‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 388 sur 409 · La proposition adverbiale de but est amenée · texte numérisé non relu

La proposition adverbiale de but est amenée

a) Par les conjonctions afin que^ pour que^ de crainte que^ de peur que.

Afin quej pour que expriment simplement le but de l'action énoncée par le verbe de la principale : On enterre les cadavres afin qu'îZs nHnfectent pas Pair, Pardonnez à fx>s ennemis, afin que Dieu vous pardonne aussi un jour. A Rome on inhumait les morts sur le bord des chemins, pour que cela servît d'enseignement aux passants. Montrez à Dieu toutes les plaies de votre cœur, afin qu^iZ les guérisse (Fén.). Pour qxi^une innovation soit pacifique, il faut qu^dle ne soit pas contestée (Mignet).

On abrège ces propositions au moyen de Vinfinitif, précédé de afin de ou pour: On tire le canon sur une place assiégée pour y faire une brèche, et afin de pouvoir la prendre éP assaut ou de Pobliger de se rendre (Girard). Je consens à me perdre pour la sauver (Corn). Lui-même y court pour n'être pas trompé (La F.). Souvent, dans la même phrase, afin ou pour se construisent des deux manières, avec le subjonctif ou avec l'infinitif : Pour que Von soit heureux, il ne faut pas faire trop et efforts pour Z'étre -(Bescherelle).

Lorsque la proposition finale est amenée par pour, la principale exprime en général le moyen pour arriver au but énoncé par la subordonnée (§ 300) : On étudie pour apprendre (On apprend en étudiatu).

De crainte que, de peur que marquent un but, un résultat que l'on veut éviter, et, pour cette raison, veulent la particule ne dans la subordonnée : Fermez la porte, de crainte qu'iZ ne sorte. Retirez-vous de peur qu^i/ ne vous maltraite. Cacliez-lui votre dessein, de peur qu^il ne le traverse (Ac.)- Le roi de Pologne joue tous les soirs à colin-maillard: on le fait jouer, de peur qu't/ ne s^endorme (Kac).

On abrège au moyen de Tinfinitif précédé des locutions de crainte de, de peur de: On y parle peu, de crainte de se méprendre (La Br.). Il faut rire avant et être heureux de peur de mourir sans avoir ri (Id.).

b) Quelquefois par la conjonction simple que, après l'impératif, ainsi qu'après les verbes aller, venir: Vietis, (afin) que je te dise un mot. Descends, que je tf embrasse (La F. II, 15). Retirez-vous, (de peur) qu'i7 ne vous maltraite. Sors vite, que je ne f assomme (Mol.).

E. Propositioii conditionnelle.

1. La proposition adverbiale appelée conditionnelle est celle qui exprime une condition ou une mppo^ion.

Elle est amenée par la conjonction si ou par une conjonction composée : Si vous persévérez dans votre entreprise, vous réussirez. Vous réussirez dans votre entreprise, pourvu que vous persévériez; — ou bien elle revêt la forme d'une proposition principale : Persévérez dans votre entreprise, et vous réussirez.

I. Coi^ooction gi avec Tindicatif. Contraction : sinon. IL Coi^onctions composées :

1. Poséy 8uppo$é que, au C€t8 que, pour peu quey avec le subjohctif,

2. A moine que^ pourvu que, etc. avec le subjonctif ou Vindicatif.

3. Sinon (ei ce nest, excepté, sauf, hors, hormis) que, avec Vindicatif.

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