VERBES FORTS OU IRRÉGULIERS
gue ne pouvait plus considérer la présence de cette lettre devant ce qui était devenu pour elle toute la flexion que comme une anomalie. Elle avait bien pu, d'après tu duisia {duxistijf par ex., développer dui-sit de dui-st, parce que le s de ces flexions lui apparaissait comme radicale, au même titi-o que celle de duis-ois. Mais elle devait répugner à tirer de la même manière arsit de ar-stf traisit de trai-st, closit de clo-stj et à plus forte raison ne pouvait-elle accepter des formes contractées comme tu clos^ nous clomes, vous closteSy qui n'auraient présenté à l'esprit aucune idée de prétérit. C'est donc bien grâce» à la ressemblance fortuite de leurs formes fortes avec les formes correspondantes de la flexion faible en i (*) que les quelques prétérits foits dont nous nous occupons tloivent d'avoir survécu au naufrage des autres. Mais ils n'ont pu le faire qu'en se dénaturant presque complètement, c'est-à-dire en pei-dant, par la contraction qu'ils ont du subir aux anciennes formes faibles, le caractère le plus essentiel de la flexion forte, qui est la mobilité de l'accent tonique.
b) La flexion ui ou vi fui après une consonne : deb-uiy vi après une voyelle : dele-vij, fort répandue dans le latin classique, n'est plus représentée aujourd'hui que dans un petit nombre de verbes appartenant surtout à la conjugaison en oir. >Si le u qui, dans la série des flexions latines, ne portait Tacct-iit nulle part, a pu être conservé en français, il faut admettre qu'il était <levenu long dans le parler du peuple, et cette hypothèse est encore nécessaire pour expliquer la modiflcation du son de celte voyelle, car c'est seulement le «i long latin qui donne naissance au u franc^ais. Les participes en fitum^ devenus si nombreux à l'époque du dégagement de liotre langue, dui'ent contribuer aussi à ce double changement, dont la conséquencie fut la nouvelle accentuation dcbùi, debuisti^ débxnt^ debuimus, debuistis, debùerunt. Des six fornu*s du prét(irit, trois se trouvèrent alors accentuées sur le u et trois sur le i. Mais les deux voyelles du groupe ut s'étant étroitement unies dans la prononciation, l'accent I fut attiré partout sur le u, voyelle plus lourde que le i, et cette dernière fut sacriflée. Toutefois cette tendance de la langue qui la portait à prononcer et accentuer le u ûadebuity par ex., comme celui de fuit et de minututHy dut être et fut en eftet combattue par un instinct contraire, celui qui était de ne pas déplacer l'assise de l'accent latin. Quand le radical fut terminé par une liquide, ce fut la première tendance qui l'emporta : la consonne radicîde fut conservée, et, la flexion prenant l'accent à toutes les personnes, le prétérit de fort doviul faillie (val-uij val-us, etc.). Ce fut le contraire qui arriva lorsque le radical ne se terminait pas par une liquide. La flexion s'unit alors avec la voyelle radicale fsapui^ saU'Uiy d'oiisôUjSO'HSySÔut eisoty so-iimes^ so-Ostes^ sôurent, ou aussi: scu, se'itSj etc.), ou s y substitua /de&ut,dttt, de-i't s, etc. ){'^) Mais, dans la langue moderne, le u accentué subsiste seul, et c'est aint>i que les verbes en ni ne sont plus réellement des verbes forts, puisque, comme les verbes faibles, ils forment l«;ur prétérit en accentuant la terminaison.
Au participe passé les verbes de la première classe ont en général conservé la consonne latine ^ ou s : dit de dictum, mis de missum. La forme u accentué ( — utumj qui caractérise la seconde classe a passé de quelcjues verbes latins [exutuin. dilutufHy indutumy imbututn, mi/tu^tm, siitum, tribututn, (Me.» à un grand nombi'e de verj)es français : bibutum, béu, bu; çreduturn. créu, cru; valututn, valu, etc. ; il y a même des verbes de la première classe qui prennent cette terminaison : vu de vidutum^ tenu de tenutum, venu de venutum.
(4) Dans conclure, exclura, le prétérit coficlus, t'.rclus a été sauvé par la irs^«'inblance avec le prétérit des verbes forts m ui.
(2; Ch.ibaneau,96etsuiv., 112 Ptsuiv. Le verbe e/ert? est le seul vorh'.* fort en us dml le radical reste intact aux temps du passé, quoiqu'ilne soit pas terminé [)ar un»* liMuid»' (v. S 123).
CONJUOAlSOy DES VEBBEg EN EB
Article V. — OoDjng&ison dn verbes en XB.
A. 7erI)M an «r A rtdical inTariabla.
§113 l.Ily a environ 4000 verbes simples en er. Tous ces verbes, & l'exception de allfr et enœijer, sont réguliers et se conjuguent sur le modèle suivant :
Con]ii(|BlsoD dD varba CHANTER.
Indicatif.
lUFÉBATIF.
Présent:
Je cli&nt-e
Tu chant-es
Ohant-e
Il chant-e
Nous cliant-ona
Chant-ona
Vous cliaut-ez
Chant-ea
Ils chant-ent
IinjKirfiiit.
SuBJOsCTiF. Présent.
.Te chaiit-^5
Je chant-e
Tu cliant-M3
Tn cllall^B8
Il cliant-ait
Il chant-e
Nous cliant-iona
Nous chant-ions
Vous cliant-îez
Vous chant-iez
Us chaut-Meat
Ils cLant-ent
Prétérit.
Imitnrfait,
Je cliant-ai
Je chant-asse
Tu cliant-aa
Tu cliant-asses
Il chaut-a
Il diant-ât
Nous eliaut-âmes
Nous ciiiiiit-asdons
Vims chant-âtoa
Vou3 rhant-aasiaz
Ils chaut-èrent
■ Ils chiint-assent
Piitur.
Paeticipb.
Je cliaut-e;--^
Tu cliaut-cr-aa
Chant-ant
n L-liant-er-a
Noua cluiiit-w-ons
Passé. .
Vous cliant-er-ez
Cliaut-é
Ils chant-pf-ont
CondithHtid présent.
IXFISITIF
Je chant-er-al8
Présent.
Tu cliaut-tT-aïs
Chant-er
Il cliant-(?r-îùt
Nous cliant-r»-ionfl
Vous chant-er-îflZ
Ils cliant-CT--£d6ût