Passif
7. Les verbes transitifs prennent à la voix passive une signification intransitive; aussi se conjuguent-ils avec rintransitif être. H n'y a qu'une conjugaison pour tous les verbes passifs ; on la forme, dans tous ses temps, avec les formes simples ou composées de l'auxiliaire être et le participe passé du verbe que Ton veut conjuguer passivement. De là il résulte que les temps composés ont deux participes, le participe &é et celui du verbe : Je suis piqué, /ai été piqué.
« La flexion de la voix passive latine a disparu en français; seul le participe du parfait s'est conservé et est employé, quoi qu*il serve déjà de compensation à diflérents temps actifs, à former avec le verbe être le passif tout entier. C'est la langue latine qui elle-même a dû susciter cette périphrase, car eUe remplaçait de la même manière les temps du passé. Le verbe auxiliaire est ici aussi destiné à exprimer par sa forme la personne, le nombre, le temps et le mode; le participe donne Tidée, mais il maintient, ce qui n'a pas lieu à Tactif, ses droits comme adjectif^ c'est-à-dire qu'il a genre^ nombre et cas (nominatiO* L'idée du temps toutefois l'a abandonné : amatus veut dire simplement « qui a part à Tamour »; amaluê tum ne signifle donc plus « je suis un homme qui a été aimé a, mais « je suis un homme qui est aimé, je suis aimé y» et répond au présent amor (*).
Les verbes déponents ont pris la forme active en passant en français, ou, pour parler plus exactement, ils avaient déjà perdu la forme déponente dans le latin vulgaire, et même dans les comiques latins qui reproduisent, comme on sait, beaucoup de formes de la langue populaire. On trouve dans Plante arbitrare^ moderare, munerare, partire, venerare, etc., au lieu iïarbitrari, moderari, munerari^ pariiri, venerari. C'est pour cette raison que tuivent, nais$ent, etc., viennent de séquutU, nàacunt, et non de sequûntur, nascfmtur^ qui auraient donné suiHônt^ naisêônt {*).
(1) Diez, Gr. II, 115.
(2) Brachet, Gr. hist., 185.