TEMPS DU PRÉSENT
3. Le prfmû de Vindicatif n'a qu'une forme et cette forme se compose des terminaisons personnelles. Au singulier les verbes eu er et les verbes en //• cités au § 107 prennent un e muet qui rend sonore la dernière lettre du radical (§ 56) ; après ce c, on omet à la 1. S. la terminaison s des autres verbes, terminaison qui n'est pas étymologique; à la 3. S., la terminaison f, qui existait déjà dans l'ancien français, tombe également après le €, excepté dans la foniie inten*ogative. Il résulte de là que le présent a des terminaisons différentes, mais au singulier seulement, pour les verbes en er et poui- ceux en re ou en ir.
lia s. Je chant-e lin-t-8
lin-i-a
lîn-i-t P. N. chant-ons iin-iM-ons
rin-t>«-ei
rm-i««-6nt
La voyulle finale des mnts latins accentués sur la pénultième tombe le plus souvent en français, à moins qu'elle ne soit un a, auquel cas elle se maintient presque toujours, transformée en e muet : ainsi canto, cantas^ eantat, produisii-ent chant, chantes^ chantet, comme perdo, perdis, perdit, donnèrent p^rd, perd^y perdftj. Dès le XII* siècle, on commença à^jouter un e muet à la 1. S. et «i retrancher le t do la 3. S., ce qui amena pour les yeux comme pour Toreille la similitude de ces deux personnes.
4. li^préseut de V impératif vCdi, que la deuxième personne du singulier et les deux premières pei-sonnes du pluriel, et il n'a pas de première pei'sonne du singulier, non point, comme on le prétend, parce (ju'on ne peut se commander à soi-même, mais parce qu'en pareil cas il est inutile d'exprimer le commandement.
I lia II h IV
"1 Chant-e Fin-i-s Par-8 Romp-s
P. 1 Chant-ons Fin-ût-ons Part-ons Romp-ons
"1 Chant-ez Fin-t«s-ez Part-ez Romp-ez
On voit que le présent de l'impératif ne se distingue du présent de l'indicatif que pai* l'absence du pronom-sujet.
Chante na point de 8, parce qu*il est formé de canta. C*est la seule fonne dérivée du latin. L;i l*** et la 2°>« personne du pluriel ont été empruntées au présent de l'indicatif. Le latin avait une troisième personne à l'impératif, tant au singulier qu'au pluriel ; cette forme ne peut pas suhsister en français, parce qu'elle se confondrait avec la deuxième personne du singulier, et qu*il n*y aurait pas, comme dans les autres temps, le pronom-sujet pour les distinguer (§ iOl).
5. Le présent du subjonctif est caractérisé par la forme e, qui se change en i devant les terminaisons personnelles ons et ez; mais ce i ne sonne pas comme voyelle, c'est un i consonne qui
II h
iwirt-e
romp-6
(Nirt-es
romp-et
part-e
romp-e
part-ions
i-omp-ionfl
part-iei
romp-iei
part-ent
romp-ent
240 TEMI»S DU PASSÉ § ll>î>
a la valeur du y français et forme une diphtongue (impropre) avec la voyelle qui suit, de telle sorte que rompions, imiom se prononcent ivin-pyons^pH-ymis^ etc.
1 lia
S. 1 Que je chaiit-e fin-ÎM-e
2 Que tu chant-et fin-tM-es
3 Qu'il chant-e fin-tM-e P. 1 Que nous chant-ions fni-isMons
2 Que vous chant-iei tin-iM-ies
3 Qu'ils chant-ent fîn-îM-ent
On voit que le e du présent du subjonctif amène partout le rejet de la terminaison s de la I.S., ainsi que la suppression du t étymologique de la 3. S.
Les flexions muettes 0, es^ e (t) et ent sont tintes dos formes correspondantes ■om, <u, cU, ant de la III* conjugaison latine, tandis que les formes accentuées tout et iez sont dérivées de eàmuê-iàmuê^ eàliê-idlM des II« et IV* conjugaisons latines.
6. Tj imparfait de Vindicatif se compose pour tous les verbes, tant en er qu'en i-e, oir et î/-, des terminaisons personnelles que l'on fait précéder de la forme ai, qui devient i (= y français) ila 1. et 2. P., ainsi :
I II a
S. l Je chant-ai-s fin-ù«-ais
'2 Tu c)iant-ai-f fin-t<«-ais
:t 11 chant-ai-t fîn-ÎM-ait
P. 1 N. chant-i-ons fln-w-ions
2 V. chant-i-ei fln-tss-iei
3 Ils chant-ai-ont tin-itt-aient LMmparfait avait, dans Tancien français comme en provençal {}), deux formes
'distinctes, Tune pour les verbes en er et Tautre pour les verlx'sdcs autres conjugaisons : le latin àham avait donné ave, aue, oe, oie, tandis que ébam ou iébam était deverm eve, ee, eie. Plus tard ces deux formes oie et eie se coiifondirent, la diphtongue et ayant été remplacée paroi (§ 47), dont la prononciation, qui avait d*abord été ouè, se modifia par ce mélange de formes et finit par se réduire à unsimple é, bien que Ton conservât la figuration oi. anomalie qui n'a cessé que de nos jours avec le triomphe de Torthographe dite de Voltaire (^). Vers le X1V« siècle, on voit tomber le e muet de la i. et de la 2. S. et s'ajouter à la 1^* le 8 qui, d'après Tétymologie, ne devait appartenir qu*â la seconde. Le e muet de la 3. S. que Ton trouve dans les textes du X.« siècle avait déjà disparu au XI* siècle.