‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 340 sur 409 · DE LA INSTRUCTION USUELLE · texte numérisé non relu

DE LA INSTRUCTION USUELLE

3. L'accent phrasédogique marque l'unité de la proposition comme un tout composé de parties distinctes (les mots), qui ne se prononcent pas non plus d'une manière uniforme, la voix s'élevant sur le mot principal de la phrase ou du membre de phrase, tandis qu'elle s'abaisse sur les autres.

Le mot principal peut être :

a) Le prédicat par rapport au sujet.

b) Le mot dàerminant par rapport au mot déterminé, c'està-dire l'objet par rapport au verbe et l'attribut par rapport au substantif.

c) Le mot d'idée par rapport au mot de relation.

Ainsi dans cette phrase : L'élève lit un livre INTÉRES- SANT, ridée dominante est le prédicat Ut; mais ce mot est déterminé par le régime un livre, lequel est déterminé à son tour par l'adjectif intéressant; c'est ce dernier mot qui aura le ton principal. Dans : L'élève le LIRA, le prédicat garde le ton principal, parce que le mot qui le détennine, c'est-à-dire fe, n'est qu'un mot de rapport, qui ne peut pas avoir l'accent tonfque; c'est par la même raison qu'on le place avant le verbe.

4. De l'accent grammatical on doit distinguer l'accent oratoire ou logique, qui distingue par le ton fort tel ou tel mot de la proposition que Ton veut mettre en relief. L'accent oratoire est particulièrement propre à marquer l'antithèse : Là gît Lacédémone, Athènes fut ici (L. Racine).

On confond ordinairement l'accent oratoire avec l'accent pathétique, qui en diffère cependant et consiste dans une intonation particulière qui se fait surtout sentir dans l'interrogation, l'apostrophe, le commandement ou dans l'expression des sentiments de l'âme. L'accent patjiétique est susceptible d'une infinité de nuances que l'oreille saisit, mais que l'art ne saurait démêler.

Aiiicle IL — De la construction usuelle.

La subordination grammaticale des idées et des pensées dans la proposition se marque encore dans le discours par la construction dite usuelle, c'est-à-dire par l'ordre dans lequel sont rangés les membres de la proposition, suivant certaines règles que l'usage a établies.

La construction de la proposition a son principe organique

56t) PLACE DU BCJET §§ 25S, î

dana l'accentuation ('). C'est en vertu de ce principe qa' français on doit placer:

u) Le prédlfot, comme mot principal, après le sujet : C*ai joue.

b) Le mot qui a Vaccent tonique après le mot atone (pré sitioD, verbe auxiliaire) dont il dépend grammaticalement : Hhin passe par Bftle. L'heure a sonné.

c) Le mot d^Jerminanl {compléraeul ou attribut) apri^ le i déterminé, s'il a l'accent tonique, et amnt, s'il ne l'a pas : Zi'< pire d'Allema^e compte ving^six Ettits. J^ai un jard je le i:ultire. Are^-iviis thiiné du paia B.va. pauvres ?0m leur en <ii donné.

L'application de ce principe a lieu d'après les règles r vantes.

A. Plao* du inJAt.

Le sujet occupe la première place de la proposition, et le j dicitt la seconde : L'enfunt — doti. La neige — e9t blanche.

Cependant le sujet se place après le verbe :

il) Dans l'inteiTOgation simple ou complexe : I>ortnes-vm L'enfunt t/ort-Û7 i% \G\).

b) Dans la proposition optative sans que (g 208) : Périsi lestraltresl Soin-je du cielérrasé M je iHCrts.'tilol.). Cepend cette construction n'est pas rigoureuse, et le si^jet se place qi quefois avant le verbe : Dieu conn fiéim-te!

K. Place d« l'obitt.

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