‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 281 sur 409 · Conditionnel présent · texte numérisé non relu

Conditionnel présent

1 . Le conditionnel préMnt marque un futur au point de vue du passé, de même que le futur proprement dit désigne un avenir au point de vue du présent (de celui qui parle) ; c'est un futur relatif, comme l'imparfait est un présent relatif. Mais ce sens originel du conditionnel ne s'emploie en général que dans la proposition subordonnée : Je savais qu'il partirait. Je saiHjis hien quil serait parti avayd vous. Il se doutait bien qu'on en viendrait là. On promit une récompense à qui découvrirait le voleur. Les janissaires jurèrent sur leurs barbes qu'ils n'attaqueraient 2>oint le roi (Volt.).

2. Le conditionnel s'emploie surtout dans la proposition principale d'une phrase composée pour exprimer une action qui dépend d'une condition ou d'une supposition ; c'est cet emploi (lui lui a valu le nom à^ conditionnel {y. § 306) : Leshwnmes vivraient heureux, s'ils suivaient l^ loi de l'Evangile. Si l'on m'en avait cru, tout n'en irait que mieuj: (Regn.), Les Ronmin^n auraient conservé Vempire de la terre, s'ils avaient cx)nservé leurs anciennes veHus (Boss.). Si César et Pomjwe avaient pensé comme Caton, d'autres auraient pensé comme César et Pomper (Mont.). Quaml tous m^s rêves se seraient tournés en réalitéSy ils ne m'auraient pas suffi ; ./'aurais imaginé, rêvé, désiré encore (J.-J. R.).

Très souvent la condition ou la supposition n'est pas exprimée par une proposition subordonnée, mais par un simple circonstanciel, ou bien elle est sous-entendue : Je me déplairais en mauvaise compagnie (si j'étais en mauvaise compagnie).

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Vœ lettres me plairaient (F un inconnu (8év.). Cela serait jxwr

;/»o/, dit Bélimire^ une douce consolation ; mais je me dais à ma fHIe^ >/ je i^iis mourir dam ses bras (Mann.). En pareil cas, le conditionnel est un temps absolu qui se dit au lieu d'un autre temps absolu de l'indicatif ou même du subjonctif, soit poiu* aJBirmer d'une manière moins positive, soit pour marquer le doute, l'ëtonnement, ou le désir ; cet emploi du conditionnel a surtout lieu dans la forme interrogative ou exclamative : On dirait qu'tl est malade. Diaprés les dernières nouvelles^ Vinsiirreciion serait étouffée. Je ne saurais (= je ne puis) ro\is le dire. Saurieivous me le dire? Serait-// crai? Il serait vrai! Je voudrais y être. Que je 'VOUdreLis savoir r anglais! Pourquoi mon âme refaserait-éî//^ les jouissances qui sofit éixirses sur le chemin difficile di la vie ? (X. de Mnistre)

Comme moi, je voudrais </u<^ tu fusses esclave (Chén.).

3. On considère ordinairement le conditionnel comme un mode à part, ayant deux temps : le présent et le passé ; mais en réalité le conditionnel appartient à l'indicatif et a la plus grande ressemblance avec le futur, non seulement par son origine (§ 102), mais encore par sa signification ; tous les deux en effet expriment un temps futur, le premier un fiitur relatif, (î'est-à-dire par rapport au passé (J^étais sûr qu'il viendrait), et le second un futur absolu, c'est-à-dire par rapport au présent (Je suis siir qu'il viendra) ; ainsi le conditionnel présent n'est pas autre chose que V imparfait^ et le conditionnel passé le jin*' que-parfait du futur. Si l'on tient compte de ce caractère essentiel du conditionnel, rien n'est plus facile que (l'exi>liquer l'emploi de cette forme dans les phrases suivantes, qui seraient (le véritables solécismes s'il était \Tai, comme le ci'oient les grannnairiens, que tout conditionnel suppose une condition exprimée ou sous-entendue : // oldinf de lui quEunjdice retournerait jHtrmi lejn vivants (Fén.). Vous m'avez dit que vous reviendriez le lendemain (J.-J. R.). Vous avez bien prévu que cMe lëtre //t'attendrirait (Id.). Pensant quil pleuvrait, y> regain la maison (Bon.). Jésus-Clirist a promis 7//'// viendrait ;>/</(*>• les vivants et les mo/Ys ( Wailly). Xous connûmes que nous partirions le lendemain (riiat.). U assemblée décréta que It roi serait jugé (Sli^iet). Avez-vous prétendu qu'ils se tairaient toNjoars'-' (Rac)

Sai-wz-rous pinirquoi Jérêmie

A tant pleuré pendant »a vie'?

C'est qu'en prophète il firévoifait

(Ju'un jour Lefranc h' traduirait (VolL).

(^et homme a-l-il penst? que, vaini/ueur avec tous.

Il pourrait, malgré tous, envahir leur puissance (^] . .?. CIht*ni«.'n.

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