soit que. . .soit que, avec le subjonctif
II. Concession supposée: quand (même)^ avec le conditionnel. III. La proposition concessive a la forme d'une principale.
660 PROPOSITION CONCESSIVE § 807
2. La proposition concessive exprimant Vobstade réel a son verbe au mhjondif; elle est amenée par des mots différents selon qu'elle est affirmative, c'est-à-dire qu'elle exprime un obstacle déterminé, ou qu'elle est interrogativeet marque Tidée concessive dans sa plus grande étendue.
A. Quand la proposition est affirmative, elle est amenée par les conjonctions quoiqtie, bien qiie, encore que, nonobstant que : A proprement parler, les méchafits ne sont pas capables de la t^rtu, quoiqu'il paraissent la pratiquer (Fén.). Nous comptons toujours sur Vavenir, bien qu'e/ ne 'nous appartienne pctë. L'envie honore le mérite, encore qu*e^/e s^euoroe de VavUir. Je vous aime, nonobstant que vous m'ajez fait bien du mal (J.-J. E.)-
Lorsque quoique, bien que, encore que, sont construits avec Mre, on peut supprimer le verbe, si les deux propositions, principale et subordonnée, ont le même sujet : Quoique invisiMes, il est toujours deux témoins qui nous regardent : Dieu et la cofiscience(FéJï.). Bien que renversé à terre, il se défendait encore. Vous en êtts la cause, encor qix^ innocemment (Corn.).
Au lieu de quoique, on se sert aussi de mêtne avec les conjonctions temporelles lors... que et alors... que, qui demandent Vindicatif: Ced un homme qui a le secret déplaire, lors même qu'î/ contredit. Nous devons obéir aux lois, alors même que nous les croyons injustes. — Qiuxnd même s'emploie plus rarement : Quand même vous le àiXes^jenele crois pas.
1) La concession réelle peut encore s*exprimer par «i, avec une cot^onction adversative dans la principale : Si je n'ai pas réussi^ toujours ai-je fait mon devoir (Ac).
2) Malgré gwe, signifiant quoique, n'est usité qu'avec le verbe avoir: Il faut se divertir, malgré qu'on en ait (Sév.).
B. Quand la proposition a le sens interrogatif, elle est amenée par le pronom relatif jw/ ou que se rapportant :
a) A un pronom interrogatif désignant la personne, la chose, la qualité OU les circonstances de l'action : Qui que ce soit qui Tait dit, la chose est fausse, équivaut à : Que celui-ci ou celui-là Tait dit, la chose ed fausse; seulement Tidée indéterminée ressoi-t davantage quand le pronom est placé en tête.
1** Pronoms substantifs désignant la personne: qui qui, qui que. Aujourd'hui le nominatif qui qui est toujours périphrase par qui que ce soit qui : Qui que ce soit qui Vait dit, la chose est fausse. — L'accusatif qui que ne s'emploie que comme prédicat avec être ou comme complément direct : Qui que ce soit, 2xuiez et ne le craignez pas (Rac). Je Ven ferai repentir, qui que ce imisseêtre. Qui que t'ow,s blâmiez, faites-le sansamertume. Après une préposition, qui que se périphrase toujours par qui que
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ce soit que : De qui que ce soit que vous ayez à vous plaindre, on vous rendra justice.
^ Pronom substantif désignant la cliose: quoi que: Quoi que vou^ étudiiez^ il faut vous y livrer avec ardeur. Quoi que ixms écriviez, évitez la bassesse (Boil.). Quoi que peut se périphraser par quoi que ce soit : Quoi que ce soit qu^dle dise^ eUe fie me persuadera pas.
L'expression avoir beau, suivie d*un infinitif, a la valeur d'une locution concessive : /'eus beau faire et beau dire, il peraista dans sa résolution.
Et vous aurez beau dire, Dès ce soir on vous fera frire (La F. V, 3).
3^ Pronom adjectif quel : Je faime toutefois, quel que tu puisses être (Corn.). Quels que soient les humains, il faut vim-e avec eux (Gresset). On construit de cette manière le pronom absolu lequel : Lequel des deux qui vienne, qu^il tâche surtout de venir (J.-J. R.).
4** Où est aujourd'hui le seul pronom adverbial qui puisse amener une proposition concessive : Où que vous alliez, conformez-vous aux moeurs du pays. Je m^ obstinai à vouloir partir dès le mêtne jour, plutôt que de rester cacJié où que ce pût être (J.-J. R.).
Sauf où, les pronoms interrogatifs adverbiaux ne peuvent plus s'employer dans la proposition concessive : on trouve cependant quelques exemples avec comme que et combien que: Comme que tout aille^ peu importe au prétendu sage^ pourvu qu'il reste en repos dans son cabinet (J.-J. R.). Combien que les malhonnêtes gens prospèrent^ ne pensez pas qu'ils soient heureux (Marm.).
5** On emploie encore de* cette manière quelque ou tel se rapportant à un substantif avec lequel il s'accorde : Une femme, quelques grands biens qvL^elle apporte dans une maison, la ruine bientôt, si elle y introduit le luxe. Je veux Vavoir à tel prix que ce soit. Quelques découvertes que Ton ait faites dans le pays de Vamour-propre, il y reste encore bien des terres inconnues (La Roch.). De quelque côté que Von se tourne, ce tnonde est rempli d^anicroches (Volt.). De quelques superbes distinctions que se flattent les hommes, ils ont tous la fnême origine (Boss.). On trouve aussi dont : Quelques calomnies dont oft a voulu me noircir, j'ai pardonné (Boil.). Mais il faut éviter d'exprimer à double le même rapport (§ 292) : Dans quelque prévention où Von puisse être sur ce qui doit suivre la mort, c^est une chose bien sérieuse que de mourir (La Br.).
Quel. . .qui ou que au lieu de quelque. . .qui ou que est seul correct, le que dans quelque est parasite. Ce barbarisme, comme l'appelle à juste titre Littré, n'a prévalu qu'au XVIP siècle, et l'on trouve encore dans Molière la forme correcte quel . . . que : En quel lieu que ce soit, je veux suivre tes pas (Les Fâcheux^
664 PROPOSITION C0NCB8SIVB f W»
cessive s'exprime souvent sous la forme d'une proposition ;)^ll- A. Par Vindicatif j ce qui a surtout lieu quand il s'agit d'im obstacle supposé, et alors on emploie le conditionnel présent m passé.
a) Dans la forme affirmative : Il aurait tout Var du monde. (qu') il n^en serait pas plus heuretix.
b) Dans la forme interrogative: Aurait-il t<nd Vordu monde, il n'en serait pas plus heureux.
Dans ce dernier cas, on remplace volontiers le conditionnel par le subjonctif comme optatifs savoir :
1** h^ imparfait, avec les verbes être, avoir et devoir : Eût-il totit Vor du monde, (qu') il n^en serait pas plus heuretix. Il ira jusqu'au bout, dût-il y perdre sa fortune. Il me faut du nouveau, n'en fût-il plus au monde (La F.). Cette tournure est rare pour les autres verbes, et ne se présente guère qu'à la 3* personne du singulier et plus rarement aux trois personnes du pluriel : J'achèterai cette maison, coûtât-elle beaucoup plus cher. Fissions-nous tous ces sacrifices, on ne nous en saurait point gré. il/'aimàt-il à la f die, je ne le payerai jamais de retour (F. Hugo).
2** Le plus-que-parfait, avec tous les verbes : Eût-il perdu la raison, il ne ferait pas plus de sottises. L'eussions-nous gravement offensé, il ne se serait pas plus mal conduit à notre égard. Eût-il été bien plus fort et bien plus habile, eût-il été Richelieu ou Sully, il fût tombé de même (Mîgnet).
On emploie aussi le sulijondif comme optatif, pour exprimer une concession alternative : On résolut sa mort, fût-il coupable ou non (La F. X, 2).
On transforme souvent la proposition principale logique en proposition consécutive avec la conjonction que sans corrélatif; H aurait tout l'or du monde qu't'f nen serait pas plus heureux. Eàt-il tout Vor du monde qa'il n'en serait pas plus heureux.
B. Par Y impératif ou le subjonctif employé comme optatif, pour exprimer une concession réelle : Vienne qui voudra, je ne me Jéranye plus (Michaud), ou supposée : Que la terre entière 8'arme co7itre la vérité, on n^ empêchera pourtant pas qu'elle fie trioynphe.
La concession alternative s'exprime aussi par Y impératif: Ayez fini votre tâclie ou ne Tayez point finie, on ne vous en témoignera ni plus ni moins de satisfaction (Sacy).