par antonomase, ■^\s-SLi ] /g Livre.

(2) Je suis loin de regarder l'arlicle comme pléonastique dans l'adjectif conjonctif ^-^ ' , puisque c'est la présence de l'article dans cet adjectif qui restreint son usage aux propositions destinées à qualifier des antécédents déterminés.

DU DISœURS 439

natif est quelquefois employé d'une manière pléonastique ï Jji ; et, dans ce cas, il est ou d'wH usage indispensable ï^" , comme dans l'adjectif conjonctif ^jj !, ^J '>io'--^' \ ,&ic.,(2)o\x susceptible d'être retranché ïJ»;^ f-n-'. comme dans le mot composé yj^ \ voiij des truffes, au lieu duquel on peut dire aussi, sans article, j jji v^U^.

966. Les articles démonstratifs sont compris par les Arabes parmi les notns d'une application vague *^-^ »— >' et sont nommés par eux is.Li^ ! sUl' noyiis d'indication.

967. Il y a un article démonstratif simple et plusieurs composés.

L'article démonstratif simple sert à indiquer les choses proches, circonstance que nous exprimons en français en joignant à l'article démonstratif l'adverbe c?, comme ce chapitreci. Le voici :

SINGULIER

Masculin : b et quelquefois ='i, i^Mi ce. ..-cl, cet. ..-ci. Féminin : ^, <0, U', ^__çi, ^>i,si, J cette. ..-ci.

Page 1