‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 23 sur 409 · LA PROPOSITION SIMPLE · texte numérisé non relu

LA PROPOSITION SIMPLE

1. Dans son plus grand développement, la proposition contient un sty'et et un prédicat, et un ou plusieurs déierminatifs.

Nous appelons détermitiatif tout mot et expression qui particularise ridée exprimée par le substantif ou par le verbe ; le

déterminatif est un attribtU dans le premier cas et un objet dans le second.

Toutes nos idiies sont générales. Or, la nature ne nous présente que des faits concrets et des objets individuels : des chienu, et non pas le chien; Veau qui (xm/e, et non pas Vaction de couler dans sa généralité abstraite. C'est en taisant abstraction de ce qu'il y a de concret et d'individuel dans le fait ou lobjct réel, que l'esprit s'élève à l'idée ou notion générale p.'ir un travail d'assimilation qui lui est pi'opre.

Mais la parole n'est pas seulement une fonction naturelle de l'homme intellectuel, qui parle parce qu'il pense, c*est en même temps Torgane pour la communication de nos pensées (§ 1). Or. nous nous faisons d'autant mieux compi'endre que nous suivons la maivhe tracée par la nature elle-même, en présentant nos pensées d'une manière concrète et sensible. Nous ne connaissons bien un objet que si notre esprit en embrasse toutes les parties ; et, pnar bien saisir un fait, il faut en connaître tous \en détails et toutes les citons-

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laiiccs. Si donc nous formons nos idées et nos pensées en amenant le particulier au général, nous communiquons ces idées et ces pensées en ramenant le général au particulier, c'ost-à-dire en circonstanciant les faits et en individualisant les objets, de manière à provoquer, dans Tesprit d*autrui, ce travail d'assimilation sans lequel il n'est pas de connaissance réelle.

Cette particularisation d'idées est la voie que suit la langue dans le dérelof)pement de la proposition. I..es idées générales, qu'elles soient exprimées par dos noms ou des verbes, sont déterminées ou particularisées de diverses manières. Ainsi, par exemple, le subsUntif écolier, qui exprime un genre dans : L'écolier <iôu travailler, ne désigne plus qu'une espèce dans : 1/écolier studietiz fera des progrès, et un individu dans : Cet écolier a fait deê progrès. De la même manière, l'idée de travailler, générale dans : Cet écolier travaille, devient spéciale dans : Il travaille Uen, et individuelle dans : Il travaillera demain.

Ainsi toute la langue est dans la proposition; mais toute la proposition est dans le verbe, qui en marque l'unité. On retrouve ici la grande loi de l'unité dans la variété : variété dans les formes de la proposition , unité de ia pensée exprimée par le verbe.

3. Le verbe (prédicat) marquant Tuiiitè de la pensée, tous les membres de la proposition lui sont subordonnés directement ou indirectement. Ces membres subordonnés sont : le ^wjet, Vobjet et VaUribut.

3. Le sujet' peut être exprimé par un substantif : L'homme travaille, ou par un mot de nature substantive (pronom substantif ou infinitif) : Je travaUle. Travailler est un devoir.

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