‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 296 sur 409 · U ACCORD APRÈS UN GÉNITIF ATTRIBUTIF · texte numérisé non relu

U ACCORD APRÈS UN GÉNITIF ATTRIBUTIF

cette guerre plus de soldats sont morts dans les hôpitaux que sur le champ de bataille. Bien des personnes s* y sont laissé prendre . Combien (de gens) voudraient être à votre place. La plupart des hommes meurent sans le savoir. La plupart croient que le bonheur est dans les ploâsirs. Jamais tant de beauté hxXrdle couronnée! (Rac.) {}) Tant de coups imprévus m'accablent à la fois (Id.). Peu de gens savent être vieux (La Roch.). Peu avaient des fusils (Volt.). Assez de livres sont pleins de toutes les minuties des actions de guerre (Id.).

Plus d'un, qui éveille cependant l'idée d'un pluriel, veut le verbe au singulier par attraction : Plus d'un témoin a déposé (Ac). P/us d'une Pénélope honora son paj/s (Boil.\ à moins que le verbe n'exprime la réciprocité : Plus d'un fripon se dupent run Vautre (Marm.). Cependant s'il y avait répétition de plus d'un, quoiqu'il n'y eût pas réciprocité, le verbe ayant deux sujets se mettrait au pluriel : Plus d'un officier, plus d'un

général furent tués dans cette bataille.

On dira : Beaucoup dCenfants est une charge pour les pauvres^ pa^ce que le verbe a pour sujet Fintinitif avoir sous-entendu, et: Beaucoup d'enfants sont à charge à leurs parents, parce que le verbe s'accorde avec enfants.

3. Le verbe qui a pour sujet un collectif suivi d'un nom pluriel au génitif, s'accorde tantôt avec le collectif, tantôt avec son complément, selon que l'action marquée par le verbe se rapporte à l'un ou à l'autre : Une nuée (fe traits obscurcit Vair et couvrit tous les combctttants: c'est la nuée qui obscurcissait. Une nuée de barbares désolèrent le pays; ce sont les ktrbares qui désolaient. Dans le premier cas, le sujet du verbe est nuée déterminée par traits, et dans le second, c'est barbares dont nuée n'est en réalité que l'attribut déterminatif, comme si l'on disait : Beaucoup de barbares désolèrent le pays.

Quand l'action ou la qualité exprimée par le verbe ou l'adjectif peut être attribuée également au collectif ou au substantif qui suit, ce qui a lieu très fréquemment, l'idée dominante ou le mot principal est le collectif lui-même, s'il est général et marque la totalité, et c'est le complément du collectif, si ce dernier est partitif et marque une jduralit^ d'individus ; cette distinction est le plus souvent marquée par l'article. A ce point de vue, les collectifs généraux se comportent comme les substantifs, et les collectifs partitifs comme les noms de nombre indéfinis, ainsi qu'on le voit dans les exemples suivants, où le même mot est collectif général avec l'article défini, collectif partitif avec l'article ir défini et nom de nombre indéfini sans l'article : La quantité de fourmis était si grande qu'elle dé- Ci) Mais : Jamais tant de vertu n'a. été réuni à tant d'intdligence (Nodier). Ici Taflirmatioii se porte sur l'idée de quantité exprimée par tant.

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