‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 286 sur 409 · SUBJONCTIF · texte numérisé non relu

SUBJONCTIF

On emploie encore le présent du subjonctif pour exprimer une œncesshn ou une condition : Ecrive ^ui voudra (Boil.). Mais veille qui vondray voici mon oreiller (Rac). Vous le votdez : soit ^Ac). Qu'il parle, tout se tait (Ac).

Enfin le français emploie le présent ^V ne sache pas ou que je sache comme subjonctif dubitatif: Je ne sache riet^ de si beau. Il yCy a personne à la nmison, que je sache.

3. Le subjonctif s'emploie comme optatif au présent^ à Vimparfait et au plus-que-parfait^ surtout à la 3* personne.

a) Le présent exprime un simple vœu, et on s'en sert avec la forme interrogative du verbe pouvoir suivi d'un infinitif : Puisses-^t4 réussir! Puissions-nottô le revoir! Puissent les dieux vous conserver à votre pkre (Fén.). Puissé-^e de mes yeux y voir tomber la foudre (Corn.).

Quelques verbes, comme être^ faire, vouloir, plaire, etc., ont un présent de l'optatif sans Taide de pouvoir, mais seulement à la troisième personne du singulier et du pluriel : Grand bien VOU.S fasse* Dieu me soit en aide. Dieu vous garde» Vivent les yens d'esprit. A Dieu ne plaise. Périsse la discorde. Le diable m'emporte (Ac). La volonté du cid soit faite en toute chose (Mol.). La peste soit de V avarice et de^ avaricieux (Là.). Périsse le Troyen auteur de nos alarmes (Rac). Fasse V Esprit divin que ht reliyion rèatie dans mes discours (Fléch.). Dieu garde leurs état^ (Del.), fupiter confonde les clmts (La F. II, 5). Soit fait, dit h reptile (Id. X, 2).

VeuiUent les immortelSj œnducieurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris (La F. X, 7). L'emploi du subjonctif comme optatif était beaucoup plus fréquent autrefois, comme le prouvent les exemples suivants, tirés de Molière : Je meure, si je savais cela! Je sois exterminé, si je ne tiens parole! Me confonde le del^ si la mienne est frivole! Si fait, bien moi^ je meure \ x\h! que vois-jef Je meure! Sois-^'e du ciel écrasé, si je mena! Qui manquera de constance, le puissent perdre les dieux! — Aujourd'hui, sauf pour le verbe pouvoir, on n'emploie guère l'optatif qu'à la 3» personne, et on le renforce presque toujours par la conjonction que: Que Dieu vous soit en aide! Que cela te serre de leçon. Que je sois foudroyé, Jupiter, si je mens (Ponsard).

b) h' imparfait et le plus-qitS'parfaitàxi subjonctif s'emploient comme optatif avec la forme interrogative, surtout alors que la chose est moins probable ; on se sert particulièrement de plaire dans ce sens: Plût à Dieu qu^il en fût ainsi! Fussionsnous hors de danyer!

La peste de ta chute, empoi9f>nneur au diable! En eusses-/u fait une à te casser le nez (Mol.).

Cet optatif est surtout usité dans la phrase concessive (v. § 307): On résolut sa mort, fût-iï coupable on non (La F..

Page 1